L’accueil des différents visages des familles au menu de la journée des ALP
Lundi 13 mai 2024, les Animateurs et animatrices laïcs en pastorale (ALP) ont vécu leur seconde journée de formation autour de la thématique : Accueillir les différents visages des familles. Dans l’Église, il y a de la place pour tous, proposée et animée par le Service diocésain de la pastorale des familles.

En matinée, l’assemblée a pu suivre, après la prière du matin et l’introduction par l’abbé Sébastien Klam, vicaire général, et celle de Séverine Deleplanque, directrice du Service diocésain de la pastorale des familles, un ensemble d’exposés et de témoignages. Ces derniers ont été présenté par Séverine Deleplanque et Anne Rizoulières, proposant d’approfondir sept thématiques précises, pour lesquels l’attention de tous est à cultiver :
- les célibataires en chemin
- les couples en espérance d’enfant
- les familles désenfantées
- l’orientation sexuelle et les personnes homosexuelles
- les personnes trans-identitaires
- les personnes divorcées engagées dans une nouvelle union
- les couples en crise
La première thématique voulait attirer l’attention sur l’accueil et le soin des relations à nouer avec les personnes célibataires souhaitant se marier et n’ayant pas trouvé leur conjoint. Même si celles-ci peuvent vivre douloureusement cette situation, il importe que la communauté leur donne toute leur place, les soutienne tout en restant respectueux, bienveillant et à l’écoute.
La seconde thématique sur les couples en espérance d’enfant a montré l’importance de la délicatesse à avoir dans les paroles (questions indiscrètes, remarques blessantes), dans un sujet parfois tabou en famille. Au-delà du soutien, la communauté peut les aider à sentir qu’ils sont appelés, comme tous, à vivre leur vie de couple comme un chemin de bonheur. Des groupes de paroles peuvent être proposées.
Pour les parents qui vivent l’épreuve de perdre un enfant, ce deuil vient bouleverser toute la vie. Comme tout endeuillé, il leur faut consentir à la suite de la vie. La communauté doit continuer à parler avec eux, être à l’écoute de leur besoin, sans être intrusif ou infantilisant. Ces personnes ont besoin d’un regard confiant. Un jour, elles vont revenir à la vie ! Il s’agit de leur donner le temps qu’il faut, de leur donner l’autorisation d’avancer, comme elles peuvent. L’accueil dans la communauté est essentiel, à leur rythme.
La quatrième thématique portait sur l’accueil des personnes homosexuelles. Cette découverte d’orientation sexuelle n’est jamais simple pour les personnes, qui se demande pourquoi et engendre une grande fragilité identitaire, qui joue sur l’estime de soi. L’acceptation des proches et de la communauté ecclésiale n’est pas toujours simple, avec les risques d’incompréhension et de rejet. Tout le monde doit faire le deuil de l’hétérosexualité de la personne, accepter d’accueillir cette différence, traduire dans les fait que Dieu aime inconditionnellement tous ses enfants, tels qu’ils sont. La communauté ne doit pas faire de discrimination et aider les parents à aimer leurs enfants tels qu’ils sont. Toute homophobie doit être combattue et les demandes pastorales doivent être accompagnées avec discernement et délicatesse.
Autre sujet abordé : les personnes trans-identitaires, qui ont un sexe biologique déterminé mais se sentent d’un autre genre, ou souhaite en changer. Même si elle le comprend, l’Eglise ne reconnaît pas de changement de sexe des personnes. Elle encourage surtout à un accompagnement, une écoute et un discernement auprès des personnes souhaitant effectuer une transition, notamment chez des jeunes qui peuvent être influencé par la culture ambiante très active sur les réseaux sociaux. L’accueil de ces personnes est essentiel, en étant vigilant à tous les mal-être exprimés, en invitant à la réflexion devant des choix qui sont profonds et parfois irréversibles.
Face à la réalité de personnes divorcées engagées dans une nouvelle union, la communauté peut aider les personnes désireuses de vivre en Eglise à engager un itinéraire de discernement et d’accompagnement. Les situations sont diverses. Il faut se garder de tous jugements hâtifs. En certains cas, des procédures d’annulation de mariage sont une voie possible. En tout état de cause, il convient d’accueillir, d’accompagner, de discerner et d’intégrer. Des groupes de paroles sont de plus en plus nombreux en Église.
Une dernière thématique concernait les couples en crise. Face à cela, chacun est invité à l’écoute non partisane, en évitant de donner des conseils, mais en laissant les personnes exprimer leur ressenti. Les aider à prendre conscience des différences homme-femme et de culture personnelle. Devant une crise, il importe de ne pas rester seul et de se faire aider pour renouer les fils du dialogue… avant que la crise, qui peut en certains cas être une chance de croissance, ne deviennent un conflit voire conduire à une séparation ultérieure.
Quelques soient les situations évoqués, le leitmotiv fut tout au long de la journée de bien comprendre « qu’en Eglise, il y a de la place pour tous« , selon les termes du pape François lors des dernières JMJ.

Durant l’après-midi, des temps d’ateliers ont permis, en petits groupes, d’approfondir l’un des thèmes ou de revenir de manière transversale sur les apports du matin, afin de faire circuler la parole et de voir comment ces situations peuvent être accueillies et comment chacun peut lui-même les ressentir. En complément des responsables du Service de la pastorale des familles, différents intervenants invités ont accepté de venir animer les groupes de réflexion. L’enjeu principal de la journée était de sensibiliser tous les acteurs pastoraux à cet enjeu d’un accueil de tous, avant même toute proposition d’accompagnement ou de pastorale spécifique. En effet, tout le monde n’est pas en capacité d’apporter une aide adaptée. Des mouvements familiaux et associations, le CCIF et le Service diocésain peuvent être de bons points d’appui en ce sens.

C’est autour du Seigneur dans l’eucharistie que les participants ont pu conclure cette journée, en étant accueillis à la paroisse Notre-Dame de Metz.

Dans son homélie, le vicaire général, l’abbé Sébastien Klam, a invité chacun des ALP « à être présent dans le temps long auprès des personnes, pour les accueillir, les accompagner et leur témoigner de la Bonne Nouvelle qui nous habite, de cette vie que nous avons reçu ».
