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Homélie du 15e Dimanche du temps ordinaire – (Lc 10, 25-37)   13/07/25

 

Aujourd’hui, je vous propose de retenir trois étapes dans la charité du bon Samaritain.

La première étape.

Avant même de savoir si l’on pourra faire quelque chose ou non, il importe de se laisser saisir par la détresse de l’autre, sans porter de jugement sur sa culpabilité ou non. Se laisser saisir ! Il y a tellement d’imprévus qui se glissent dans notre vie. Il y a tellement de choses auxquelles nous ne sommes pas préparés, d’événements qui font irruption et viennent interférer avec ce que nous avions initialement prévu. D’ailleurs, le petit mot qui introduit le prêtre et le lévite de la parabole est remarquable : « Par hasard ». «Par hasard, un prêtre descendait par ce chemin et un lévite arriva à cet endroit ; ils le virent et passèrent chacun de l’autre côté. » Au hasard des événements de la vie, essayons de nous laisser saisir par l’inattendu des rencontres.

La deuxième étape.

C’est la nécessité de nous approcher, nous rendre proches. Le prêtre et le lévite s’écartent ; ils prennent leur distance. Ils ont sans doute une multitude de « bonnes » raisons pour le faire. Mais sans s’approcher, comment peuvent-ils voir qu’il y a encore un petit souffle de vie chez cet homme dépouillé, roué de coups et laissé pour mort sur le bord du chemin ? Ce n’est pas en le regardant de loin que le Samaritain découvre que le malheureux vit encore. C’est en s’approchant des personnes blessées, et non pas en les regardant de loin, que nous pouvons découvrir la vie qui les anime encore, telle une braise sur laquelle il faut souffler pour faire repartir le feu. C’est précisément à ce moment qu’il y a un renversement : ce n’est plus le malheureux qui est le prochain ; c’est le samaritain qui devient le prochain, parce qu’il s’est approché.

Enfin, la troisième étape.

C’est de faire notre possible. Le bon samaritain n’était pas médecin ; ce n’était pas le SAMU. Il n’était sans doute pas plus adroit que les autres. Mais, du fait qu’il s’est laissé saisir de pitié et qu’il s’est approché, le bon samaritain s’est aperçu qu’il pouvait faire quelque chose. Il passe à l’acte : il panse les plaies. La loi d’amour de Jésus « n’est pas au-dessus de nos forces, ni hors de notre atteinte » comme nous le rappelait tout à l’heure la 1ére lecture.

Alors je reviens à la question du docteur de la loi qui a ouvert l’évangile de ce jour : « Maître, que dois-je faire pour avoir en héritage la vie éternelle ? » Vous voulez avoir la vie éternelle ? La réponse est simple : seront sélectionnés ceux qui ne se contentent pas de savoir beaucoup de choses sur Jésus mais ceux qui essaient de vivre selon l’Evangile.

Si vous connaissez l’Évangile par cœur mais sans le vivre, cela ne sert pas à grand-chose. En revanche, si vous commencez à vivre ce que vous connaissez de l’Evangile, alors vous le connaîtrez de mieux en mieux. Conclusion : « Va et, toi aussi, fais de même. ». C’est l’invitation du jour.

Père Philippe BOISSÉ

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