17 mars 2019 – 2ème Dimanche de Carême

Pourquoi s’en priver ?

Le pardon est lié à la Foi et au Baptême, qui est le premier et principal pardon des péchés. L’Eglise est le lieu où se fait la rémission des péchés par le sang du Christ et l’action de l’Esprit Saint. Le sacrement de Pénitence et de Réconciliation est la seconde planche de salut après le naufrage qu’est la perte de la grâce baptismale. En effet la vie nouvelle reçue par le Baptême n’a pas supprimé la fragilité et la faiblesse de la nature humaine, ni l’inclination au péché. « Le Fils de l’Homme a le pouvoir de remettre les péchés sur la terre », Marc 2,10. Jésus donne ce pouvoir aux hommes pour qu’ils l’exercent en son nom. Il l’a confié au ministère apostolique. Le pénitent pose les actes de contrition, de confession des péchés, d’expiation et de réparation exigée par la simple justice. Le sacrement de Pénitence est aussi un sacrement de conversion, démarche de retour vers le Père. Il n’y a ni limite ni mesure à ce pardon essentiellement divin. Cependant et c’est redoutable, cette miséricorde ne peut pénétrer notre cœur tant que nous n’avons pas pardonné à ceux qui nous ont offensés. L’Esprit Saint retourne la blessure en compassion et purifie la mémoire.

En psychologie, le pardon fait partie par exemple des stratégies cognitives de prise en charge de la colère. Il s’agit d’abandonner le ressentiment vis-à-vis de l’autre plutôt que de se venger. Le « non pardon » pousse vers les ruminations sur le passé, la répétition des pensées et des émotions, la reviviscence des injustices. Il alimente la rancune, le désir de vengeance et de réparation. Le pardon, lui, nécessite de l’empathie pour l’agresseur, c’est-à-dire le considérer comme un autre être humain entier aux multiples facettes. Il ne requiert pas d’oublier, de minimiser, d’excuser, de se réconcilier avec l’agresseur, de lui dire qu’on lui pardonne, ni même de renoncer à la compensation et à la justice. On pardonne aussi pour soi, cela a un effet bénéfique sur la santé et des bienfaits psychologiques. Le pardon permet de tourner la page et de consacrer son énergie à des choses plus constructives. Il évite tous les pièges du « non pardon ». Il manque au pardon laïc toute la dimension de la Foi. Donc pourquoi s’en priver ? Le pardon est bon pour nous sur le plan spirituel, il plaît à Dieu, et il est bénéfique sur le plan psychologique.

Jean-Marie BIEVELEZ