Vigile pascale exceptionnelle à Thionville : toute une famille baptisée !

Entourés depuis presque deux ans par l’équipe du catéchuménat de l’archiprêtré de Thionville, et plus particulièrement par leurs accompagnateurs, Sylvie et André, Raymond et Aimao Kra ont fait vivre aux paroissiens une Vigile pascale exceptionnelle et pleine d’émotion.

En effet, avec Annabelle, une autre jeune femme catéchumène, c’est toute leur famille qui a été baptisée dans cette nuit de Pâques. Si Annabelle, Aimao et Raymond ont reçu les trois sacrements de l’initiation chrétienne, Darrel et Dwain, leurs deux enfants d’âge scolaire ont été baptisés, puis recevront l’eucharistie avec leurs copains de classe dans les semaines à venir. Pour la confirmation, ils devront attendre encore un peu, tout comme le petit dernier, Daewon, né au mois de septembre dernier, qui a été baptisé dans les bras de sa maman.

Quand la voix juvénile de Darrel est montée dans l’église Notre-Dame pour répondre à la question de l’officiant, Stéphane Kamm, « Darrel, veux-tu recevoir le sacrement du baptême« – « oui, je le veux » une émotion sensible a saisi toute l’assemblée… c’est l’aboutissement de tout un parcours, comme l’expliquent Aimao et Raymond dans l’article de Famille Chrétienne (numéro 2153 – 17/04/2019 – article de Jean-Marie Dumont) que nous reproduisons ici :

Famille Kra : le temps de Dieu

« J’ai toujours voulu recevoir le baptême », confie Raymond Kra dans la maison de Thionville (Moselle) où il vit avec sa femme Aimao et leurs trois enfants. Âgé de 42 ans, né de parents partagés entre l’animisme et l’athéisme, il découvre la messe, enfant, par sa sœur aînée qui l’y emmène le dimanche, à Dimbokro, en Côte d’Ivoire, où ils résident. