Thionville : veillée témoignage et prière en solidarité avec le Liban

Vendredi 27 mars 2026, à l’initiative de la pastorale de l’établissement Saint-Pierre-Chanel à Thionville, une veillée de prière et de témoignages s’est organisée en solidarité avec le Liban et la venue prochaine d’une délégation de quelques collégiens de Beyrouth, dans le cadre d’un partenariat avec des élèves de Thionville.

Ce soir-là, une veillée de louange et de prière était proposée au Temple protestant de Thionville, avec le groupe de louange Anima collective.

Au cours de la soirée, le frère libanais des Écoles chrétiennes, le frère Louis Mdjali, a donné un témoignage sous la forme d’une méditation biblique à la suite de la lecture de l’évangile de Matthieu (Mt 14, 22) où Jésus et Pierre marchent sur l’eau.

Voici le témoignage d’espérance du frère Louis :

Chers amis,

Nous sommes aujourd’hui au cœur d’une tempête qui semble ne jamais finir. Pour les jeunes Libanais, le ciel ne gronde pas seulement de tonnerre, mais du fracas des bombes qui, depuis le 28 février, déchirent notre quotidien. Comme les disciples dans la barque de Matthieu 14, nous nous sentons « battus par les vagues« , car le vent est violemment contraire. Regardons les chiffres : plus d’un million de nos frères et sœurs libanais sont déplacés. Au collège Notre-Dame ou au collège du Sacré-Cœur, plus de 50 % des familles ont dû fuir leur foyer. Le bilan humain s’alourdit chaque jour, atteignant désormais plus de 1 000 morts adultes et une centaine d’enfants tués. Face à cette immensité, la tentation est grande de crier, comme les disciples : « C’est un fantôme !« , et de laisser la peur nous paralyser. Pourtant, au milieu de cette nuit, une voix nous dit : « Confiance ! C’est moi ; n’ayez plus peur !« 

Cette voix, c’est celle de l’espérance que nous portons à travers notre mission éducative. Le 10 mars dernier, nous avons réalisé un véritable exploit : la reprise des cours en présentiel au collège Saint-Pierre Baskinta, à Mont La Salle et dans d’autres établissements. Ce jour-là, sous un soleil qui brillait sur le Liban, nous avons vu la joie rayonnante des enfants de l’école Saint-Vincent-de-Paul retrouver leurs amis malgré les absences dues aux combats.

C’est là que notre projet avec le collège Saint-Pierre-Chanel prend tout son sens. Notre partenariat international, intitulé Tout est lié, est notre manière de descendre de la barque.

Nous croyons fermement que pour construire une paix durable, nous devons d’abord réduire les inégalités par l’éducation. Tout est lié : l’exclusion nourrit la tension, mais l’école lasallienne et catholique, en accueillant tous les élèves, brise ce cycle négatif. Certes, comme Pierre, il nous arrive de regarder “la force du vent” et d’avoir peur. Nous avons eu peur le 11 mars quand la chapelle de Mont La Salle a tremblé sous les bombes. Nous avons eu peur le 12 mars, sur la cour du Sacré-Cœur, en entendant les explosions à Bachoura, à peine 800 mètres plus loin. Nous avons eu peur ce 13 mars, quand un drone a frappé le quartier de Nabaa, tout près de l’école Saint-Vincent-de-Paul… et j’en passe. Mais chaque fois que nous commençons à enfoncer, la main de la solidarité nous saisit. Votre soutien, les messages reçus et ce projet d’échange, avec le lycée Saint-Pierre-Chanel, prévu pour mai 2026 sont cette main tendue. Ce voyage vers la France n’est pas une fuite, c’est une « expérience immersive de coexistence pacifique » pour nos jeunes qui refusent d’être les victimes du chaos.

Convaincre de garder espoir aujourd’hui au Liban n’est pas une illusion, c’est un combat. Voir nos élèves retrouver le chemin des classes au milieu de la violence renforce notre conviction la plus profonde : l’éducation est notre plus bel acte de résistance. Ne doutons pas. Le voyage scolaire de mai, les rencontres entre nos élèves et ceux de Saint-Pierre-Chanel, notre assemblée ce soir, tout cela prépare “l’autre rive”. Gardons l’espérance chevillée au corps. Car si la tempête est réelle, notre détermination à poursuivre la mission est plus forte encore. Ensemble, nous ne nous contentons pas de survivre ; nous apprenons à nos jeunes à marcher sur les eaux de l’incertitude pour construire, demain, un Liban et un monde de justice et de paix.

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