À Lourdes, Léon XIV appelle l’Église de France à un nouvel élan missionnaire
Dimanche 27 septembre, le pape Léon XIV a consacré une journée entière à Lourdes, au cœur du sanctuaire marial. De sa rencontre avec les évêques de France à la messe célébrée dans la Prairie, de son temps auprès des malades de l’Accueil Notre-Dame à sa rencontre privée avec les religieuses contemplatives, jusqu’au Rosaire et à la procession aux flambeaux, le Pape a placé cette étape sous le signe de Marie, de la conversion, de la dignité de toute personne et de l’espérance. Une journée qui a aussi constitué un temps privilégié de dialogue avec l’Église de France, avant la poursuite de son voyage à Metz.
Avec les évêques de France, le Pape appelle à un nouvel élan missionnaire

« Face aux défis immenses de notre époque, je vous exhorte, chers frères, à faire preuve de courage, d’audace et de créativité missionnaires. Ne vous laissez pas décourager par les erreurs, les incohérences ou même les chutes qui ont jalonné l’histoire de ce peuple en marche. Ayez toujours le courage de reconnaître les fautes dans l’amour de la Vérité, et la détermination à panser les blessures avec la charité du Bon Pasteur qui connaît ses brebis et les appelle chacune par leur nom. Levez-vous donc avec espérance, et ne vous lassez par d’annoncer l’Évangile ! »
Le pape Léon XIV a commencé sa journée dans l’hémicycle Sainte-Bernadette du sanctuaire de Notre-Dame de Lourdes, où il a rencontré les évêques de la Conférence des évêques de France. Dans ce lieu placé à quelques pas de la grotte de Massabielle, le Pape a d’abord rappelé la place particulière de Marie dans la vie de l’Église de France : « Il n’y a pas de meilleur moyen, en effet, pour aller à Jésus, que de passer par Marie. Tout en elle nous porte vers son Fils. »
Il a ensuite évoqué le lien ancien entre la France et la Vierge Marie : « Le culte de la Mère de Dieu s’y enracina si profondément que la France fut très tôt appelée le « Royaume de Marie ». Ce lien privilégié entre votre Nation et la Sainte Vierge s’exprima de manière singulière lorsque la France lui fut solennellement consacrée, le 10 février 1638 ». À partir de cet héritage, le Pape a appelé les évêques à ne pas céder au découragement face aux difficultés actuelles. Il les a au contraire invités à faire preuve de courage, d’audace et de créativité pour annoncer l’Évangile.
Mais son discours n’a pas éludé les difficultés rencontrées par l’Église en France : « Ayez toujours le courage de reconnaître les fautes dans l’amour de la Vérité, et la détermination à panser les blessures avec la charité du Bon Pasteur qui connaît ses brebis et les appelle chacune par leur nom». Le pape Léon XIV a également insisté sur la nécessité d’un nouvel élan missionnaire. Il a notamment résumé cette mission en une formule : « faire connaître et aimer Jésus-Christ, authentiquement, avec passion, encore et encore… »
Le Pape a également défendu la place de la parole de l’Église dans le débat public français. Il a rappelé que « même si elle n’est pas toujours entendue, elle y est attendue. » Le Saint-Père a ensuite évoqué la situation particulière de la laïcité française. Il a appelé les évêques à défendre la liberté de l’Église d’évangéliser, d’éduquer et de pratiquer publiquement le culte.
Léon XIV a également identifié dans la jeunesse et le développement du catéchuménat un signe d’espérance pour l’Église en France. Il a invité les évêques à accompagner cette dynamique par des communautés vivantes et une formation solide. « La jeunesse en particulier nourrit de grandes aspirations. Inquiète du monde qui lui est laissé, soucieuse de l’avenir, elle est prête à œuvrer courageusement et avec générosité à tout ce qui est beau, vrai et bon. » Il ajoute à propos du catéchuménat : « C’est une grâce et une joie pour tout le peuple de Dieu. Il est important que vous preniez soin d’accompagner cette grâce. »
Enfin, le Pape a insisté sur la nécessité de l’unité dans l’Église. Il a estimé que les divisions affaibliraient son témoignage et a appelé les catholiques de France à rassembler leurs forces autour de la mission. « L’Église en France est un petit troupeau qui doit rassembler ses forces pour la mission. Les divisions idéologiques rendraient vain son témoignage. »
> Pour aller plus loin : retrouvez le discours intégral du pape Léon XIV aux évêques de France sur le site du Saint-Siège.
À Lourdes, la messe placée sous le signe de la conversion

