20 octobre 2019 – 29e Dimanche du Temps de l’Eglise

 

UNE HYPOTHÈSE : « IL EST SOURD À SON GRAND ÂGE ! »

« J’ai beau Le prier, rien n’y fait ! ». C’est le constat amer d’une vieille femme, partagé lors d’un temps d’échange fraternel et confiant. Son canard de mari d’ajouter : « Le Bon Dieu est bien vieux : Il n’entend plus… ».

Peut-être vous reviennent-ils en mémoire nos parents qui ne répondaient simplement pas à nos sollicitations d’enfants… parce qu’ils trouvaient nos demandes déplacées. Nous devinions alors qu’il ne fallait point insister. Sans aller à nous dire cependant : « Peut-être que ma demande est injustifiée ! ».

L’évêque orthodoxe Antoine BLOOM raconte : « Je me rappelle ce vieil homme me contant que, lorsqu’il était enfant, il croyait que son oncle possédait un don miraculeux : chaque soir, il pouvait ôter les dents de sa bouche et les mettre dans un verre d’eau… Pendant plusieurs mois, le petit pria Dieu de bien vouloir lui accorder ce même don. Il fut plus tard bien aise que Dieu lui ait refusé cette faveur ! ».

Un jour, Jésus raconte une parabole pour montrer qu’il faut « prier sans cesse et sans jamais se décourager » (Lc 18 1-8, l’évangile entendu ce jour). Les personnages mis en scène sont un peu caricaturaux, mais nous font comprendre qu’on ne doit pas craindre de « casser la tête » à Dieu par nos prières insistantes. La difficulté serait plutôt là : sommes-nous sûrs de savoir ce dont nous avons besoin pour notre vie qui s’ouvre sans cesse sur l’éternité ? Sommes-nous sûrs que nos prières nous ouvrent le cœur pour accueillir ce que Dieu veut nous donner ? Il y a bien sûr nos désirs qui demandent, mais il y a surtout ce que Dieu-Père veut nous donner. Quand nous récitons le « Notre Père », nous disons à juste titre : « Donne-nous notre pain de ce jour », « ce que Tu veux nous donner pour que nous vivions selon le don reçu de Toi, non pas une vie à partir de nous et de nos demandes toujours trop étriquées, mais à partir de Toi, Sauveur : la vie éternelle ».

La prière chrétienne ne doit aucunement chercher à convertir Dieu, mais à convertir sans cesse le priant dans ses demandes qui sont : la foi, l’espérance, la charité, en un mot : la sainteté sur le chemin d’éternité qui conduit à Dieu lui-même.

Demandons cela à Dieu, avec ardeur, avec obstination.

Jean-Claude DREHER