23 février 2020 – 7e Dimanche du Temps de l’Eglise

 

« Chemins de fraternité » ou « murs de séparation » ?

Cette semaine, la question migratoire a réuni pour la première fois de nombreux évêques de tout le pourtour méditerranéen à Bari. Ils ont manifesté la volonté commune de se rencontrer, de dialoguer, pour œuvrer ensemble, pour trouver des solutions au drame humain de ces milliers de migrants qui traversent la mer en y laissant parfois leur vie. La démarche se calque sur le groupe Euregio qui rassemble depuis quinze ans les évêques de nos régions frontalières, notamment Metz, pour contribuer à la construction d’une Europe plus fraternelle.

La réunion s’inspire d’un discours du pape, prononcé en juin à Naples, où il engageait à « prendre soin les uns des autres au sein de l’unique famille humaine ». « Comment les religions peuvent-elles être des chemins de fraternité au lieu de murs de séparation ? », interrogeait-il.

Les murs sont une tentation des états, depuis la Grande Muraille de Chine jusqu’à la clôture mexicaine. Mais cette tentation est aussi celle des religions, dès lors qu’elles mettent en avant leurs particularités, héritage de l’histoire et de la culture. Jésus, dans l’Evangile de ce jour, nous demande de renverser les logiques humaines, si « raisonnables » à nos yeux, pour entrer dans le dessein de Dieu, et pour habiter son amour, sans proportion ni mesure.

Les « chemins de fraternité », expérimentés cette semaine par les évêques à Bari, chacun peut les suivre dans son quotidien, pour resserrer les liens, trop souvent distendus, de la grande famille humaine, « afin d’être vraiment les fils de [n]otre Père qui est aux cieux » (Mt 5 45).

Nicolas Brucker