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Homélie du 1er dimanche du temps de l’Avent – Année C – Lc.21,25-36

 

« Tenez-vous sur vos gardes, de crainte que votre cœur ne s’alourdisse dans les beuveries, l’ivresse et les soucis de la vie… ainsi vous aurez la force … de vous tenir debout devant le Fils de l’homme. »

Dans le texte ça veut dire : pas de « cuite » et tu tiendras debout.

Par expérience, c’est du bon sens.

Toutefois, vous vous en doutez, ce n’est pas la finalité des images que nous partage le Christ ce matin.

La finalité n’est pas à chercher dans les fins de soirées arrosées, mais dans l’accueil de la fin des temps.

En fait Jésus nous invite à tenir debout spirituellement à ses côtés.

Là est la finalité.

En fait c’est un évangile qui a pour objectif de nous aider à ne pas nous tromper sur l’identité de Jésus.

 

Il y a quinze jours déjà, Il tenait les mêmes propos.

Nous étions dans l’évangile de St Marc.

Aujourd’hui, nous retrouvons le même discours chez St Luc.

A 15 jours d’écart, une telle répétition souligne une insistance.

Signe que ces paroles de Jésus sont importantes pour notre vie de chrétiens.

 

Toutefois, cette venue du Fils de l’homme dans la nuée, avec grande puissance et grande gloire tranche radicalement avec la douceur et l’humilité de la crèche dans laquelle sera déposé l’enfant Jésus.

Pourquoi évoquer la fin des temps alors que nous sommes au début du temps de l’Avent ?

Pourquoi évoquer la souffrance et la mort alors que l’église tient à nous acheminer vers Noël, c’est-à-dire une naissance ?

A la veille d’une fête si douce, pourquoi parler de fracas, de tempêtes, de bouleversements et de crainte ?

Est-ce pour donner à comprendre que Noël n’est pas si doux qu’on le souhaiterait ?

En un sens c’est vrai : Noël est agréable pour ceux qui sont au chaud.

Mais quand on est à la rue, croyez-moi, la dinde aux marrons n’a pas le même goût !

 

Certes, notre monde est en genèse.

C’est un monde qui passe.

C’est un monde où le problème du mal reste un scandale.

 

Alors peut-être, que Jésus tient à ne pas nous laisser rêver.

Sa manière à lui de nous aider, au cœur de la morosité, à ne pas passer à côté de Noël et a laisser briller en vérité la lumière de cette belle fête.

Car notre monde est avant tout celui qui a pour vocation de cheminer vers la vie.

Or cela suppose, qu’au seuil de cette nouvelle année liturgique, nous évitions le chemin des illusions.

Car en fin de compte, le message est très simple.

Je le résumerai en ces termes : ce qui donne sens à nos vies, ce ne sont pas nos constructions éphémères, ni l’ivresse de nos fêtes, ni même les forces de la nature…

Non !

Ce qui donne sens à nos vies, c’est une personne, à savoir : Jésus lui même.

Ce qui donne sens à nos vies, c’est un visage : celui du ressuscité.

Et si nous souhaitons pouvoir saisir la grandeur de celui que nous appellerons le Très-Haut venant dans la gloire entourée de ses anges, il nous faudra d’abord nous rassembler humblement devant la crèche.

C’est ainsi que Jésus tient à nous assurer de sa présence du début à la fin.

 

Chers amis, n’en déplaise aux oiseaux de mauvais augure, nous n’allons pas vers une catastrophe.

La terre ne s’enfoncera pas dans les ténèbres.

Mais comme le rappelle le prophète Jérémie, notre monde se réveillera un matin, réchauffé par un soleil de justice.

Le plus beau est encore à venir et il convient de nous y préparer dès maintenant.

Mais pour cela, nous devons ouvrir les yeux et accepter de ne pas faire de Noël « un Disneyland de la spiritualité ».

Et pour commencer, il me semble important de ne pas abandonner notre fête de Noël aux seules lois du business.

 

Je souhaite simplement que l’évangile nous aide cette année à préparer les chemins de l’espérance dans un monde qui en manque cruellement.

Que l’Esprit Saint nous aider à progresser.

Et surtout, qu’il nous aide à accueillir Jésus au mieux de nos possibilités.

Père Philippe BOISSÉ

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