Vivre un pèlerinage aujourd’hui…

Pourquoi partir en pèlerinage aujourd’hui ? Telle est la question que beaucoup se posent actuellement, car la pandémie du coronavirus ne permet pas, depuis plus d’un an, de se déplacer librement pour les gestes de la vie quotidienne, pour des voyages, des vacances ou des projets de pèlerinages. Ainsi, les programmes des pèlerinages de tous les diocèses de France, comme ceux de l’étranger, ont connu bien des désagréments, des renonciations et des reports. Ce virus de la Covid-19 nous oblige à repenser notre façon de vivre, de nous déplacer et par conséquent à repenser nos pèlerinages.

Les plus aguerris, les plus connaisseurs, les plus sages de nos prêtres, habitués à partir avec des groupes, vers la Terre sainte, la Pologne, l’Italie ou ailleurs ont tous décidé de reporter, cette année encore, leurs projets à plus tard. Cela dit, quelle chance de se retrouver, en octobre dernier, avec ce petit groupe de pèlerins mosellans, au Vatican, à l’intérieur de la chapelle Sixtine, avec seulement une quarantaine de visiteurs. Quel calme, quelle sérénité dans ce lieu habituellement envahi par les touristes du monde entier ! Courageux pèlerins, qui durant une période aussi particulière, ont osé braver le danger que représentait ce déplacement en Italie en pleine période de pandémie. Certes les conditions et les risques de nos pèlerins contemporains n’avaient rien de semblables aux risques des premiers pèlerins partis durant des mois pour la visite aux tombeaux des apôtres, mais tout de même. D’ailleurs, le jour de notre retour, l’Italie décidait de fermer ses frontières, ses hôtels et ses restaurants !

Depuis, le travail est double et parfois démoralisant : préparer et organiser des pèlerinages puis les annuler ou les reporter pour des temps meilleurs. Nous en sommes tous là. Heureusement, les projets font vivre et redonnent de l’espérance.

Lourdes 2020 annulé

Quel crève-cœur que ce jour de mars 2020, où après l’intervention du chef de l’État, et l’avis des autres organisateurs, il a fallu prendre la décision d’annuler le pèlerinage des malades à Lourdes en juillet dernier. Nous pensions évidement aux plus fragiles, nous les empêchions de vivre une semaine de bonheur, de joie et d’amour, parce que nos pèlerinages à Lourdes reflètent en priorité ces trois adjectifs pour les malades, les handicapés, leurs accompagnateurs hospitaliers et tous les pèlerins embarqués pour cette aventure spirituelle d’une semaine chaque année. Outre l’Église, quelle autre institution est capable, dans notre monde d’aujourd’hui qui ne fait place qu’aux meilleurs, aux plus beaux, aux plus forts, de mettre à l’honneur, durant un pèlerinage de plusieurs jours à Lourdes, les plus faibles, les plus fragiles de la vie, en leur disant qu’ils sont les premiers à nos yeux et surtout au cœur de ceux qui les accompagnent chaque année, les hospitaliers de Notre-Dame de Metz ?

Lors des journées de préparations et de rencontres nationales à Lourdes, habituellement vécues en février aux sanctuaires de Lourdes, mais qui pour des raisons sanitaires se sont déroulées exceptionnellement en visioconférence, Mgr Antoine Hérouard, délégué apostolique pour les sanctuaires de Lourdes, nous rappelait que l’on ne vivrait plus jamais comme avant nos pèlerinages à Lourdes, et qu’il fallait y réfléchir dès aujourd’hui. Ce qui est vrai pour Lourdes, je le partage aussi pour toutes les autres destinations des hauts lieux de pèlerinages chrétiens dans le monde. Cette pandémie nous renvoie à tant de questions, à tant de changements dans nos vies.

