Journée de réflexion sur le juste équilibre dans les relations pastorales

Le vendredi 13 mars 2026 s’est tenue au Grand séminaire de Metz, dans le cadre de la journée mémorielle pour les victimes d’abus dans l’Église, une journée de réflexion à l’initiative de la cellule d’écoute et d’accueil sur le thème : quel juste équilibre dans nos relations pastorales ? La professeure Marie-Jo Thiel, théologienne et éthicienne, est intervenue sur ce sujet devant un public motivé pour faire de l’Église « une maison sûre ».

Après le temps d’accueil et de lancement de la journée par le père Laurent Picca, prêtre en charge de la cellule d’écoute des victimes d’abus au sein du diocèse de Metz, l’assemblée a pu écouter les interventions de Marie-Jo Thiel. L’enjeu de la journée est d’avancer devant le risque des questions d’emprise et d’abus, en particulier dans l’Église. En effet, il existe parfois des difficultés dans les relations pastorales. L’asymétrie de pouvoir, certaines relations homme/femme, conduisent quelquefois à des abus ? Comment trouver un juste équilibre dans ces relations pastorales ?

Marie-Jo Thiel a proposé une analyse des relations au sein de l’Église et des conditions nécessaires pour qu’elles demeurent justes et respectueuses. Elle rappelle d’abord que les relations humaines comportent toujours une part d’asymétrie, liée aux rôles, aux responsabilités ou aux situations. Cette asymétrie est normale et fait partie de la vie sociale. Elle devient problématique lorsqu’elle se transforme en dissymétrie, c’est-à-dire lorsqu’elle sert à instaurer un rapport de domination ou d’abus de pouvoir. Dans l’Église, cela peut conduire à des abus psychologiques, spirituels ou sexuels, contre lesquels il est indispensable de rester vigilant.

Pour éviter ces dérives, Marie-Jo Thiel insiste sur un fondement essentiel de la vie chrétienne : l’égalité baptismale. Tous les membres de l’Église, qu’ils soient laïcs, prêtres, évêques ou pape, sont d’abord des baptisés unis dans le Christ. Les ministères et les responsabilités existent, mais ils ne doivent jamais être interprétés comme une supériorité de certains sur les autres. Les différentes fonctions sont au service de la communauté et doivent s’exercer dans un esprit de collaboration.

Elle souligne également l’importance de redécouvrir la dimension synodale de l’Église, mise en avant ces dernières années par le pape François. La synodalité suppose l’écoute mutuelle, la participation de tous et une véritable culture du dialogue. Cette dynamique permet de mieux prendre en compte la parole du peuple de Dieu et d’éviter les dérives liées à une concentration excessive du pouvoir.

Enfin, Marie-Jo Thiel rappelle que la prévention des abus passe par le respect d’une juste distance dans les relations pastorales, c’est-à-dire une manière d’être en relation qui respecte la liberté et l’autonomie des personnes. Si des progrès importants ont été réalisés dans l’Église depuis les révélations sur les abus, elle estime qu’un travail conséquent reste à poursuivre, notamment pour lutter contre les abus de pouvoir et pour favoriser une plus grande responsabilité des laïcs et des femmes dans la vie ecclésiale.

Dans l’après-midi, les participants ont pu vivre des temps d’échanges par groupe, avec une mise en commun et une messe finale pour clôturer cette journée de réflexion.

Partager