13 septembre 2020 – 24e Dimanche du Temps de l’Eglise

« Seigneur, quand mon frère commettra des fautes contre moi, combien de fois dois-je lui pardonner ? » (Matthieu 18, 21-25)

    Voici la rentrée, au terme de ce temps estival marqué par le déconfinement, qui continue (nous sommes toujours avec nos masques). Après un confinement qui nous a amenés à « prendre soin de nous », mais avec un isolement plus grand vis-à-vis des relations sociales, mettant en évidence nos fragilités et une précarité qui nous menace tous, à différents niveaux.

    Or, Dieu est relation. Pour nous chrétiens, l’Eglise est essentiellement communion entre nous, autour du Christ, avec nos frères, dans la prière, l’Eucharistie et le service. Il nous a manqué la célébration (messes, baptêmes, mariages, obsèques, confirmations…) et beaucoup de relations avec nos semblables, même si certaines choses ont pu se faire par internet, le téléphone et les médias en particulier.

    Le Christ était cependant présent à son Eglise pendant tout ce temps. Peut-être avons-nous pu servir nos frères et nos communautés et tout simplement notre prochain dans l’adversité, faire une relecture de notre vie, redécouvrir des fondements enfouis et oubliés à cause de la société de consommation, la rapidité de la vie, le monde moderne, bref vivre un chemin de conversion personnelle profond, nous invitant également à une conversion écologique pour renouveler l’humanité.

    Nous ne sommes pas étrangers à la situation de crise sanitaire, sociale, économique que nous vivons et les temps qui viennent s’avèrent encore difficiles. Regardons la violence autour de nous (procès des terroristes, violences dans les banlieues, dans nos propres familles et communautés de vie). La fête de la Croix glorieuse, le 14 septembre, nous invite à regarder « Celui qu’ils ont transpercé », à prendre conscience de notre péché et à recevoir le pardon et la miséricorde offerts par Dieu pour les répercuter sur les autres… Pardonnons jusqu’à 77 fois 7 fois, c’est-à-dire de tout notre cœur et infiniment (Ev. du jour), et engageons-nous en même temps pour la justice sociale.

    Relevons le défi d’être de vrais disciples-missionnaires dans ce monde à reconstruire après l’épidémie, dans la patience, le don de soi et la persévérance. Nous verrons se réaliser les paroles de la fête de la Nativité de Marie le 8 septembre : « Il sera leur berger. Ils vivront en sécurité » (Mi 5 1-4), « J’exulterai de joie en Dieu mon sauveur » (Ps 12). Suivre le Christ Jésus sauveur, dans la folie de la croix, avec Marie et nos frères conduit à une recréation dans la gloire, la joie, et la vie éternelle (Jn 3 13-17, Ev. de la Croix Glorieuse).

F. Jean-François JACQ