Dimanche des Rameaux

Image méditation dimanche des RameauxDimanche des Rameaux et de la Passion 2020  de l’évangile selon St Matthieu

Il y a l’entrée triomphale de Jésus à Jérusalem puis le récit de la passion.

Au matin des Rameaux, Jésus est accueilli comme un roi par la foule de Jérusalem.

C’est un triomphe.

Et soudain voici la lecture de la Passion.

Il ne s’agit plus d’un triomphe, mais d’un rejet.

Quel contraste !

Que s’est-il passé ?

Peut-être la versatilité d’une foule manipulée.

Mais aussi la déception d’hommes et de femmes qui n’obtiendront pas immédiatement ce qu’ils attendaient.

L’incompréhension d’une foule pour un homme qui utilise une force qui ne contraint pas.

Une force qui laisse libre.

Comme au temps de la Genèse, avec Adam et Eve…ils se sont révoltés.

Vieille révolte des hommes contre un Dieu qui nous laisse libres.

De nos jours encore, la révolte demeure.

Le scandale de la croix est toujours actuel.

Comme au temps de St Paul, trop dur, trop horrible.

On veut bien suivre Jésus dans ce qu’il a d’aimable et de souriant.

On adhère à cet homme qui se présente comme l’ami des pauvres, des malades et des exclus.

On adhère à ses œuvres de bienfaisance.

Mais « le suivre jusqu’à la croix », suppose un saut qu’il est difficile d’accomplir, pour ne pas dire scandaleux.

Pourtant nos croix sont bien présentes.

Les nôtres et celles de notre humanité.

Point n’est besoin de les inventer.

Point n’est besoin d’en faire un film.

Point n’est besoin de les nommer, les médias en ont fait leur fond de commerce.

Elles sont là, dressées au cœur de nos vies.

Elles jalonnent les cinq continents.

Elles sont dressées par la haine, la violence, la maladie, la solitude ou la mort.

Or la souffrance n’est pas faite pour être contemplée ou admirée.

Elle défigure l’homme.

C’est pourquoi, en ce dimanche, si les chrétiens regardent la croix…

Si les chrétiens fleurissent la croix…

C’est ni par fascination, ni par admiration.

Mais simplement parce qu’elle est ce lieu où notre Dieu accepte d’être cloué pour recueillir en ses souffrance toutes nos souffrances.

Façon de dire qu’il n’est rien en l’homme que Dieu ne puisse assumer.

La croix rappelle à chacun d’entre nous que Dieu est capable de nous rejoindre en tout point de nos vies, mêmes les plus désolés, même les plus dramatiques.

Non pour supprimer notre souffrance, mais simplement pour l’habiter de sa présence.

Simplement pour nous rappeler qu’au plus profond de nos détresses, nous ne serons jamais seuls.

Toutefois, soyons bien clairs.

Les souffrances du Christ n’ajoutent rien au mystère du Salut.

D’ailleurs bien des hommes et des femmes ont souffert tout autant que Jésus, si ce n’est plus encore.

Nous ne le répèterons jamais assez : ce ne sont pas les souffrances du Christ en croix qu’il convient de contempler, mais ce que le Christ devient à travers ses souffrances.

Ce qu’il devient se résume en ces quelques mots : “Ma vie, nul ne la prend, mais c’est moi qui la donne”.

Bien qu’attaché à la croix, Jésus reste un homme libre.

En ce dimanche des Rameaux et de la Passion, essayons simplement de comprendre que l’Incarnation jusqu’à la croix n’est pas un masque derrière lequel Dieu se cache.

Mais l’Incarnation jusqu’à la croix est ce lieu où Dieu se donne à connaître dans une débauche d’humilité.

Méditation du Dimanche Des Rameaux – Mt. 26,14 – 27,66

Aujourd’hui, nous entrons dans une semaine pleine d’émotions et de sentiments : la Semaine Sainte. Semaine du paradoxe, riche en oppositions et revirements. Semaine où la joie se mêlera à la souffrance, où la déception la plus profonde côtoiera la plus grande espérance. Une semaine durant laquelle nous passerons de la compassion à l’admiration, de la peine à la joie.

Une semaine à l’image d’un monde où la joie et la souffrance semblent inséparables. Et pourtant c’est bien cette Semaine Sainte qui donnera sens à notre foi chrétienne.

Pour l’heure, en ce dimanche des Rameaux, force est de constater que déjà, les deux poutres rugueuses de la croix sont incontournables. Une croix qui est déconcertante et toujours imprévue. Telle cette intruse que l’on ne choisit pas et dont surtout on ne veut pas. Un croix qui est toujours une humiliation. Car lorsqu’elle nous touche, elle nous frappe de plein fouet, généralement là où nous essayons de mettre un peu d’amour. C’est bien souvent pour cela qu’elle est si lourde à porter. Croix disproportionnée sur laquelle Jésus rejoint la cohorte des torturés de tous les temps.

Croix qui se révèle toujours par son caractère d’exagération et de disproportion.

– Tel ce papa, cette maman et leurs deux enfants morts dans un accident.

– Tel ce père de 27 ans qui s’est suicidé.

– Telle cette fiancée qui vient d’apprendre la mort de celui qu’elle aime.

– Ou encore ces parents à qui la police ramène leur enfant devenu dealer.

Cette croix là s’accompagne toujours d’un sentiment de solitude, voire même d’abandon. Elle est toujours imméritée. C’était vrai pour le Christ… C’est vrai pour nous qui vivons souvent la croix avec un sentiment total d’incompréhension de notre entourage. C’est vrai pour chacun de nous tous qui n’hésitons pas à crier sous la souffrance : “ Je n’avais pas mérité cela ! ”

Point n’est besoin de nous tailler des croix sur mesure. La vie se charge bien de nous les fournir. Cependant, essayons de leur donner un sens, car la croix que l’on porte est souvent moins gênante que la croix que l’on traîne.

Tôt ou tard, chacun d’entre nous doit “ passer ” par le sas, franchir le “ seuil ”, accepter ce qui lui est donné de vivre, en essayant de faire la volonté du Père. Ce n’est pas facile.

Sommes-nous alors en mesure d’accueillir le mystère pascal ?

A chacun de donner à cette question la réponse qu’il lui est possible d’apporter. Simplement, gardons au cœur une conviction qui puisse guider notre discernement :

“ Là ou se tient la croix, la résurrection est proche. ”