30 Décembre 2018 – Dimanche de la Sainte Famille de Jésus, Marie et Joseph

Notre juste place au sein de nos familles

Nous venons à peine de déposer Jésus dans nos crèches et sommes encore bercés par la douceur de Noël. Comment ne pas se laisser toucher par cette naissance qui a bouleversé le monde ? Dieu se fait si proche de nous qu’il prend notre condition humaine, à commencer par celle d’un bébé attendrissant. Mais attention de ne pas projeter sur ce nouveau-né ce que nous aimerions qu’il soit.

A chaque naissance, la même tentation, celle de faire nôtre ce nouvel être, nous rattrape : « c’est le portrait craché de son grand-père », « regarde son sourire, on dirait sa mère »… Accepter que son enfant est bien différent de ses parents n’est pas toujours chose facile : combien de conflits de famille naissent de cette déception de parents qui ne reconnaissent pas en leur progéniture l’idéal qu’ils s’étaient imaginé. Mais alors comment renforcer ce pilier si précieux qu’est la famille, pilier sur lequel repose toute notre société, mais ô combien fragilisé par des jalousies, des non-dits, de l’égoïsme voire de l’indifférence qui morcellent les rapports familiaux et dont on peine à retrouver des équilibres où chacun trouve sa place ?

La fête de la Sainte Famille, célébrée au seuil d’une nouvelle année, vient précisément nous éclairer sur le chemin qui nous permettra de trouver notre juste place au sein de nos familles. Un chemin pavé de patience, car l’inconnu peut parfois prendre son temps (imaginez : 3 jours pour retrouver son enfant !) et qui peut déboucher sur l’inattendu (« En le voyant, ses parents furent frappés d’étonnement » – Lc 2, 48).

Un chemin qui passera toujours par le respect de la différence, c’est-à-dire accepter des phases d’incompréhension à l’image de Marie et Joseph lorsqu’ils « ne comprirent pas ce qu’Il leur disait » (Lc 2, 50). Et pour celles et ceux qui trouveraient le temps trop long : confiance ! Depuis la genèse, Dieu n’a-t-il pas souvent choisi une famille pour renouveler son alliance avec son peuple ?

Björn DESMET