De Paris à Lourdes, le pape Léon XIV au cœur de l’Église de France
Samedi 26 septembre, le pape Léon XIV a poursuivi son voyage en France. De la Maison Bakhita, où il a rencontré des personnes en situation d’exil, aux catéchumènes et néophytes réunis à l’Institut catholique, jusqu’à la grande messe célébrée place de la Concorde, la journée parisienne a été marquée par l’accueil, la foi et la mission. Elle s’est achevée à Lourdes, devant la grotte de Massabielle, dans un temps de prière pour la France et son Église.
À la Maison Bakhita, une Église qui accueille

« Frères et soeurs, l’intuition la plus importante qui inspire votre engagement concerne l’échange de dons qui se renouvelle à chaque rencontre. Personne n’est si pauvre qu’il n’ait rien à donner ; personne n’est si riche qu’il n’ait rien à recevoir. »
À 9 heures, Léon XIV a commencé sa journée à la Maison Bakhita, dans le XVIIIe arrondissement de Paris. Ce centre d’accompagnement et d’intégration sociale, porté par l’archidiocèse de Paris, accueille et accompagne notamment des personnes en situation d’exil. Dans son discours, le Saint-Père a immédiatement donné le sens de sa présence : « Je suis heureux de commencer avec vous cette deuxième journée à Paris dans une maison qui témoigne à toute la ville qu’il est possible de se rencontrer et de vivre ensemble dans la dignité et la paix. »
Le nom de la Maison Bakhita a conduit le Pape à évoquer sainte Joséphine Bakhita et, à travers elle, la place des femmes dans la construction d’une société différente : « Le nom de votre Centre […] nous incite à reconnaître le rôle fondamental des femmes dans la construction d’une civilisation de l’amour, comme alternative à la culture qui désagrège les communautés et rend les villes malades de solitude. » Il a parlé de celles et ceux qui ne cherchent pas à « vaincre en s’imposant et en occupant l’espace », mais qui « font de la place », instaurent des processus de paix, suscitent la confiance et encouragent la vie. Pour Léon XIV, sainte Bakhita invite ainsi à regarder ceux qui restent invisibles et à reconnaître leur dignité. Il a ensuite repris les termes de son exhortation apostolique Dilexi te « La réalité est que, pour les chrétiens, les pauvres ne sont pas une catégorie sociologique, mais la chair même du Christ. », avant de rappeler que la rencontre avec les personnes pauvres et fragiles touche directement au mystère de l’Incarnation.
Enfin, le pape Léon XIV a insisté sur ce que chacun peut recevoir et donner dans une véritable rencontre, tout en remerciant tous ceux qui, à Paris comme dans d’autres lieux en France, s’engagent dans l’accueil, la formation et le dialogue : « Continuez à témoigner de cette attention mutuelle qui, à travers l’accueil fraternel, les parcours de formation et le dialogue avec la ville, élève l’esprit et humanise le monde. Que sainte Bakhita et les grands témoins de la charité qui ont façonné la présence de l’Église en France, en particulier lors des périodes de changements tumultueux, intercèdent en votre faveur.»
> Pour aller plus loin : découvrez le discours intégral du Pape à la Maison Bakhita.
Les catéchumènes au cœur de la rencontre à l’Institut catholique
« Je suis émerveillé par le nombre de personnes qui se présentent aujourd’hui sur le seuil de la foi »

Quelques heures plus tard, le Pape s’est rendu à l’Institut catholique de Paris pour rencontrer les membres de l’Assemblée synodale provinciale, mais aussi des catéchumènes et des néophytes. Une rencontre particulièrement significative pour l’Église de France, alors que de nombreux adultes demandent aujourd’hui à recevoir le baptême.
Léon XIV s’est dit frappé par le nombre de personnes qui demandent les sacrements de l’initiation chrétienne : « Je suis émerveillé par le nombre de personnes qui se présentent aujourd’hui sur le seuil de la foi. ». Dans une société française qu’il décrit lui-même comme « marquée par une culture fortement sécularisée », il voit dans ces parcours un signe de l’action de la grâce de Dieu qui dépasse les seules analyses statistiques ou sociologiques.
Le Pape a notamment invité l’Église de France à se penser comme une Église « en état d’initiation ». Il ne s’agit pas seulement de préparer au baptême, mais d’accompagner les catéchumènes, des néophytes et ceux qui recommencent leur cheminement « en leur offrant, sur le temps, un solide soutien ».
Le pape a enfin confié une responsabilité missionnaire aux catéchumènes et néophytes : « je ne vois pas seulement le fruit de l’Esprit qui vous a mis en chemin, mais aussi une promesse de fécondité pour l’Église en France. À votre tour, soyez des missionnaires de l’Évangile dans cette société ! »
À lire également : Vatican News propose un retour détaillé sur cette rencontre à l’Institut catholique de Paris.
La messe de la Concorde

