Méditation du Mardi Saint

MARDI SAINT – Jn 13, 21-33, 36-38

Face à la mort, Jésus semblait serein. Lors de sa monté à Jérusalem, il avait déjà annoncé sa passion. Et soudain, l’évangéliste nous informe qu’“ Il fut bouleversé au plus profond de lui-même”.

Jésus est blessé dans ses sentiments les plus intimes. Un coup l’atteint douloureusement.

Et pour cause ! Judas va le trahir. L’un des siens va le vendre pour quelques deniers.

Pour seule réponse, Jésus lui tend la bouchée de nourriture, signe de l’amitié. Ma vie, nul ne la prend, mais c’est moi qui la donne.

Voici mon Corps livré pour vous.

Ce coup n’est pas le dernier. Jésus le sait. Pierre aussi va le trahir. Celui en qui, pour l’avenir, il a mis tout son espoir, va le renier.

Jésus doit boire le calice jusqu’à la lie.

L’heure des ténèbres vient de sonner.

“ Dehors il fait nuit ” nous dit saint Jean.

C’est la solitude totale qui se dessine.

Entre Jésus et les ténèbres, il ne reste plus qu’une mince paroi : celle du pain et du vin.

Il lui faut maintenant aller jusqu’au bout de la nuit, seul, sans nul autre appui que son amour pour le Père.

C’est généralement ici que, sournoisement, la peur, sèche et grinçante, la peur aux ongles cassés, ouvrant trop grands ses yeux de morts….

Oui, c’est généralement ici que la peur se met à l’œuvre.

Et ce n’est qu’un début….

Jésus s’attendait-il à vivre une pareille angoisse ?

Il n’avait peut-être pas tout prévu.

Peut être ne savait-il pas tout par avance.

Toujours est-il que le Christ ne joue pas un spectacle.

Il ne joue pas un rôle de composition.

Mais tout simplement, il joue sa vie.

Et c’est l’enjeu véritable de la Semaine Sainte.

Comme quoi, il n’y a pas de contrat signé par avance entre la mort et Dieu.

Bien au contraire !

Dieu frémit quand l’homme meurt.

Soyons clairs !

Ce n’est pas Dieu qui veut la mort, mais le Mal.

Pour le Christ, comme pour chacun de nous, la mort approche.

Et avec elle cet instant où il n’est plus que le mot “ Père ” auquel nous puissions nous accrocher.