26 mai 2019 – 6ème Dimanche de Pâques

“Une église pour tous”

Nous sommes à Antioche, en l’an 50 après Jésus-Christ. Il y a des chrétiens d’origine juive et des chrétiens d’origine païenne ; mais peu à peu, entre eux, la cohabitation devient de plus en plus difficile : leurs modes de vie sont trop différents.

Et voilà qu’un jour des chrétiens d’origine juive sont venus tout exprès de Jérusalem pour envenimer la querelle en expliquant qu’on ne doit admettre au baptême chrétien que des juifs. Concrètement, les païens sont priés de se faire juifs d’abord (circoncision comprise), avant de devenir chrétiens.

Derrière cette querelle, il y a au moins trois enjeux :

  • Premièrement, faut-il viser l’uniformité ? Pour vivre l’unité, la communion, faut-il avoir les mêmes idées, les même rites, les mêmes pratiques ? La réponse est non.
  • Deuxièmement, tous ces chrétiens, de toutes origines, souhaitent rester fidèles à Jésus-Christ, c’est évident !… Mais concrètement, en quoi consiste la fidélité à Jésus-Christ ? Réponse : la fidélité n’est pas la reproduction d’un modèle figé dans le temps. C’est la volonté de témoigner à chaque époque d’un visage contemporain du Christ. Aujourd’hui, qui est Jésus ?
  • Enfin, il y a un troisième enjeu, plus grave encore : le salut est-il donné par Dieu sans conditions, oui ou non ? “Si vous ne recevez pas la circoncision, vous ne pouvez pas être sauvés”, c’est ce qu’on commence à entendre à Antioche. Cela voudrait dire que Dieu lui-même ne peut pas sauver des non-Juifs. C’est impensable. Le Salut est offert à tous, sans distinction.

Nous connaissons la finale de cette histoire : les Apôtres n’imposeront à la communauté chrétienne que les règles qui permettent de maintenir la communion fraternelle. C’est sûrement la meilleure manière d’être vraiment fidèle à Jésus-Christ, lui qui a dit : “A ceci, tous reconnaîtront que vous êtes mes disciples : si vous avez de l’amour les uns pour les autres”. Jn 13, 35

Philippe BOISSE