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Homélie du Dimanche de Pâques  2025 – ( Jn. 20,1-9 )

 

Marie-Madeleine arrive au cimetière. Sur le coup, elle ne comprend pas. Pourtant, c’est elle le premier témoin du tombeau vide et ouvert. Ce jour-là, une femme a précédé les Apôtres et, comme au jour de l’Annonciation, c’est à une femme que Dieu confie en premier son mystère.

Evidemment, les deux disciples, Pierre et Jean, se précipitent. Ils l’avaient vu mort. Tout était donc fini. Et pourtant, ils ont quand même trouvé la force de courir jusqu’à ce tombeau, car déjà la Bonne Nouvelle doit être partagée. La primauté de Pierre est respectée : le premier, il entre. Et sa découverte se résume à cela : le sépulcre vide et les linges restés sur place. Pour Jean, ces linges sont des pièces à conviction. Ils prouvent la résurrection. Si on avait subtilisé le corps de Jésus, on aurait pris les linges aussi ! Et s’il était encore mort, s’il s’agissait d’un cadavre, on n’aurait évidemment pas enlevé les linges qui le recouvraient. Et puis, souvenez-vous, lorsque Jésus avait redonné la vie à Lazare… Ce dernier était sorti les pieds et les mains attachés par des bandes, le visage enveloppé d’un linge. Son corps était prisonnier, ce n’était pas le corps d’un ressuscité. A la demande de Jésus, il avait fallu le délier. Mais Jésus, lui, sort délié du tombeau, c’est-à-dire pleinement libéré. Son corps ressuscité ne connaît plus d’entraves. Et les linges sont bien la preuve qu’il est désormais libéré de la mort. Celui qui est notre Dieu n’est pas une momie égyptienne que l’on embaume pour l’éternité. Alors, Jean voit et il croit.

Toutefois, soyons justes. Jusqu’à cette expérience de la tombe vide, les disciples ne s’attendaient pas à la résurrection de Jésus. De sorte qu’au bord du caveau abandonné, Pierre et Jean ne reçoivent pas une illumination. C’est plutôt l’ensemble du plan de Dieu qui leur apparaît… comme un peu plus tard pour les disciples d’Emmaüs. En fait, dès cet instant, c’est leur esprit qui s’ouvre à l’intelligence des Ecritures. « Jusque-là, en effet » nous dit l’Evangile, « les disciples n’avaient pas vu que, d’après l’Ecriture, il fallait que Jésus ressuscite d’entre les mort ». La foi se déploie dans cet espace qui conduit les disciples de la vision du tombeau vide à l’intelligence des écritures. Les deux sont indissociables. La seule vision du tombeau vide, à elle seule, ne suffit pas si elle ne s’accompagne pas d’une entrée dans l’intelligence des Ecritures. C’est la vision du tombeau vide et l’intelligence des Ecritures qui donnent à entrer dans le mystère de la résurrection. Non pas le tombeau vide seul. Non pas les écritures seules. Mais les deux ensemble permettent aux disciples de donner leur foi, sans hésiter.

Ainsi, la foi devra toujours se donner sans autre preuve que le témoignage des communautés chrétiennes qui l’ont maintenue jusqu’à ce jour. A la différence de saint Thomas qui ne souhaitait s’en remettre qu’à sa propre expérience sans avoir besoin du témoignage de ceux et celles qui, avant lui, avaient vu Jésus ressuscité. Notre passage par le tombeau vide ne pourra jamais faire l’économie de notre entrée dans l’intelligence des Ecritures qui, au départ, reste la marque du témoignage de foi des premiers disciples.

Et c’est à la lumière de ce premier témoignage, porté au fil des siècles par tant de générations qui nous ont précédés, qu’un jour nous fûmes portés, à notre tour, sur les fonts baptismaux. En cela, la foi fait de nous les héritiers des familles et communautés qui nous précédent dans l’histoire.

Chers Amis, nous passerions à côté de Pâques si nous restions terrés près d’un tombeau vide, par tristesse ou peur de ce monde dans lequel nous vivons. A nous dorénavant de trouver la force de lire dans nos vies et dans la vie du monde tous les signes de la Résurrection. La relecture de nos vies à la lumière des Saintes Ecritures est constitutive de notre vie spirituelle. Ce n’est pas un exercice optionnel, mais un passage obligé.

L’Esprit Saint nous a été donné pour cela.

Père Philippe BOISSÉ

 

 

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