Trentième Dimanche du Temps de l’Eglise

Allez à l’essentiel ! 

   Curieuse réponse que celle de Jésus à ces pharisiens qui l’interrogent sur le plus grand des commandements ! Comment, en effet, l’amour pourrait-il être un commandement ? L’amour est d’abord une liberté, sinon ce ne serait plus de l’amour. La liberté est l’un des piliers du sacrement de mariage et nous savons tous que lorsque l’amour commence à être contraint par l’argent, les codes sociaux, l’apparence physique, les appartenances familiales, voire même par la religion, il meurt. C’est peut-être justement ce que recherchent ces pharisiens : faire mourir la liberté de Jésus en l’enfermant dans un commandement. Mais les pharisiens ne se doutent pas encore que, non seulement ils ne parviendront pas à enfermer Jésus par (ou dans) un commandement, mais que Jésus les entraînera vers l’essentiel de leur vie ; les physiciens diraient leur centre de gravité ! Jésus nous invite ici à rechercher ce point d’équilibre où se concentrent toutes nos forces pour nous porter en plénitude. Jésus nous dit que ce point ne peut être atteint que par l’amour de Dieu, l’amour du prochain et l’amour de soi.

   Cet équilibre parfait me fait penser à ce tabouret à trois pieds que les agriculteurs utilisaient jadis pour traire leurs vaches. Trois pieds, c’est en effet le nombre minimum d’appuis nécessaires à un objet pour tenir debout sans appui extérieur. Et pour que l’assise soit stable et solide, les trois pieds doivent avoir la même longueur, le même diamètre et le même ancrage. Ainsi en est-il de nos vies : aimer Dieu en oubliant les autres et soi-même, c’est vivre une foi désincarnée et risquer de tomber dans le fanatisme ; s’aimer soi-même plus que tout, c’est un mal bien connu de notre société, celui de l’égoïsme facilité par l’argent et le pouvoir ; aimer les autres en oubliant Dieu et soi-même, c’est au contraire perdre le sens de nos vies et risquer de ne plus savoir qui nous sommes vraiment. Tourner sa vie vers Dieu en lui offrant un amour sans faille, en témoigner auprès de nos prochains, sans oublier celle ou celui que nous sommes vraiment, c’est grandir en vérité … pardon en sainteté ! Oui, nous sommes bien tous appelés à la sainteté, celle que Dieu a déjà placé en nous depuis qu’il nous a créés, tel un centre de gravité que Jésus nous invite à rechercher dès aujourd’hui. Bonne fête de la Toussaint à toutes et tous.

Björn DESMET