Une première journée en France placée sous le signe du dialogue et de l’espérance
Arrivé en France vendredi 25 septembre, le pape Léon XIV a vécu une première journée particulièrement dense à Paris. De l’Élysée au Stade de France, en passant par l’UNESCO et Notre-Dame, le Saint-Père a rencontré les responsables politiques, les acteurs de la société civile, l’Église de France et des milliers de jeunes. Une journée traversée par un même appel : mettre la personne humaine au cœur des choix de notre temps et travailler à la paix.
À l’Élysée : dignité humaine, laïcité et paix

«Que votre liberté grandisse sans cesse dans le souci du bien commun. Que votre fraternité embrasse l’humanité toute entière. Et que l’égalité à laquelle vous aspirez s’établisse toujours sur les fondements de la justice et de la charité, sans supprimer les différences entre les personnes, mais en les faisant fructifier harmonieusement au profit de la société tout entière».
Après son arrivée à l’aéroport de Paris-Orly, le pape Léon XIV s’est rendu au palais de l’Élysée, où il a été reçu par le président de la République Emmanuel Macron. Pour sa première prise de parole en France, devant les autorités françaises et le corps diplomatique, le Pape a consacré une grande part de son discours à la place de l’humanité dans la société. Le Pape a évoqué les racines chrétiennes de la France, son histoire culturelle et intellectuelle, mais aussi sa devise républicaine : liberté, égalité, fraternité. Il a souligné combien ces valeurs peuvent, selon lui, rejoindre les exigences de la dignité humaine et du message évangélique.
Le Pape a notamment développé sa réflexion sur l’intelligence artificielle. Face aux transformations technologiques, il a appelé à replacer la personne humaine au centre du discernement. « Pour ne pas perdre notre humanité au milieu du « paradis de machines » qui envahissent et conditionnent notre quotidien, il est urgent de former les esprits à un discernement éthique, capable de voir ce qui est moralement bon. »
Dans ce même discours, le pape Léon XIV a également évoqué la laïcité et la place des convictions religieuses dans la société française. Il a défendu une conception fondée sur le dialogue et la recherche du bien commun : « Une juste laïcité ne consiste donc pas à exclure la religion de l’espace public ou de l’éducation, mais à travailler pour que l’État et les institutions religieuses dialoguent ensemble et unissent leurs forces au service du bien commun ».
La défense de la vie et de la dignité de toute personne a également occupé une place importante dans son intervention. Évoquant plusieurs questions bioéthiques, le Pape a réaffirmé avec force la responsabilité de la société à l’égard des plus fragiles : « la protection du droit à la vie constitue le fondement incontournable de tout autre droit humain».
Enfin, le Saint-Père a consacré la dernière partie de son discours à la guerre, au désarmement et au rôle de la France dans la recherche de la paix. « Je vous exhorte donc à ne jamais vous résigner à la perspective d’une guerre en la considérant comme « inévitable », mais à promouvoir sans relâche le dialogue et la diplomatie », a-t-il déclaré.
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À l’UNESCO : éducation, culture et paix
« Les êtres humains ne peuvent vivre sans sens. Le sens est l’oxygène de l’esprit »

Quelques heures plus tard, le Saint-Père s’est rendu au siège de l’UNESCO. Devant les représentants des États membres, des organisations internationales, des universitaires et des membres de la société civile, il a développé une réflexion sur l’éducation, la science et la culture. Le Pape a rappelé la vocation de l’UNESCO à favoriser la coopération entre les peuples et a insisté sur la nécessité de « Construire ensemble un monde juste ».
En s’adressant aux représentants des États membres de l’UNESCO, Léon XIV a repris les mots du préambule de l’Acte constitutif de l’organisation, adopté en 1945 au lendemain de la Seconde Guerre mondiale : « Que, les guerres prenant naissance dans l’esprit des hommes, c’est dans l’esprit des hommes que doivent être élevées les défenses de la paix ».
Pour le Pape, cette formule conserve toute son actualité. Il a rappelé que les fondateurs de l’UNESCO avaient compris, après les violences de la Seconde Guerre mondiale, que les progrès scientifiques ne suffisent pas à garantir la paix lorsqu’ils ne sont pas accompagnés de sagesse, que la culture peut être détournée par l’idéologie et que l’éducation peut elle aussi devenir un instrument de manipulation lorsqu’elle abandonne la recherche de la vérité. Il a notamment souligné que l’éducation ne pouvait se limiter à transmettre des connaissances : « aucune éducation n’est complète si elle ne parle pas de la question du sens ».
Léon XIV a ainsi souligné que les traités et les accords internationaux sont nécessaires, mais qu’ils ne suffisent pas à eux seuls. Ils doivent être soutenus par une véritable culture de la paix et par un engagement commun. Dans son discours, il l’a formulé ainsi : « La paix ne peut être construite seulement par des traités, ni par des compromis entre des forces opposées. » Pour le Pape, la paix véritable repose également sur la justice et sur une volonté capable de reconnaître dans l’autre « un frère ou une sœur, une personne comme soi-même ».
> Retrouver le compte rendu détaillé du discours à l’UNESCO sur Vatican News, ainsi que l’article sur le site officiel de la venue du Pape en France
Dans les rues de Paris, puis à Notre-Dame

