23 juin 2019 – Dimanche du Saint Sacrement du Corps et du Sang du Christ ~ Solennité

Grand coup de vent à la cathédrale

Dimanche 9 juin un grand vent s’est levé, dans la cathédrale, où près de 100 confirmands ont reçu l’effusion de l’Esprit Saint. L’assemblée, qui remplissait la nef jusqu’au dernier rang, retint son souffle quand l’évêque et la vingtaine de prêtres qui l’entouraient levèrent les mains pour appeler l’Esprit à faire demeure dans les cœurs de tous ces jeunes chrétiens (et certains moins jeunes !) venus se présenter au terme d’une année d’intense préparation. Les dons descendirent sur eux, comme sur les apôtres dix jours après l’Ascension. Puis ce fut le rite de l’onction de l’huile sainte : chaque confirmand se présenta devant le célébrant pour recevoir cette dignité, plus précieuse que tous les emplois, charges ou honneurs que le monde peut offrir. Munis de cette force, ils pourront, dans toutes les situations de la vie, rendre témoignage à la vérité, dénoncer le mal, réparer les injustices. Ces artisans de paix ont tant de travail : pas une minute à perdre !

Mgr Vuillemin a lu des extraits des lettres qu’il a reçues. Plusieurs d’entre elles expliquaient la demande par un besoin de retour au Père après des années d’errance morale. La foi chrétienne offre un cadre de vie, dans des communautés solidaires ; elle ouvre à nos existences une perspective riche de joie et d’espérance ; elle est une inépuisable source de grâce. L’évêque a réaffirmé l’importance de la lecture assidue des Ecritures, nourriture quotidienne de notre foi et moyen de mieux comprendre notre temps. Il a mis en garde contre la tentation, toujours présente, et peut-être aujourd’hui plus que
jamais, de se faire une religion selon nos goûts, et un Dieu à notre mesure. Dieu est plus grand que tout, le psaume de ce jour nous le rappelle. Nous-mêmes ne sommes justifiés dans notre existence que par l’acte de louange que nous faisons monter vers Lui.

Au supermarché des croyances, on trouve de tout. Il n’y a qu’à voir les publications qui fleurissent dans nos librairies, aux rayons «développement personnel» ou «spiritualités». Des jeunes peuvent être tentés par ces marchands d’imposture, et chercher hors des grandes traditions religieuses à se frayer leur propre chemin. Ce dédain des confessions traditionnelles est une des nombreuses manifestations de l’orgueil moderne, qui atteint des sommets en matière de bioéthique, comme les récentes déclarations du gouvernement nous le font voir. Il en est de même du mariage, de la famille, de la sexualité : chacun érige ses désirs en norme, et fait de son bon plaisir un droit. Dans ce monde déboussolé, la centaine de confirmés de Metz porte la responsabilité de dire et de vivre la vérité ; avec l’aide de l’Esprit, la croix deviendra légère et la mission exaltante.

Nicolas Brucker