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Homélie de la célébration pénitentielle 2025 – (Jn. 3, 14-21)

 

De nuit, Nicodème, l’un des chefs religieux d’Israël, vient trouver Jésus. Ce dernier lui dit simplement cette phrase qui le désarçonne : «Personne, s’il ne naît de nouveau, ne peut entrer dans le Royaume de Dieu». Nicodème ne comprend pas. Alors Jésus lui explique. Dieu aime le monde, il aime profondément ce monde, et il se tue littéralement à le montrer. Pour faire comprendre cela à Nicodème, Jésus emploie l’image du serpent de bronze. Cette histoire fait référence à l’exode du peuple hébreu. C’est l’image d’un serpent de bronze placé au sommet d’un poteau. C’est, avant l’heure, l’image du bâton d’Asclépios, Dieu de la médecine (que l’on confond d’ailleurs, à tort, avec le caducée du Dieu Hermès). Ainsi, quiconque, sera mordu par des serpents, pourra être sauvé en regardant ce symbole.

La suite est facile à comprendre. Vous remplacez le serpent d’airain par Jésus élevé sur le bois de la croix. Il suffit de regarder vers lui, donc de croire en la puissance de son amour, pour être sauvé. Et Jésus de conclure son enseignement par ces quelques mots : « Celui qui croit en lui échappe au jugement, mais celui qui refuse de croire est déjà jugé. »

Qu’est-ce alors que ce jugement ? Essentiellement un choix que seul un humain peut poser. De telle sorte qu’il n’est pas jugé, mais qu’il se juge lui-même, parce que c’est lui et personne d’autre qui doit choisir : soit de regarder, soit de ne pas regarder. Dieu nous laisse libres. Il n’y a pas de « salut » automatique. Dieu nous respecte trop pour cela. Fondamentalement, ce qu’il veut, ce sont des hommes libres de leur réponse. Et pourquoi cette liberté ? Parce que l’amour ne pourra jamais être un acte forcé.

Cela dit, je serais tenté de penser qu’il est facile de croire en un Dieu qui aime le monde, lorsque tout va bien dans notre vie. Mais le jour où nous rencontrons la souffrance, la maladie, le vieillissement, la perte d’un être cher, il devient plus difficile de dire : «Dieu aime ce monde. Dieu m’aime profondément». Je pense qu’il ne faut pas être naïf, c’est l’une des grosses difficultés de la vie spirituelle. Maintenant, si nous arrivons à aimer ce monde comme Dieu l’aime, il convient alors de ne pas garder les yeux fixés en arrière en regrettant « le bon vieux temps ! ». Nous avons à vivre cette journée que Dieu nous donne comme une grâce, en la vivant le mieux possible, en disant merci pour le don extraordinaire de la vie. Goûter la grâce d’être des vivants sous le regard de Dieu. Essayer de faire de cette journée quelque chose de bon, de beau et de bien. En évitant de dilapider le temps qui nous est donné de vivre par d’inutiles futilités et en évitant de passer à côté des autres en toute indifférence.

Toutefois, au départ, cela suppose la vérité. Faire la vérité comme nous le rappelle Jésus. La vérité sur nous, sur notre propre vie. Et la vérité sur nos rapports avec les autres. A cette condition, nous serons dans la lumière et nous accomplirons les œuvres de Dieu. Nous vivrons alors ce qu’il attend de nous.

Père Philippe BOISSÉ

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