Réorganisation pastorale : les explications des vicaires généraux

Dans le cadre de la réorganisation pastorale en cours, Mgr Lagleize souhaite que tous les acteurs pastoraux (prêtres, diacres, ALP, laïcs en responsabilité dans les équipes d’archiprêtrés et membres du CoPaDi) puissent ensemble s’approprier l’esprit de cette nouvelle réforme, et l’améliorer concrètement. Ce travail permettra d’approfondir le projet en vue du Congrès diocésain du 14 avril prochain. À cette date, le Conseil presbytéral, le Conseil pastoral diocésain, les archiprêtres et responsables de services diocésains se réuniront pour conseiller une dernière fois l’évêque avant promulgation et mise en œuvre du projet au 1er septembre 2018.

Dix rencontres ont ainsi été fixées entre les 5 et 13 mars 2018. L’ensemble des acteurs pastoraux sont invités à participer à l’une de ces réunions. Alors que la première rencontre avait lieu à Sarreguemines lundi 5 mars, les abbés Jean-Christophe Meyer et Dominique Thiry ont participé à l’émission News et Foi sur RCF Jerico Moselle, afin d’expliquer aux catholiques de Moselle les enjeux de cette réorganisation à venir, qui engagera notre diocèse pour une quinzaine d’années au moins.

Pourquoi une réorganisation pastorale ?

L’abbé Jean-Christophe Meyer a tout d’abord tenu à rappeler les raisons de ce projet de réorganisation pastorale et les nécessités de revoir le Projet pastoral diocésain de l’an 2000 : « Lorsque l’on avance dans un projet, on se rend compte, au bout d’un certain temps, que les choses qui ont été mises en place demandent à être adaptées, transformées. Au niveau du Projet pastoral diocésain, cela a été fait durant une quinzaine d’années, il y a déjà eu beaucoup d’évolutions. À présent, nous entrons dans une phase nouvelle car le contexte a beaucoup changé et les acteurs pastoraux engagés sont très différents, avec moins de prêtres et plus de laïcs. Cela demande à repenser, de manière plus fondamentale, les collaborations. Nous devons aussi prendre en compte la société actuelle qui est moins touchée par les valeurs chrétiennes et le message de l’Évangile que par le passé. Nous devons nous poser la question : comment se remettre aujourd’hui dans une dynamique de disciples-missionnaires ? Comment proposer aux hommes et aux femmes de Moselle qui ne connaissent pas le Christ un véritable chemin ? »

C’est suite à ses visites pastorales effectuées dans les archiprêtrés de Moselle en 2016 que Mgr Lagleize a souhaité lancer une réflexion en vue d’une réorganisation pastorale. « Notre évêque s’est rendu compte qu’il y avait un réel besoin de redonner une dynamique missionnaire car nous étions enfermés dans nos fonctionnements internes d’Église », explique l’abbé Meyer. « Il a également constaté que les équipes d’animation pastorale étaient davantage des équipes de coordination du curé que de véritables équipes qui pourraient prendre en charge demain la vie de la paroisse en l’absence d’un prêtre résidant ».

Selon l’abbé Dominique Thiry, « nous étions peut-être dans des logiques où nous avons trop fait « tourner » les choses autour du prêtre, et il est temps maintenant que les fidèles laïcs comprennent qu’ils ont une mission – accompagnée, soutenue et dynamisée par le prêtre – qui est de leur responsabilité. Le Projet pastoral de l’an 2000 avait déjà souligné cet aspect-là, mais la construction d’un projet se faisait toujours autour d’un curé. L’idée à présent est de créer dans les paroisses des relais de laïcs capables de prendre des initiatives pastorales, en lien avec le curé, afin que l’ensemble des membres de l’Église soit dans une dynamique missionnaire ».

Collaborer et mutualiser nos forces

Tout d’abord, l’abbé Jean-Christophe Meyer tient à préciser que « l’engagement du laïc ne doit pas être calqué sur le modèle de l’engagement du prêtre ». Mais, « si on laisse le curé gérer tout, tout seul, il va vite se retrouver en difficulté car le territoire est énorme et qu’il ne pourra pas tout faire. Dans ce cas, les laïcs risquent de ne pas savoir comment prendre leur place ».

Comme l’explique l’abbé Dominique Thiry, « il y a dans notre situation concordataire, la nécessité de déployer de l’énergie au niveau paroissial et local. Il faut donc trouver une nouvelle manière de collaborer qui libère le prêtre pour des temps de formation, des temps spirituels, des temps qu’il n’a plus à cause du poids de la charge. Dans la réforme en cours, il y a le souci de la mission mais aussi le souci de la personne ». Mais l’abbé Thiry tient à préciser qu’il ne faut pas que le curé perde « son rôle qui consiste à garantir l’unité de l’Église, en reliant la communauté locale au diocèse ». C’est ce qui permettra « de maintenir les communautés ouvertes et de vivre la communion, qui fait la richesse de l’Église catholique ».

Alors que le Projet pastoral diocésain de 2000 s’appuyait principalement sur les communautés de paroisses, dans le nouveau dispositif la place des archiprêtrés sera centrale. « L’équipe d’archiprêtré devient cette équipe qui anime un territoire missionnaire. Elle fait en sorte que les grandes missions de l’Église soient assumées et l’archiprêtre devient ainsi le chef d’équipe. Ce dernier doit donc s’assurer que chacun trouve sa place dans cette équipe », souligne l’abbé Meyer.

 

Les prochaines étapes vers la réforme

Au niveau du calendrier à venir, l’abbé Thiry précise : « Alors que le diocèse vient de publier un texte-cadre, les différents acteurs pastoraux sont invités à réagir au cours des équipes brassées qui se tiendront du 5 au 13 mars. Dans tout le diocèse, des groupes se constituent pour réfléchir et se saisir de cette réforme, poser des questions, l’améliorer de manière à ce qu’elle puisse être publiée lors du Congrès diocésain du 14 avril prochain ».

Comme l’explique l’abbé Meyer, « le Congrès est le rassemblement annuel voulu par l’évêque qui réunit le Conseil presbytéral, le Conseil pastoral diocésain et de la conférence des archiprêtres. La réunion d’avril verra également les responsables des services diocésains se joindre à la réflexion. La centaine de personnes finalisera le travail entrepris depuis un an et donnera à l’évêque la possibilité de décider, en prenant en compte les différents avis des conseils diocésains ».

Quoi qu’il en soit, une chose est acquise : « Nous devons proposer des territoires stables dans le temps », indique l’abbé Meyer. « Notre but est de permettre à des territoires stables de rassembler à nouveau les personnes, de leur redonner une certaine sécurité. Et nous pensons que les archiprêtrés sont des lieux qui sont historiquement stables. Quel que soit le nombre de prêtres que nous aurons demain, nous souhaitons que ces territoires restent les mêmes et permettent la mise en place d’habitudes de travail et de partage ».

L’abbé Thiry ajoute que cette stabilité permettra aussi « de travailler dans la durée pour que les missions puissent être portées dans le temps et que l’on soit moins dans l’essoufflement ». Par le passé, les réorganisations territoriales incessantes et les changements de curés avaient trop tendance à « casser des dynamismes ».

La mise en œuvre de la nouvelle organisation pastorale est prévue pour septembre 2018.