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Homélie de la Chandeleur – (Lc.2,22-40)

 

Nous voici au mois de février. C’est encore l’hiver, il fait nuit et il fait froid. Et nos mains guettent la chaleur et nos yeux cherchent le soleil.

Mais voilà, pour beaucoup d’hommes et de femmes, de filles et de garçons, cet hiver n’est pas uniquement climatique. Les cœurs aussi sont en hiver. Des cœurs qui nous disent : « Je n’y vois plus clair.  Je ne sais plus quoi faire. Je me sens seul. J’ai peur au fond de moi… ».

C’est pourquoi, le 2 février, au beau milieu de la saison d’hiver, du temps et du cœur, l’Eglise allume une grande lumière.

C’est une grande fête de la lumière, une fête qui chante parce qu’elle a trouvé Jésus et que Jésus est vraiment lumineux et vraiment chaleureux. C’est la fête des chandelles, fête de la Chandeleur.

Ainsi, 40 jours après Noël, Joseph et Marie viennent présenter leur enfant au temple, comme il était prescrit dans la loi de Moïse. Joseph et Marie viennent présenter à Dieu, dans son Temple, ce fils qui leur a été donné. En principe pour le « racheter », puisque depuis la sortie d’Egypte où Dieu avait protégé les premiers-nés des hébreux, tout enfant premier-né était sensé lui appartenir. Les parents pouvaient en effet récupérer leur petit, moyennant une offrande au temple (5 pièces d’argent, deux tourterelles ou deux colombes). Certes, Marie et Joseph respectaient la Loi. Sans doute ont-ils payé leur offrande. Cependant, on les voit mal « reprendre » leur enfant à Dieu. Et au fil des siècles, l’iconographie qui nous montre Marie offrant son fils à Dieu ne s’y est pas trompée. En fait, ce jour-là, Joseph et Marie ont tendu vers Dieu cet enfant qu’ils savaient ne pas leur appartenir. Ce jour-là, Joseph et Marie ont fait comme le prêtre qui, après l’élévation, offre à Dieu le corps et le sang de Jésus. Ce jour-là, ils ont fait à Dieu l’offrande de toute leur vie au service de ce fils qui leur était confié.

1er point de méditation

Et nous ? Qu’apportons-nous à Dieu, à chaque offertoire de nos Messes ? Quelle est notre offrande ? Sommes-nous toujours cohérents avec nos offrandes ?

Mais allons plus loin. Ce jour-là surtout, Jésus, porté par ses parents, est venu au Temple pour renouveler la loi. Désormais, il ne sera plus besoin de consacrer à Dieu les premiers nés. Plus besoin de les conduire au Temple car désormais, le Temple, c’est lui, Jésus, en personne. Ce jour-là, Dieu n’était déjà plus dans le temple. A son tour, Syméon l’ancien ne s’y est pas trompé. Anne la prophétesse, non plus. Tous deux ont su enlever le voile qui cachait la divinité de l’enfant. Tous deux ont vu le Christ, un peu comme les Apôtres au Thabor : tout rayonnant de lumière.

2e point de méditation

Et nous ? Sommes-nous prêts à accueillir la lumière parfois trop crue et dérangeante de l’Evangile ? Plus simplement encore : Jésus est-il notre lumière ?

Souvent, face à une classe d’enfants espiègle nous dirons facilement, qu’il n’y en a pas un pour racheter l’autre. A l’égard de Dieu, nous sommes tous des enfants, parfois trop espiègles. Comprenons bien alors que nous n’avons pas besoin d’être racheté par nos proches puisque c’est Jésus qui nous a tous rachetés. En ce sens, à la Chandeleur, nous voyons déjà se profiler dans le lointain le gibet de la croix. Ce jour-là, Marie ne sait pas encore ce qui l’attend. Mais ce qu’elle a parfaitement compris en accueillant les paroles d’Anne et Syméon, c’est que si Jésus est un signe de division, elle sera forcément associée à ses souffrances.

Et la prédication ne tardera pas à se réaliser puisque dans quelques jours, il faudra bien vite prendre le chemin de l’exil pour fuir la colère d’Hérode.

3e point de méditation

Et nous ? Comment accueillons-nous la souffrance dans notre vie ? Comment accueillons-nous la souffrance de nos proches ?

Il reste qu’au-delà de la Croix se profile aussi le matin de Pâques et la gloire de la Résurrection. Ce 2 février est donc un jour de fête pour allumer des bougies qui nous rappellent la lumière du cierge pascal. Jour de fête durant lequel Jésus allume nos cœurs afin que personne autour de nous ne reste oublié dans la nuit et dans le froid.

Jour de fête où les paroles de solitude et les regards de tristesse trouvent une réponse. Jour de fête pour les humbles. Fête qui nous appelle à suivre cette lumière, plus limpide que le diamant, plus précieuse que l’or et que nous appelons Jésus-Christ.

Père Philippe BOISSÉ

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