« Vous avez soif de Dieu, de vie, de vérité, d’unité, de paix, de communion, de bonheur »
À 15 heures, près de 700 000 fidèles se sont retrouvés place de la Concorde et le long des Champs-Élysées pour participer à la messe présidée par Léon XIV. Dans son homélie, le pape Léon XIV est parti de l’Évangile du jour : « Si quelqu’un a soif, qu’il vienne à moi, et qu’il boive » (Jn 7, 37). À partir de cette image, le Pape a développé une réflexion sur les aspirations profondes de l’homme : « Abreuvez-vous, à votre tour, à cette source qu’est le Cœur de Jésus transpercé. Oui, vous avez soif de Dieu, de vie, de vérité, d’unité, de paix, de communion, de bonheur ».
Le pape a invité les fidèles à s’interroger sur ce qu’ils recherchent réellement dans leur existence. Il a distingué les satisfactions immédiates et les biens matériels de cette soif plus profonde qui, selon lui, trouve sa réponse dans la rencontre avec le Christ. « L’être humain est fondamentalement un être de désir et seul Dieu peut combler le vide intérieur », a-t-il déclaré.
Cette réflexion a ensuite conduit Léon XIV à insister sur le regard porté par le Christ sur chaque personne : « Jésus révèle l’amour inconditionnel de Dieu pour nous. Pour Lui, aucun de nous n’est un numéro sur une carte d’identité, ni un matricule, mais une personne, une personne unique et irremplaçable. »
Devant cette foule rassemblée à Paris, le Pape a également adressé un appel à ne pas garder la foi pour soi. « Ne gardez pas cette foi en Jésus-Christ pour vous-mêmes, mais laissez-la déborder pour abreuver et combler les personnes que vous rencontrez. Il vous revient d’apporter l’espérance là où règnent le découragement et la sécheresse spirituelle », a-t-il affirmé. Il a alors évoqué les familles, les jeunes, les catéchumènes et les néophytes, avant d’invoquer le don de l’Esprit Saint pour qu’ils deviennent des témoins et contribuent à répandre « la civilisation de l’amour ».
> Retrouvez l’intégralité de la messe diffusée par KTO
À Lourdes, le pape confie la France à Marie
« Obtiens pour son peuple le don de la concorde fraternelle »
En fin d’après-midi, Léon XIV a quitté Paris pour rejoindre Lourdes. Après son arrivée dans les Hautes-Pyrénées, il s’est rendu directement au sanctuaire pour un temps de prière à la grotte de Massabielle.
À son arrivée au sanctuaire, le rythme de la journée a changé. Après les rencontres et la célébration parisiennes, Léon XIV s’est placé dans le silence de la grotte, entouré de pèlerins venus de nombreux horizons. Dans la prière adressée à Notre-Dame de Lourdes, Léon XIV a confié la France à la Vierge Marie. Il lui a notamment demandé : « Obtiens pour son peuple le don de la concorde fraternelle. Qu’il construise une société harmonieuse, bannissant toute violence et toute haine, permettant à chacun de travailler, de fonder sa famille et d’accomplir sa vie jusqu’au bout dans la tranquillité et la sérénité. Que les plus malheureux et les plus pauvres soient toujours soutenus. Obtiens pour la France des dirigeants sages et généreux, prêts au sacrifice d’eux-mêmes, capables d’affronter les défis et voulant servir le bien commun. Qu’ils la gardent en paix dans le concert des nations. Qu’ils fassent entendre sa voix pour promouvoir la défense des droits humains fondamentaux, ainsi que la paix dans le monde, rejetant à jamais les logiques de guerre. »
La prière s’est ensuite élargie à la mission de l’Église en France. Léon XIV a demandé à Notre-Dame de renouveler « la foi et la ferveur des familles chrétiennes » et de donner à l’Église la capacité d’indiquer aux jeunes « la voie lumineuse de l’Évangile pour édifier la société juste et fraternelle à laquelle ils aspirent ». Enfin, le pape a confié à Marie les personnes malades et souffrantes ainsi que tous ceux qui les accompagnent. Cette intention prend une résonance particulière à Lourdes, lieu de pèlerinage où tant de personnes viennent chercher la consolation, la force et l’espérance.
Pour cette étape mariale : Vatican News revient sur l’arrivée du pape à Lourdes et sa prière à la grotte.

Le voyage se poursuit dimanche 27 septembre à Lourdes, avant l’arrivée du pape Léon XIV en Moselle lundi 28 septembre.