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Homélie du 19e Dimanche du temps ordinaire – Lc 12, 32-48    10/08/25

 

Notre foi n’est pas la possession d’une vérité. Avoir la foi, cela veut dire marcher et chercher. Chercheurs de Dieu, nous sommes les vigiles, les serviteurs fidèles dont parle l’évangile. Et c’est ici la source de notre bonheur : « Heureux les serviteurs que le maître, à son arrivée, trouvera en train de veiller ». 

Toutefois, si nous sommes acquis à l’idée que Jésus est venu, qu’il est mort et ressuscité, nous sommes beaucoup moins acquis à l’idée de son retour. Pourtant, il nous l’a promis. Jésus est venu, mais il doit encore venir. C’est une donnée fondamentale de la foi chrétienne. Et c’est surtout la source d’un grand bonheur et d’une grande joie pour notre vie spirituelle, qu’il convient de ne pas négliger. C’est tout le sens de l’évangile que nous venons d’écouter et qui sera repris en ces termes, après que nous ayons proclamé le Notre Père : « Délivre-nous de tout mal, Seigneur, et donne la paix à notre temps ; soutenus par ta miséricorde, nous serons libérés de tout péché, à l’abri de toute épreuve, nous qui attendons que se réalise cette bienheureuse espérance : l’avènement de Jésus Christ, notre Sauveur. »…nous qui attendons que se réalise cette bienheureuse espérance : l’avènement de Jésus Christ, notre Sauveur.

Ainsi, que nous enseigne l’évangile ? Certainement pas la fuite en avant. Encore moins la passivité. Veiller n’engage pas à nous croiser les bras. Bien au contraire, la veille chrétienne est une veille active. Veiller, c’est attendre la venue du Seigneur en travaillant, en préparant cette venue. Ainsi, nous tenir prêts nous engage à ne pas démissionner de nos tâches présentes. Mais « l’aujourd’hui de Dieu » est toujours conditionné par le regard que nous portons sur l’avenir promis. C’est cela, la foi du chrétien.

Je reprends ici les questions posées par le célébrant aux nouveaux catéchumènes lors du rite d’entrée en Eglise :

  • Que demandez-vous à l’Eglise de Dieu ?

Le futur catéchumène répond : La foi.

  • Que vous apporte la foi ?

La vie éternelle.

Et dans l’oraison qui suit, le célébrant tient cette prière : « Sur ce chemin de la foi, le Christ vous conduira, dans la charité, pour que vous ayez la vie éternelle ».

C’est ici la promesse d’entrée dans le Royaume de Dieu que nous évoquions dimanche dernier. Cette richesse est vie éternelle auprès de Dieu et trouve son avènement dans la venue de Jésus Christ à la fin des temps.

C’est pourquoi, si nous voulons retrouver un christianisme vivant, si nous souhaitons un christianisme qui soit une source perpétuelle de joie et d’élan spirituel, il faut que nous replacions au cœur de notre vie chrétienne le désir impatient, et la certitude, du retour glorieux du Seigneur.

C’est ce désir et cette certitude qui animaient les premières générations chrétiennes.

La vie chrétienne exige de maintenir le regard fixé sur les fins, les réalités ultimes et, en même temps, de nous engager dans les réalités de ce temps. Entre ce temps présent qui est le nôtre et les fins dernières, il n’y a pas d’opposition. Si le primat de l’Eternel doit toujours être affirmé, cela n’empêche pas que nous devons vivre les réalités historiques avec rectitude et à la lumière de Dieu.

Comme le rappelle la théologie des fins dernières, que l’on a trop ignoré ces dernières années, il s’agit de purifier toute expression de l’humain et toute activité terrestre, afin qu’en elles transparaisse toujours plus le Mystère de la Pâque du Seigneur [1].

Cette lumière d’éternité illumine la vie et toute l’histoire de l’homme sur terre.

Père Philippe BOISSÉ

 

[1] En effet, comme l’a rappelé le Concile Vatican II, l’activité humaine, qui porte toujours avec elle le signe du péché, est purifiée et élevée à la perfection par le mystère pascal, «car ces valeurs de dignité, de communion fraternelle et de liberté, tous ces fruits excellents de notre nature et de notre industrie, que nous aurons propagés sur terre selon le commandement du Seigneur et dans son Esprit, nous les retrouverons plus tard, mais purifiés de toute souillure, illuminés, transfigurés, lorsque le Christ remettra à son Père un royaume éternel et universel» (Gaudium et spes, n. 39).

 

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