Sud du Liban : foi tenace et résistance au quotidien dans les villages chrétiens frontaliers
Dans le sud du Liban, Al-Qlayaa et les villages frontaliers vivent au rythme des bombardements. Entre tirs israéliens et roquettes du Hezbollah, la population affronte une insécurité permanente.

Malgré l’effacement presque total de la présence de l’État, les habitants — en majorité chrétiens — refusent de quitter leurs terres. Dans ce paysage marqué par les destructions et les routes désertées, chaque maison encore habitée, chaque porte ouverte devient un signe de constance.
Au cœur de cette épreuve, le nonce apostolique au Liban, Paolo Borgia, multiplie les visites. Fidèle à ces communautés éprouvées, il ne se limite pas à un soutien symbolique : il apporte une aide concrète, encourage les habitants et participe lui-même, aux côtés des jeunes, à la distribution des denrées alimentaires. Sa visite du 28 mars 2026 a particulièrement marqué les esprits, ravivant l’espérance et appelant les chrétiens à rester enracinés dans leur terre.
Envoyé du pape Léon XIV, Paolo Borgia s’est rendu dans ces localités comme témoin de la sollicitude de l’Église catholique. Accompagné du père Samir Ghaoui, président de Caritas Liban, et de Vincent Gelot, de l’Œuvre d’Orient, il a bravé intempéries et conditions sécuritaires précaires pour rejoindre les habitants, dont la foi demeure, malgré tout, solide et vivante.

À Kawkaba, connue pour sa “source miraculeuse du Christ”, les habitants décrivent un quotidien difficile : manque d’eau et de nourriture, coupures d’internet, bombardements réguliers. Pourtant, la détermination reste intacte. « Nous voulons la paix, comme Dieu le veut« , confient-ils.
À Marjeyoun (Césarée de Philippe), où coexistent chrétiens et musulmans, le discours est similaire. Marqués par des décennies de conflits et d’occupation, les habitants affirment leur volonté de rester : « Nous ne partirons pas.«
À Al-Qlayaa, dont le nom signifie “la forteresse”, les cloches de l’église ont accueilli la visite du nonce. Le maire, Hanna Daher, résume l’état d’esprit général : « Nous ne craignons que Dieu… et nous persévérons.«
Dans ces villages, les jeunes jouent un rôle central, soutenant leurs familles et maintenant une vie quotidienne fragile mais réelle. « Nous restons pour protéger notre terre« , affirment-ils.
Ici, la présence du nonce apostolique dépasse le cadre diplomatique : elle incarne un soutien moral essentiel. Au milieu de la guerre, la population continue de vivre, portée par une foi qui refuse de céder à la peur.
Source revue Annahar (28/03/2026)
Abbé Samih Raad