9 février 2020 – 5e Dimanche du Temps de l’Eglise

Ta nuit sera lumière

       L’évangile du dimanche 9 février, Mt 5 13-16, nous dit : « Vous êtes le sel de la terre et la lumière du monde ». Ce jour est également le dimanche de la santé 2020, dont le thème, cette année, est : « Ta nuit sera lumière ».
Nuit et lumière, deux mots totalement opposés s’il en est !

Pouvons-nous faire de la nuit une lumière ?

     Lorsqu’une personne est malade physiquement ou moralement, âgée ou encore démunie devant les évènements de la vie, elle est dans la souffrance et le doute. Sa foi peut devenir chancelante ou disparaître. Pourquoi moi ? Pourquoi lui ? Ce n’est pas juste… C’est alors la nuit et une grande solitude en découle. Comment faire éclore de ces épreuves la lumière ? Lisons l’évangile. Il nous parle aussi de sel. Le sel, c’est tout petit et pourtant si important, si puissant. Chacun de nous est un de ses grains. Chacun, à sa manière, peut aider à redonner du goût, à faire jaillir la lumière. Il ne s’agit pas de changer le monde. Mais par de petits gestes, nous pouvons nous engager envers notre prochain, en fonction de notre charisme et de nos compétences : visite aux malades, aide aux devoirs, accompagnement de réfugiés, s’intéresser à son voisin, etc. Il y a mille manières de servir, il suffit de trouver la sienne.

     Pour ma part, pour revenir au thème de ce dimanche, depuis que je suis aumônier d’hôpital et que je fréquente les EHPAD, je perçois cette nuit qui, souvent, tombe sur les patients et les résidents. Je me sens à court d’arguments pour redonner un peu d’espoir. Alors, après avoir prié, j’ose un regard, un geste, une écoute attentive, une parole simple et sans jugement. J’observe chez mon vis-à-vis qu’une étincelle de lumière est réapparue quand il esquisse un sourire, quand ses yeux sont plus pétillants ou qu’il dit un « merci ». Il faut du temps pour que le jour paraisse (surtout l’hiver) ; il en est de même dans la vie de quelqu’un qui souffre. Je me fais sel, alors, avec toutes les personnes qui gravitent dans le parcours de soin pour que la nuit puisse redevenir lumière.

     Je vous laisse méditer cette prière de Chantal Lavoillotte écrite pour ce jour :
« Mon chemin, Seigneur, est parfois bien sombre. Il m’arrive de marcher dans la nuit. Nuit de la souffrance ou de la maladie, nuit du doute ou du deuil. Et je ne sais plus où j’en suis… Toi, sans Te lasser, Tu m’appelles à la Vie. Tu me dis que je suis lumière. Tu m’invites à faire jaillir la lumière, par mes mains, mes regards de tendresse et mes actes solidaires. Permets que mon chemin de nuit s’éclaire, et que pour d’autres, je sois lumière ».

Sœur Catherine STREB