Messages de Pâques des responsables des Églises chrétiennes

À l’occasion de la fête de Pâques, Mgr Jean-Pierre Vuillemin, administrateur apostolique du diocèse de Metz, a préparé un message publié ci-dessous. Il a aussi proposé une version vidéo sous forme de questions-réponses avec Christine Martin.

Par ailleurs, les responsables des Églises chrétiennes en France ont préparé ensemble une vidéo pour la fête de la Résurrection.

Message de Pâques de Mgr Jean-Pierre Vuillemin

Vaincre ce que l’humanité a de pire

Nous nous habituons désormais à retenir notre souffle devant les grandes catastrophes du monde et les grands désastres d’une humanité traversée par l’énigme du mal et de la mort. Je n’ »écrierai » pas les maux de notre temps, la presse s’en charge quotidiennement.

Dans un tel contexte, un sentiment risque de nous envahir : celui d’assister, impuissants, au grand désastre. Sur la Croix, l’amour de Jésus habite ce profond sentiment d’impuissance et d’abandon. Il le conduit à surpasser toute crainte et à crier les mots de la confiance totale en son Père : « Père, entre tes mains, je remets mon esprit. »

Alors qu’Il est en train de subir dans sa chair les conséquences de ce qu’il y a de pire dans notre humanité, Il fait de la Croix non pas le lieu d’un échec, mais le lieu d’un triomphe : celui d’un amour plus fort que la mort. C’est pour cela qu’après la résurrection, Il n’aura rien d’autre à montrer que ses plaies. Elles seront la manifestation de la gloire de Dieu. Sans elles, nous serions encore incapables de savoir ce que cette gloire de Dieu signifie.

À Pâques, le chrétien n’assiste pas rituellement à la victoire du ressuscité mais il y participe de tout son être, se sachant définitivement sauvé par Celui qui a donné Sa vie par amour des hommes. « Si nous avons été unis à Lui par une mort qui ressemble à la sienne, nous le serons aussi par une résurrection qui ressemblera à la sienne » (Épître aux Romains, 6, 5). Ainsi, le Père qui ressuscite le Fils accordera cette vie bienheureuse à tous les hommes qui auront lié leur sort à celui de Jésus.

En ces temps troublés, faut-il retenir notre souffle ou, au contraire, avoir suffisamment de souffle pour désirer vaincre, avec le Christ, ce que l’humanité a de pire ? Un tel désir peut opérer, en nous et dès ici-bas, avec la force de l’Esprit Saint, la victoire de la renaissance alors que les conséquences du pire ne semblent pas encore avoir été totalement dévoilées.

Heureuse et sainte fête de Pâques !

+ Jean-Pierre Vuillemin
Administrateur apostolique

 


 

Message des responsables des Eglises chrétiennes en France (CECEF)