« Ensemble nous serons la prophétie qu’un monde réconcilié est possible. »
La journée s’est poursuivie par une déambulation en papamobile dans les rues de Paris. Du quartier de Notre-Dame-des-Champs jusqu’à la place Saint-Michel, le Pape a pu rencontrer les fidèles venus à sa rencontre.
En fin d’après-midi, il a rejoint la cathédrale Notre-Dame pour célébrer les vêpres avec les évêques, prêtres, diacres, consacrés et séminaristes. En prenant appui sur l’histoire récente de Notre-Dame, restaurée après l’incendie de 2019, Léon XIV a invité l’Église de France à ne pas seulement conserver un héritage, mais à le faire vivre avec créativité et audace. « Faites donc passer la communion avec le Successeur de Pierre et avec l’Église avant vos sensibilités personnelles, afin de cultiver l’unité du peuple de Dieu. », a-t-il demandé.
Le Pape a également insisté sur la vie intérieure des prêtres et des personnes consacrées. Leur mission, a-t-il rappelé, ne peut être séparée de leur relation personnelle avec le Seigneur : « Votre mission découle avant tout de cette relation intime avec le Seigneur qui vous attend ». Cette invitation à l’unité et à la mission rejoint la vocation de toute l’Église : être une présence proche, vivante et tournée vers l’avenir. Aux membres du clergé, le pape Léon XIV a ainsi ajouté: « vous êtes appelés à être les premiers gardiens de cette maison ouverte, les pierres vivantes d’une Église qui espère et qui ne craint pas l’avenir ».
> Lire le compte rendu des vêpres à Notre-Dame sur Vatican News, ainsi que l’homélie du Pape sur le site officiel de la venue du Pape en France
80 000 jeunes au Stade de France

La journée s’est achevée au Stade de France, où environ 80 000 jeunes se sont retrouvés pour une grande veillée de prière avec le Pape. Après les témoignages et les chants, plusieurs grandes figures de la sainteté française ont été présentées, rappelant aux jeunes que la foi chrétienne s’inscrit aussi dans une histoire faite de vocations, de témoignages et de vies données.
Dans son intervention, Léon XIV a proposé aux jeunes trois verbes : « évite, tends et combats ». Éviter ce qui éloigne du bien, tendre vers la justice, la foi et la charité, et combattre pour vivre selon l’Évangile. Mais le Pape a immédiatement précisé le sens de ce combat chrétien. Il ne s’agit pas de combattre les autres, ni de répondre à la violence par la violence : « Notre seule arme est celle de l’amour qui se donne ».
La soirée s’est achevée sur une invitation adressée directement aux jeunes : « Choisissons ensemble les vertus que nous devons développer pour suivre le Seigneur ». Une manière pour Léon XIV de les inviter non seulement à écouter, mais à prendre eux-mêmes part à la mission de l’Église.
> Lire le compte rendu complet de la veillée sur Vatican News, ainsi que l’allocution du Saint-Père aux jeunes
Cette première journée parisienne aura ainsi fait entendre une même invitation : dialoguer, prendre soin de la dignité de chaque personne et construire la paix. Après Paris, le voyage apostolique se poursuit ce samedi avant de conduire Léon XIV à Lourdes puis à Metz lundi 28 septembre.