« Quel bonheur d’être ensemble, un seul cœur, une seule famille ! »
À 11 heures, Léon XIV a présidé la messe dans la Prairie du sanctuaire de Notre-Dame de Lourdes, devant les pèlerins venus de France et du monde entier. Dès le début de son homélie, il a présenté Lourdes comme un lieu où se manifeste l’universalité de l’Église : « En vous regardant ce matin, réunis dans la maison de notre Mère, je vois le visage universel de l’Église. »
Dans son homélie, Léon XIV a placé la conversion au centre du message de cette journée. Il a directement relié les lectures du dimanche au message associé aux apparitions de Lourdes : «un appel, tendre et pressant, à la conversion. » Pour le Pape, cette conversion n’est pas une démarche à remettre à plus tard. Elle appelle une réponse immédiate, un changement de chemin et un retour vers Dieu : « Se convertir, c’est quitter les chemins de l’errance pour s’engager sur la voie de la vie, en ouvrant notre cœur à la seule joie qui ne passe pas. »
Cette réflexion conduit également Léon XIV à parler de la vie éternelle. Il reprend à ce sujet une parole attribuée à la Vierge Marie lors des apparitions à Bernadette “Je ne te promets pas d’être heureuse en ce monde mais dans l’autre”. À Lourdes, cette réflexion sur la vie éternelle rejoint directement la présence des personnes malades et fragiles. Pour lui, Lourdes manifeste une conception de la personne humaine dans laquelle la fragilité n’est jamais une raison d’exclusion. « Lourdes est le lieu béni d’une profession de foi en la beauté et la sacralité de la vie », a affirmé le Pape.
Il a rappelé aux personnes malades que leur souffrance peut être vécue dans une démarche d’offrande et de prière. « En ce sens vous êtes vraiment au cœur de l’Église, et votre rôle est irremplaçable. » Son homélie s’est achevée par un envoi en mission. Les pèlerins ne doivent pas repartir de Lourdes comme ils y sont arrivés : « vous repartirez en missionnaires de l’espérance ! ». Le Pape précise ensuite : « Devenez dans vos pays, vos diocèses et vos familles, les témoins actifs de cette force et de cette tendresse divines qui nous permettent de continuer la route et d’atteindre le but. »
L’Angélus : prier pour la paix et la fin des guerres

Après la messe, Léon XIV a récité l’Angélus avec les fidèles réunis dans la Prairie. Depuis Lourdes, le Pape a lancé un appel particulier à la prière du Rosaire pendant le mois d’octobre.
Il a rappelé que c’est précisément à Lourdes que la Vierge Marie est apparue à sainte Bernadette avec le chapelet et qu’elle a, selon ses paroles, guidé sa prière. Le Pape a alors invité « tous les fidèles et toutes les communautés chrétiennes à prier le saint Rosaire au cours du mois d’octobre prochain ».
Cette prière devra être portée avec une intention particulière : la fin des guerres et l’établissement de la paix entre les peuples en conflit. Léon XIV a demandé d’y associer des « actes concrets de pénitence et de miséricorde, avec l’engagement de toujours favoriser le dialogue et la réconciliation. »
À l’Accueil Notre-Dame, auprès des malades et de ceux qui les accompagnent

