7 avril 2019 – 5ème Dimanche de Carême

« Voici que je fais une chose nouvelle, elle germe déjà … »

Au début de la 1ère lecture le prophète Isaïe retrace en quelques mots « la sortie d’Egypte ». Dans l’Ancien Testament cet événement est sûrement l’action de Dieu la plus importante pour les hébreux. Les prophètes n’auront de cesse de rappeler à Israël cette libération éclatante.
Mais curieusement ici le Seigneur appelle à ne plus s’accrocher aux actes passés, aussi grandioses soient-ils, mais à croire que Lui est le même, toujours aussi puissant et glorieux que par le passé : « Voici que je fais une chose nouvelle : elle germe déjà, ne la voyez-vous pas ? » (1ère lect)

Et le psaume confirme cette action actuelle du Seigneur : « Quelles merveilles fait pour eux le Seigneur. » (Ps)

Dans une même démarche Paul s’adresse aux Philippiens en leur disant : « oubliant ce qui est en arrière, et lancé vers l’avant, je cours … » (2e lect)

Certes on ne peut oublier totalement le passé, mais il faut avancer dans sa foi et Jésus nous le montre bien à propos de la femme adultère. Les scribes et les pharisiens condamnent la femme à la lapidation en ne s’appuyant que sur la loi (ancienne) de Moïse. Ils n’ont pas compris que Jésus, sans abroger cette loi, apporte une loi nouvelle : celle de la tendresse, de l’amour, du pardon : « Moi non plus, je ne te condamne pas. Va … » (Evang). Mais cela fait moins de bruit ; c’est moins spectaculaire qu’une lapidation.

En ce temps de carême la Parole de ce jour nous invite à regarder l’œuvre de Dieu aujourd’hui. Certes autour de nous, nous voyons tous les problèmes du monde et de l’Eglise.
Nous avons l’impression que le Seigneur nous oublie et cela n’est pas nouveau. De nombreuses fois dans l’Ancien Testament le peuple crie son désarroi en disant : « Le Seigneur m’a oublié ; la droite du Très Haut a changé. » (Ps 77) Mais comme au Buisson Ardent, encore aujourd’hui, Dieu nous dit : « J’ai vu, j’ai vu la misère de mon peuple. » (Ex3)

Soyons sûrs que, maintenant, le Seigneur agit encore avec force et puissance, non pas comme nous le désirons mais selon ce qu’il sait bon pour nous. Demandons-Lui, dans ce temps qui nous sépare de Pâques, de voir, au-delà de tout le tintamarre qui nous entoure, ces choses nouvelles qui germent déjà.

Peut-être sommes-nous inquiets ou éprouvés. Avançons avec cette certitude que la parole du psalmiste est vraie : « Il s’en va, il s’en va en pleurant, il jette la semence ; il s’en vient, il s’en vient dans la joie, il rapporte les gerbes. » (Ps)

Guy NOEL