Le SDCCER au Chantier de la catéchèse et du catéchuménat

Les 26 et 27 mars 2026, plusieurs membres du Service diocésain de la Catéchèse, du Catéchuménat et de l’Enseignement religieux (SDCCER) ont participé au Chantier de la catéchèse et du catéchuménat, à l’abbaye d’Autrey (Vosges), sur le thème Le mal, on en parle ?

C’est au cœur de la Province ecclésiastique de Besançon, à Autrey, que les frères et sœurs de la communauté des Béatitudes ont accueilli le chantier annuel de la catéchèse et du catéchuménat. Ainsi, 85 participants (prêtres, laïcs en mission ecclésiale, catéchistes) se sont retrouvés pour deux jours de réflexion sur le thème du mal. Trois intervenants se sont succédé au cours de ces journées.

Le mal dans la Bible

L’abbé Olivier Bourion, du diocèse de Saint-Dié, a été le premier à intervenir sur le thème Le mal dans la Bible, la manière dont Jésus se positionne. Il a tout d’abord présenté comment Jésus refuse les fausses explications du mal. Celui-ci ne vient pas de Dieu puisqu’il peut arriver à tout le monde, même à des innocents. Le mal est un mystère n’ayant pas toujours de cause. Jésus agit, combat le mal mais il ne le justifie pas et ne le produit pas. Le père Bourion a ensuite développé comment Jésus affronte le mal, lui qui est saisi de compassion (il aime, il pleure). Jésus s’arrête, entre en dialogue, touche, prends le temps et laisse les malheureux venir à lui. Il guérit tant extérieurement qu’intérieurement. Les miracles de Jésus réinstaurent une relation avec les autres, avec Dieu. Par sa crucifixion, Jésus traverse et renverse le mal. Ce geste d’amour répare et ouvre une espérance. Ainsi le père Bourion conseille de ne pas fuir les questions du mal mais plutôt de nommer le réel, la souffrance, la peur. Il invite à être présent même dans le silence et il invite à la rencontre avec le Christ, parce que le salut c’est quelqu’un, le Christ vivant, ressuscité.

Définition du mal et combat spirituel

L’après-midi, l’abbé Jean-François Mertz, vicaire général de Metz, a enchaîné deux sujets : Le mal d’un point de vue théologique et Le combat spirituel : la réponse au mal. Il a insisté sur la nécessité de différencier le mal subi (malheurs : maladie, tempête…) et le mal commis (fautes : vol, meurtre…). Ces deux formes ne s’opposent pas et il n’y a pas toujours de lien entre la faute et le malheur même si, parfois, le mal (faute) peut devenir source de malheur. En théologie, le mal se comprend comme une privation de bien. Le mal a besoin du bien pour exister. Le mal demeure du fait de l’existence de l’homme. L’objectif du mal est d’éloigner Dieu de tout un chacun. Mais par respect de notre dignité, Dieu nous permet d’être collaborateurs du bien qui nous arrive. Ainsi, le combat spirituel propre à chacun est de permettre à l’Esprit de Dieu d’occuper toute la place en lui jusqu’à en faire disparaître l’esprit du mal. Combattre le mal nécessite de cultiver la vie de la grâce, par la prière personnelle, communautaire. En effet, le combat ne peut être remporté sans Dieu avec notre collaboration.

Partages et échanges

Après avoir reçu tant d’enseignements, les participants ont pris plaisir à se retrouver autour d’un apéritif dînatoire participatif où ils ont pu échanger librement sur ce qu’ils ont entendu tout au long de cette journée. Puis ils ont visionné le reportage de KTO TV Lumière sur l’occultisme, suivi d’un temps de questions/réponses improvisé avec l’abbé Philippe Gauer, prêtre exorciste du diocèse de Nancy.

Enjeux pastoraux et les rites d’exorcismes dans le RICA

Pour cette seconde journée de chantier ce fut au tour du père Xavier Garban, prêtre exorciste du diocèse de Saint-Dié, d’intervenir par deux fois au cours de la matinée. Sa première intervention — Quels sont les enjeux pastoraux et comment accompagner ? — alertait les accompagnateurs et catéchistes sur la nécessité de tenter de discerner les symptômes relevant d’une pathologie de ceux de l’œuvre du malin, avec l’aide d’un exorciste et de son équipe. Le mal exploite les failles de chacun pour l’écarter de Dieu. Cependant, ce dernier n’empêche pas les tentations des démons et ne permet pas que nous soyons tentés au-delà de nos forces. les tentations du mal peuvent parfois devenir un stimulant pour se rapprocher de Dieu. C’est pourquoi la prière est indispensable.

La seconde intervention présentait Les rites d’exorcisme dans le RICA. Toute personne ne bénéficiant pas de la grâce de Dieu est plus faible et a besoin d’être protégée. C’est pourquoi le Rituel d’initiation chrétienne des adultes (RICA) propose plusieurs prières ou rites d’exorcisme tout au long du cheminement des catéchumènes. Dès l’entrée en catéchuménat, les appelés sont invités à renoncer aux cultes païens, à tout ce qui peut avoir partie liée au monde des ténèbres et le prêtre fait appel à la protection de Dieu pour eux. Au cours du temps du catéchuménat, divers exorcismes mineurs peuvent être célébrés hors de l’assemblée dominicale, afin de renforcer la conversion et faire grandir la foi. De l’appel décisif au baptême (temps de l’illumination et de la purification), les catéchumènes vivent des grands exorcismes lors des trois scrutins vécus les troisième, quatrième et cinquième dimanche de carême. Lors de leur baptême, il n’y a pas d’exorcisme mais une renonciation au mal prononcée par les catéchumènes. La fonction de ces différents exorcismes peut être curative (nettoyer du mal) ou préventive (préserver du mal).

Entre les différents moments de travail, les personnes présentes ont pu partager des temps de prières et de repas avec les frères et sœurs de la communauté. Les participants sont repartis conscients de l’importance d’être attentifs à ce qui se cache derrière les questions, les pourquoi qui leur sont posés par les personnes rencontrées, adultes ou enfants.

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