Une pastorale des pèlerinages

Une “pastorale” des pèlerinages s’intégrera de plus en plus dans la pastorale des diocèses. À l’heure de la désaffection des chrétiens pour la pratique religieuse, où les chiffres de la participation aux messes dominicales dans nos paroisses diminuent et où la transmission de la foi par les ainés semble décroitre nettement, il nous faut trouver de nouveaux moyens d’évangélisation. Certes des idées et des projets existent et permettent encore d’aller à la rencontre de nos frères. Mais les pèlerinages en Terre sainte, aux tombeaux des apôtres, dans les hauts-lieux spirituels qui mêlent spiritualité, culture, rencontre, partage, amitié, joie sont de vraies propositions de la foi dans le respect de l’autre, quoi qu’il vive, quoi qu’il vienne chercher. La force du groupe, lorsqu’il prie ensemble, célèbre ensemble, vit ensemble, partage ensemble est souvent un magnifique témoignage de vie chrétienne et de foi. Comment ne pas revenir diffèrent d’un pèlerinage en Terre sainte ? Il s’agit d’un véritable déplacement : déplacement physique, déplacement de nos habitudes, déplacement de nos conforts, déplacement de notre foi reçue parfois de nos anciens catéchismes. L’expérience fait dire que très souvent un pèlerin ne participe pas par hasard à un pèlerinage. Il a très souvent une bonne raison, souvent intime, pour être là ! Quelle chance pour un chrétien de vivre durant un pèlerinage l’échange, la découverte, et obtenir parfois des pistes ou des réponses à ses questions les plus intérieures, à l’occasion d’un plus ou moins long séjour avec d’autres. Quelle chance pour un paroissien de vivre avec son curé une telle aventure spirituelle et humaine, parfois même avec son évêque, qui a lui-même la possibilité de partager pendant plusieurs jours la vie de ses diocésains.

L’avenir des pèlerinages

Demain, les pèlerinages prendront de nouvelles formes. Ils seront des moments à imaginer, des nouvelles formules à trouver. Les villes de grandes affluences touristiques, ainsi que les hauts-lieux spirituels et culturels imposent de plus en plus de contraintes aux groupes de visiteurs, pèlerins ou non. Le coût des pèlerinages deviendra de plus en plus onéreux et risque d’empêcher, dans de telles conditions, les plus fragiles financièrement à vivre ces moments forts de la vie chrétienne. Il faudra penser aux plus pauvres et aux plus démunis qui ne peuvent que très rarement, et même parfois jamais, participer à de grands voyages.

Les nouvelles générations ne partiront plus douze jours en Israël pour un prix important et un temps trop long d’absence. D’autres, trouveront trop long un pèlerinage de sept jours à Lourdes, mais apprécieront de vivre une ou deux journées fortes au pied de la grotte de Massabielle pour prier, confier sa famille et ses amis à la Vierge, se poser et réfléchir au sens de sa vie, tout en continuant un périple dans les Pyrénées pour découvrir les richesses architecturales et culturelles de la région. Il faudra accepter de changer nos habitudes et risquer de nouveaux projets.

En nous rendant à Assise et Rome en octobre prochain, nous partirons sur les pas des grands saints de l’Église universelle. Saint François et sainte Claire à Assise, les tombeaux des apôtres à Rome. Mais nous tenterons surtout de vivre et de découvrir, durant ce pèlerinage et avec ces grandes figures de sainteté, l’encyclique du pape François Laudato Si’. Voilà peut-être une nouvelle formule qui peut répondre à certains chrétiens en marge de nos structures et qui se posent des questions sur leur foi, sur leur engagement dans l’Église et surtout ce que propose l’Église pour l’environnement et le respect de la Terre.

Avec tous les acteurs du diocèse

Tous ces rendez-vous sont une chance pour les paroisses et leurs pasteurs, pour les services et mouvements diocésains. Le Service des Pèlerinages diocésains peut vous aider à réfléchir et organiser un pèlerinage. Les conditions liées à la sécurité, aux obligations légales, aux assurances sont de plus en plus contraignantes et strictes. La seule bonne volonté ne suffit plus parfois pour répondre à toutes les conditions légales pour l’organisation d’un voyage en groupe. Seules les agences de voyages ou les services diocésains munis d’un agrément du ministère du Tourisme peuvent organiser un pèlerinage. Nous sommes à votre écoute et à votre service.

Philippe Hiegel
Directeur des Pèlerinages diocésains


Les pèlerinages en cours (sous réserve de la situation sanitaire) :
4 juin 2021 : pèlerinage des prêtres à Trèves.
Du 18 au 21 juillet 2021 : pèlerinage diocésain à Lourdes (en TGV et cars)
9 septembre 2021 : pèlerinage marial à Sion.
Du 11 au 16 octobre 2021 : pèlerinage à Assise et Rome.

Renseignements et inscriptions : tél. 03 87 74 45 56 ou pelerinages@catholique-metz.fr

Attention, durant la période de pandémie de la Covid-19, le secrétariat des Pèlerinages diocésains est fermé au public. Nous restons à votre disposition par téléphone ou par courriel.