À Metz, l’engagement des chrétiens au service de la paix et de l’Europe
TRIBUNE
Dans un contexte international marqué par la montée des tensions, les fractures sociales et les défis environnementaux, la visite du Pape Léon XIV à Metz fera date par sa symbolique et le contenu des messages attendus, dans les pas de Robert Schuman, un des pères de l’Europe, avec Jean Monnet, frère de Marie Louise Monnet, fondatrice de l’ACI. Ainsi les moments forts de cette visite à Metz, une rencontre avec les représentants nationaux des principaux cultes en France, puis un discours attendu sur les racines chrétiennes de la Paix en Europe, associée à la réconciliation historique entre la France et l’Allemagne. Schuman est né allemand en 1886, est devenu français en 1919, puis président de l’assemblée parlementaire européenne (1958-1960).
Pour l’ACI, (Action catholique des Milieux Indépendants), la paix(1) est le fruit d’un travail de vérité et de justice qui nécessite de creuser les racines d’un conflit pour bâtir un cadre centré sur le bien commun comme cela a été fait lors du processus de réconciliation entre l’Allemagne et la France. De par cette expérience, l’Europe doit pouvoir jouer pleinement un rôle dans les relations internationales aujourd’hui pour contribuer à la Paix dans le monde, au regard du projet des pères de l’Europe.
C’est un véritable défi aujourd’hui quand le droit s’effrite, quand s’élargit le doute sur les institutions internationales au profit du retour de la loi du plus fort.
Dans la suite de « Magnifica Humanitas », première encyclique du pape Léon XIV, parue en mai 2026, il nous faut chercher à désarmer les mots, là où les réseaux sociaux et les informations en continu poussent à durcir les confrontations au détriment d’un débat politique pacifié, base de notre démocratie.
La paix se joue également dans les entreprises, comme l’a montré le tournant de la désindustrialisation en Lorraine, face à la mondialisation et à l’ouverture du capital à des actionnaires sans visages.
L’entreprise aujourd’hui a besoin de valeurs repères, de règles solides, de pratiques robustes et de partenaires sociaux responsables, pour construire un dialogue apaisé face aux enjeux actuels de la compétitivité, exacerbés par l’IA et la guerre à nos portes.
La paix se joue dans les familles où les différences de culture et de convictions renforcent la nécessité de s’ajuster à l’autre.
Reprenant les mots de Kofi Annan face à l’affaiblissement de l’ONU : « c’est la société civile qui peut faire le travail », des acteurs souvent discrets, mais essentiels, des chrétiens, en particulier des laïcs, s’engageant dans la vie publique.
Loin de toute logique de retrait, cet engagement s’exprime au coeur de la société, dans des initiatives concrètes en faveur de la dignité humaine, de la solidarité et de la cohésion sociale. Elles s’exercent plus particulièrement dans l’accueil des migrants.(2) Les modalités de leur engagement auprès de ces personnes migrantes porte sur leur quotidien mais aussi au niveau du Conseil de l’Europe, dans des interventions de l’ACI et du MIAMSI(3) ou dans les actions du Centre Catholique International de Coopération à l’UNESCO (CCIC) qui fera l’objet d’une visite du Pape. En termes d’expérimentation sur l’accompagnement des personnes exilées, citons la Maison Bakhita co-fondée par un membre de l’ACI d’Ile de France. Elle fera l’objet d’une rencontre inattendue dans ce voyage en France du pape.
Tout cela n’est pas sans lien avec le choix du type de société que nous défendons en tant que citoyen. Ces rencontres transforment nos regards : elles mettent en lumière la complexité des politiques à mettre en oeuvre.
Chrétiens engagés dans le monde, les membres de l’ACI se positionnent bien loin d’une instrumentalisation des positions en particulier religieuses, sur les racines chrétiennes de l’Europe et d’une diabolisation des étrangers. Nous constatons une distorsion entre les acteurs de terrain et l’espace médiatique alors qu’au plus près des réalités, des solutions innovantes sont expérimentées. Des dynamiques civiques fortes existent, porteuses d’une nouvelle gouvernance nationale. Elles permettront de réduire l’inadéquation grandissante entre le fonctionnement des institutions politiques et les attentes réelles de nos concitoyens.
Dès à présent, à quelques mois des élections présidentielles(4), l’ACI souligne la nécessité de retrouver les véritables bases de notre démocratie sociale, de favoriser les lieux de discussion apaisés, de construire le débat politique non sur des peurs, mais sur une espérance collective en associant la majorité de nos concitoyens.
Qu’est-ce que l’ACI ?
L’ACI est un mouvement d’action catholique de 6000 membres répartis dans toute la France participant à des dynamiques territoriales variées dans la société et dans l’Église. Des personnes en ACI sont engagées dans la construction de solidarités sur le plan local, national et international, en particulier auprès des migrants.
Lors des précédentes élections municipales, elle a déjà pris la parole. Elle a aussi organisé plus d’une vingtaine de débats publics sur les enjeux des élections européennes.
Paris, le 24 septembre 2026
DE PASQUALE Jean-Robert
Président ACI France
1 https://www.acifrance.com/cloture-de-lue-2026-parole-pour-la-paix/
2 https://www.acifrance.com/des-femmes-et-des-hommes-sengagent-aupres-des-personnes-migrantes/
3 MIAMSI : mouvement international des ACI
4 https://www.acifrance.com/parole-publique-redonnons-le-gout-du-debat-public-de-qualite/