Soutenir l'Eglise
Trouver ma paroisse
Espace Membres

Homélie du 7e Dimanche de Pâques – Jn 17,20-26 – 01/06/25

 

Entre Pâques et Pentecôte, nous relisons des extraits de l’entretien que Jésus a tenu avec ses disciples la veille de sa Passion. A quelques heures de la Passion, ils sont tous rassemblés avec Lui autour de la table pour un dernier repas. Jésus a déjà donné ses dernières consignes, quelques avertissements, ses ultimes recommandations…. Tel un condensé, un rappel de tout son enseignement. Mais il arrive un moment où les consignes et les recommandations ne suffisent plus. Alors, la conversation se change en prière. Et immédiatement avant de quitter la table pour se rendre au Jardin des Oliviers, Jésus s’adresse directement à son Père. C’est l’évangile que nous venons d’écouter. C’est à son Père lui-même que Jésus tient à confier ses amis. Il demande pour eux – et pour nous aujourd’hui – que nous soyons UN. Non pas une banale unité, mais l’unité même qui est celle qui relie le Père et le Fils. « Qu’ils soient UN en nous. » Telle est la demande que Jésus adresse à Dieu.

De quoi s’agit-il exactement ? Est-ce l’unité de pensée ? Est-ce l’unité des sentiments ? Est-ce l’unité de l’action ? Il convient de préciser. Parce que la recherche de l’unité a toujours ses limites.

Quand Jésus prie pour notre unité, que demande-il exactement ? Tout simplement que nous puissions vivre à l’image des liens qui l’unissent à son Père. Or, Jésus vit une profonde unité avec Dieu. « Comme toi, Père, tu es en moi et moi en toi ». Pour Jésus, l’unité est essentielle. Ce n’est pas une option. C’est une nécessité. Cette unité que Dieu le Père et Jésus son Fils ont réalisée, ils la réalisent encore aujourd’hui. Elle n’est pas uniquement à usage interne. Il ne s’agit pas simplement de nous sentir en accord les uns avec les autres. Mais cette unité a pour finalité ces paroles de Jésus : « Pour que le monde croie ». Ce qui veut dire que notre unité est un témoignage, une invitation à vivre la Bonne Nouvelle. Et cela passe par des attitudes et des actions concrètes. Malheureusement, chaque fois que nous arrivons à manifester pour un peu un minimum d’unité, le Diable n’est jamais très loin pour tout casser. Et croyez-moi, il sait y faire. Je l’ai déjà vu à l’œuvre.

Il conviendra alors de ne pas oublier qu’heureusement, aujourd’hui encore, comme à la fin du dernier repas avec ses amis, Jésus ne cesse de prier. Aujourd’hui encore, le Seigneur ressuscité est en prière avec nous… Comment ? Eh bien chaque fois que nous sommes réunis pour la prière liturgique, notamment pour célébrer la messe. Pourquoi ? Parce qu’il prie en son corps qui est l’Eglise. Et parce qu’ensemble, nous sommes le corps du Christ, nous formons le corps du Christ. Ainsi, à chaque fois que nous nous recueillons pour prier ensemble, Il est avec nous et, du plus profond de notre cœur, il prie en nous son Père bien-aimé… qui est notre Père…

En un sens, notre plus belle prière, c’est de permettre à Jésus de prier en nous.

Père Philippe BOISSÉ

Partager