« Et ici, Marie regarde chacun de nous comme une personne unique, ainsi qu’en témoigne sainte Bernadette lors des apparitions de la grotte. Ce regard maternel nous redit que personne n’est invisible aux yeux de Dieu. »
À 15h30, le Pape s’est rendu à l’Accueil Notre-Dame pour rencontrer les personnes malades ainsi que les hospitaliers et les personnes qui les accompagnent. Le lieu occupe une place particulière dans la vie du sanctuaire : depuis plus de 150 ans, Lourdes accueille des pèlerins venus confier à Jésus, par Marie, leurs souffrances physiques, psychologiques ou spirituelles.
Léon XIV a insisté sur le regard porté sur chaque personne. À Lourdes, a-t-il expliqué, la fragilité n’est pas cachée : elle devient « le lieu d’une rencontre sacrée ». Il a également rappelé que personne n’est invisible aux yeux de Dieu.
Il a remercié les médecins, infirmiers, brancardiers, aumôniers, hospitaliers et équipes pastorales qui accompagnent les personnes souffrantes. Leur mission, a-t-il rappelé, consiste à servir la personne dans toutes ses dimensions et à prendre soin de sa dignité. « Ici, à Lourdes, cité des malades et de l’espérance, j’appelle toute la communauté des soignants à se souvenir du sens profond de sa vocation : veiller sur la personne souffrante et non pas la supprimer. […] Je vous invite d’une part à développer sans relâche les structures de soins palliatifs et de recherche ; d’autre part à accompagner avec tendresse les malades. »
S’adressant directement aux malades, le Pape a voulu redire leur place au sein de l’Église : « vous n’êtes pas un poids, vous êtes le cœur battant de notre humanité et un trésor précieux pour l’Église. »
Dans l’Accueil Notre-Dame, Léon XIV a aussi rencontré les associations et les personnes engagées dans l’accueil des personnes en situation de précarité ou de fragilité. Il les a remerciées pour leur service et les a encouragées à transmettre notamment aux jeunes la joie du don de soi.
Le Pape a enfin remercié ceux qui font vivre l’accueil des malades et des personnes en situation de fragilité. Il a présenté leur service comme une véritable mission auprès de ceux qui viennent à Lourdes : « Le premier miracle de Lourdes n’est-il pas, pour elles, de vous avoir rencontrés, avoir fait l’expérience de votre générosité, de votre dévouement, de votre proximité ? Le témoignage de foi et d’amour que vous leur donnez est irremplaçable dans leur parcours spirituel. »
Au Carmel de Lourdes, une rencontre avec les religieuses contemplatives

À 16h45, le Pape s’est rendu au monastère du Carmel de Lourdes pour une rencontre privée avec les religieuses. Cette étape s’inscrit dans une journée où Léon XIV a accordé une place importante à la prière, à la vie consacrée et à ceux qui portent dans la prière les intentions de l’Église et du monde.
Le Rosaire et la procession aux flambeaux

« Je rends grâce au Seigneur de pouvoir, à mon tour, répondre ce soir à l’appel de notre Mère en me faisant pèlerin parmi les pèlerins. »
La journée s’est achevée à 21 heures par la prière du Saint Rosaire et la procession aux flambeaux. Au milieu des pèlerins, Léon XIV a voulu lui-même se faire pèlerin : « Je rends grâce au Seigneur de pouvoir, à mon tour, répondre ce soir à l’appel de notre Mère en me faisant pèlerin parmi les pèlerins. »
Dans la lumière des cierges, le Pape a médité sur l’espérance qui accompagne les chrétiens au milieu des épreuves : « Cette lumière qui nous guide et nous attire, c’est celle de l’espérance qui ne nous quitte jamais alors même que nous pérégrinons en cette vie, souvent traversée d’épreuves mais déjà habitée de la joie de se savoir enfants de Dieu, aimés et sauvés par Jésus. ». Il a particulièrement associé cette procession aux malades, qu’il a présentés comme des témoins privilégiés de la transformation de l’existence par la foi et l’amour de Dieu.
La procession a également permis au pape Léon XIV de revenir sur le mystère de l’Immaculée Conception et sur la place de Marie dans le chemin chrétien. Il a invité les pèlerins à lui confier leurs intentions les plus chères et les plus pressantes.
En conclusion de cette journée à Lourdes, le Pape a adressé une prière à la Vierge : « Ô Vierge Immaculée, que cette lumière que nous tenons ce soir ne s’éteigne jamais dans nos vies, mais qu’elle illumine l’avenir, nous ouvrant dès aujourd’hui aux promesses de la vie éternelle. »
Après cette journée entièrement consacrée à Lourdes, à Marie, aux malades, aux évêques de France et à la prière, le voyage apostolique de Léon XIV se poursuit lundi 28 septembre à Metz. Le Pape y rencontrera notamment les représentants des différentes religions, participera à une rencontre sur les racines de l’Europe et présidera la messe à la cathédrale Saint-Étienne, avant son retour à Rome.