Temps de la Création : des arbres de vie à la cathédrale de Metz

À l’occasion de l’exposition Des arbres de vie pour prendre soin de notre Terre, Claire Rocher, du Service national Mission et Migration (SNMM), a rédigé un article d’après une interview de Géraldine Caps, responsable du Service diocésain de la pastorale du tourisme et des loisirs, et de Corinne Maury, directrice du Service diocésain de la pastorale des migrants.

Pour le jubilé de la cathédrale Saint-Étienne de Metz, la pastorale des migrants du diocèse a participé à la création de l’exposition Des arbres de vie pour prendre soin de notre Terre, coordonnée par la Service diocésain de la pastorale du tourisme et des loisirs, à voir jusqu’au 15 octobre 2021. Explications des déléguées diocésaines.

Dans le déambulatoire de la cathédrale Saint-Étienne de Metz, se dresse une forêt dont les arbres invitent à la méditation. Leur feuillage évolue au rythme des saisons. Leurs messages sont des citations de l’encyclique Laudato Si’, de la Bible et de textes littéraires.

Pour la clôture des 800 ans de la cathédrale, en juillet 2021, le Service diocésain de la pastorale du tourisme et des loisirs a notamment sollicité la pastorale des migrants. “L’idée était de sensibiliser à l’écologie, dans une perspective d’espérance“, introduit Géraldine Caps, responsable du service. En d’autres termes, conscientiser sans culpabiliser, afin d’encourager l’attention à la terre et aux personnes, dans une démarche d’écologie humaine intégrale. En la présentant aussi pendant le Temps de la Création (1 septembre au 4 octobre 2021), cette exposition a permis de “créer des ponts”, œcuméniques et même au-delà.

3 000 feuilles, 80 pancartes, 3 kilos de colle…

Si les arbres en hiver sont dépouillés, de jeunes pousses et des fleurs annoncent le printemps. L’été est représenté par les fameuses mirabelles de Lorraine, une ruche et ses abeilles. Un arbre couvert de papillons, un autre de fleurs, ouvrent à la contemplation. L’automne porte les couleurs des fruits. “Les feuilles d’érable et de chêne ont été réalisées par des migrants” précise Géraldine Caps.

Pour décorer la trentaine d’arbres fournis par le CCFD-Terre Solidaire, l’Action catholique des enfants (ACE) et la référente écologie du Service diocésain de la Charité se sont aussi mobilisées… malgré couvre-feu et confinements ! “Chaque service a travaillé indépendamment”, reconnaît Géraldine. “C’est la première fois qu’on peut monter un tel projet, avec autant de services et de mouvements au sein du diocèse. Quelle chance ! Quelle joie !

La pastorale des migrants s’est déjà investie aux côtés du Service diocésain de la pastorale du tourisme et des loisirs“, poursuit Corinne Maury, directrice. À Noël dernier, ce sont des étoiles pour le sapin de la Maison diocésaine qui ont été décorées par les personnes accompagnées. “Géraldine va vers les périphéries, ce qui explique que nous nous retrouvions sur des projets communs” analyse-t-elle.

On doit donc les fruits aux enfants de l’ACE, un certain nombre des 300 fleurs et surtout toutes les feuilles aux migrants ! Elles ont été réalisées au cours d’ateliers en petits groupes (en raison des mesures sanitaires) ou à la maison. Et même les enfants des familles migrantes ont découpé, colorié…

Quatre saisons pour un voyage immobile qui déplace

Ces loisirs créatifs ont été l’occasion, avec les bénévoles du Café français, d’échanger sur la nature. “Beaucoup de migrants ne connaissent pas nos saisons”, rappelle Corinne. “Le travail collectif, comme la couture aussi, est source de plein d’échanges“. Ainsi les Tibétaines ont-elles évoqué les récoltes dans leur pays.

Le montage de l’exposition, fin juin, alors que les touristes étaient de retour dans la cathédrale, a été un temps fort pour tous les participants. Pendant quatre jours, leur présence a suscité questions et réactions de la part des visiteurs. Pour Corinne, “un lien s’est créé avec les personnes qui passaient“. La nouvelle évangélisation à l’action ? “Je ne pensais pas que cela pouvait toucher et interpeller autant”, relit pour sa part Géraldine. “Les gens ont trouvé de quoi réfléchir. L’exposition continue de porter du fruit.

L’inauguration, début juillet, s’est déroulée en présence de 80 personnes, dont une trentaine de migrants, de tous les continents. Corinne se souvient qu’une afghane a annoncé ce jour-là qu’elle attendait un bébé. “Une jeune femme l’a prise dans ses bras. L’une est catholique très pratiquante et l’autre venait de rejoindre son mari en France, après cinq ans de séparation. Ce geste, qui m’a beaucoup émue, m’a rappelé Marie et Elisabeth. Comme une Visitation ! Avec ce qu’il se passe en Afghanistan, cela me bouleverse encore plus.

Et de conclure : “On a eu l’idée de mettre à disposition un livre d’or. On en est déjà au deuxième et il est encore plus beau, décoré par des dessins et des poèmes d’enfants“.

Claire Rocher (SNMM)