Journée de formation des équipes funérailles

Mardi 28 avril 2026, soixante-quatre personnes des équipes funérailles du diocèse se sont retrouvées dans le cadre de leur formation continue sur le thème : Comment aborder une famille qui vient de perdre un enfant ? Cette formation était présentée par le chanoine Sébastien Klam.

Lorsque l’on aborde la question du deuil d’un enfant, le sujet est vaste. En effet, il peut s’agir d’accueillir un enfant décédé en période prénatale, périnatale, en âge scolaire, un adolescent, un enfant adulte, un enfant de parents séniors.

Une réflexion en petits groupes a été menée autour de deux textes : Le deuil de l’enfant de Christophe Fauré (psychiatre) et Perdre un enfant dans le vieil âge de Véronique Cayado (docteure en psychologie). La communication entre le père et la mère endeuillés est difficile. Un lien spécifique et unique avec l’enfant disparu génère des difficultés de communication, donc un vécu du deuil différent pour chacun. Pour les parents, ce drame inflige un énorme stress et aboutit parfois à leur séparation. Chacun doit porter son deuil, mais aussi celui de son/sa partenaire, du coup, les souffrances sont en miroir l’une de l’autre. Dans cette épreuve, « on est ensemble, pourtant on est seul« . Cela ne signifie pas que la relation entre parents va mal mais que l’amour qui existe entre chaque partenaire est comme un pont entre deux rives de leurs solitudes respectives. Les deux rives du fleuve ne peuvent pas se rejoindre, mais ce pont d’amour est ce qui permet de rester en lien l’un avec l’autre.

Peu importe l’âge de l’enfant décédé, un enfant reste toujours l’enfant de ses parents. Perdre un enfant, c’est vivre une rupture profondément injuste qui bouleverse l’ordre naturel de la vie et marque ceux qui restent à tout jamais. Le processus de deuil d’un enfant adulte pousse souvent le parent à l’isolement, il n’y a plus de sentiment d’attache, on a l’impression de ne plus pouvoir compter sur quelqu’un. L’enfant adulte qui décède représente généralement le décès de l’aidant, il s’agit alors de réapprendre à vivre autrement avec cette absence. Il est bon de pouvoir partager son expérience avec d’autres, de trouver un espace de parole comme le “café deuil” proposé dans certaines communautés de paroisses du diocèse.

Face à la mort d’un enfant, Jésus nous livre un rite : par sa Parole, ses gestes, ses sentiments, il met en place un rite de l’ordre de la foi, un rite de passage. Il laisse entrevoir un Dieu qui n’est pas étranger à nos souffrances, qui porte la misère du cœur de l’homme, « Dieu Emmanuel avec nous« . L’Église invite les personnes endeuillées à revisiter la Bonne Nouvelle de l’Évangile, elle aide à briser la solitude, elle est une communauté accueillante, elle accompagne, aime, sans juger, ni condamner.

Notre mission en équipe funérailles est de proposer un accueil continu et sur un long terme aux personnes endeuillées. C’est aussi de les aider à se rappeler la force de l’amour qui demeure, la beauté de ce qui a été vécu et que leur mémoire est pleine d’amour de leur enfant. Prenons humblement un chemin avec eux pour éveiller en chacun un lendemain possible.

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