La lampe du jubilé

Cette lampe est comme un phare, dans lequel est conservée, comme en un tabernacle, la flamme du jubilé. C’est un heureux alliage d’acier-corten, de cuivre, de pierre de Jaumont et de verre. Le tout fait apparaître des piliers de notre cathédrale tels Saints Etienne, Clément, Arnould et Chrodegang entourant la flamme jubilaire. La forme générale reprend les hauteurs spécifiques et la silhouette élancée de la cathédrale visible sous de nombreux points : la hauteur de la tour de la Mutte, la tour du chapitre et le record de la hauteur des voûtes de Pierre Perrat ; ainsi trois élévations portent le regard vers le ciel (l’œuvre fera 3m10 de haut !)

La découpe et la composition de l’acier-corten est l’œuvre des ateliers Hugon de METZ-Vallières. L’atelier « Yvo-Vitro » de Terville a proposé une magnifique composition en verre pour protéger la flamme jubilaire.

Cette flamme jaillit d’une pierre de taille brute, symbole du martyre d’Etienne.

L’ensemble de la lampe est une base à 3 pans, symbole trinitaire.

Sur ces pans sont rappelés symboliquement les saints évêques :

  • Clément (son étole à deux pans qui servit à terrasser le Graoully)
  • Arnould (son anneau rejeté par le poisson)
  • et Chrodegang (avec la partition grégorienne, symbole de la réforme).

Comme une frise, le long du bord supérieur, est gravé sur 3 faces le nombre « 800 » répété tout autour de l’œuvre sans interruption.

Le fer est employé pour évoquer les diverses élévations de la cathédrale : la tour de la Mutte, la tour du Chapitre et la hauteur de la voûte, un des records des cathédrales de France. Le tout en 3 demi-silhouettes évidées se rejoignant au centre de l’œuvre.

Le verre rappelle le scintillement des vitraux des divers siècles

Ainsi, le thème « Disciples du Christ, missionnaires de sa lumière » se retrouve par l’agencement harmonieux des matériaux, différents et complémentaires, qui ont pour mission de porter la flamme jubilaire et d’inviter à la diffuser.

La forme de la flamme à 3 couronnes reprend le thème trinitaire.

Le feu est un symbole dans la foi chrétienne : feu de l’Esprit, flamme du cierge de Pâques, feu qui purifie, qui habite la terre, feu de l’Amour divin.

Les 3 flammes concentriques entourent élégamment la pierre centrale (martyre d’Etienne) d’où jaillira la flamme qui pourra servir à allumer d’autres luminaires dans la cathédrale.

La plus petite couronne, en verre fin et plomb, est le modèle proposé aux paroisses afin de créer un lien durant l’année jubilaire entre l’église-mère et les paroisses du diocèse. Dans ce petit luminaire, rappelant la grande lanterne de la cathédrale, on y insèrera aussi un lumignon qui perpétue et diffuse aussi la lumière jubilaire.

L’œuvre trouvera sa place à l’entrée de la cathédrale comme une invitation, un point de passage pour entrer dans le jubilé :

Entrer dans le lieu, dans le monument.

Entrer dans les âges et les événements passés.

Entrer dans un appel de Dieu, à suivre sa lumière.

Entrer dans l’invitation du Christ qui, par ses messagers (Etienne, Clément etc.), invite toutes les générations à annoncer les merveilles du Seigneur.

Dans l’ensemble, l’œuvre se regarde par les 3 côtés, où les évocations des arcades, des vitraux et des saints permettront de circuler et d’entrer dans une marche, un pèlerinage, une invitation à la prière, à la contemplation, à la gloire …

A l’issue de l’année jubilaire, il est prévu que l’œuvre devienne la lampe du sanctuaire dans la chapelle du Saint-Sacrement de notre cathédrale, heureuse réponse aux splendides vitraux de Jacques Villon (1957).

Loïc BONISOLI et Yves MENDES