Soutenir l'Eglise
Trouver ma paroisse
Espace Membres

Homélie du 2e dimanche du temps de l’Avent – (Lc 3, 1-6)

L’Evangile de ce jour est celui du contraste.

D’un côté, nous avons tout le bottin mondain politique et religieux de l’époque, les princes et grands de ce monde : Tibère, Ponce Pilate, Hérode, Lysanias, Hanne,  Caïphe et compagnie.

Et de l’autre côté, nous avons un inconnu qui vit dans le désert, le fils d’un prêtre : Jean, fils de Zacharie.

Tel est le contexte dans lequel la parole de Dieu est adressée.

 

Alors, cette parole, quelle est-elle ?

Saint Jean-Baptiste l’annonce ainsi : Dieu en Jésus nous offre le Salut.

Et il ajoute : « Tout homme verra le Salut de Dieu »

Sont ainsi concernés juifs et païens, esclaves et hommes libres, les grands de ce monde comme les plus humbles.

C’est Dieu qui a l’initiative.

C’est Dieu qui parle, personnellement, par la bouche de Jean.

Et c’est par Jésus-Christ, que ce salut annoncé va s’inscrire au cœur de notre histoire.

Quant à notre responsabilité, elle est aujourd’hui de l’ordre de l’accueil.

 

Alors comment accueillir ?

Tout simplement en favorisant la rencontre, la communication, dans ce « désert moderne » où vivent nos contemporains.

Pour cela, point n’est besoin de gens illustres et hauts placés.

Au contraire, puissions-nous être comme Jean-Baptiste des personnes effacées et discrètes.

Mais tous travailleurs car l’heure de notre évangile est celle des gros travaux de génie civil : aplanir, combler, redresser, routes et chemin.

Qui dit travaux et chantiers nous rappelle que la mission est loin d’être terminée.

Trop d’hommes et de femmes aujourd’hui encore manquent d’espérance.

Pour eux le mot Salut n’a pas de sens.

Pour eux Jésus est un inconnu.

C’est alors notre devoir de les inviter, comme le fit Jean-Baptiste à ne pas désespérer.

C’est notre mission de baptisés de les aider à pouvoir contempler le monde avec un regard neuf, à la fois lucide et confiant.

Avec un parti pris de bienveillance qui pour autant ne se confonde pas avec la naïveté.

Cela nous oblige à prendre le risque d’une parole qui vienne du fond du cœur.

Une parole qui nous engage dans une confiance réciproque.

Une parole qui ne cherche pas à avoir raison mais qui comprenne d’abord la détresse des autres.

 

Plus que jamais, je crois dur comme fer que cet évangile est capable d’impacter nos modes de vie.

Mais pour cela, il convient de persévérer.

Il ne sert à rien de partir tout feu, tout flamme et de n’être que les hommes et les femmes de l’instant.

Il faut être capable de durer.

Et pour durer, il faut être capable de lisser notre investissement, c’est-à-dire de préférer la pastorale de la constance, de la régularité, à celle des coups de cœurs et des modes.

 

A partir de là, une chose est certaine :

Tout ce qui est creusé dans la vie de tristesse, de souffrance, de misère, d’accablement, peut être comblé.

Tout ce que nous élevons dans la vie d’orgueil, de puissance, d’arrogance, peut être abaissé.

Tout ce que nous tordons dans la vie d’erreurs, de jugements hâtifs, de méchanceté, de suspicion, peut être redressé.

Tout ce qui est obstacle dans la vie, cailloux et rocs sur nos chemins, hésitations ou oppositions, peut être aplani.

 

Telle est la bonne nouvelle de ce dimanche.

Père Philippe BOISSÉ

Partager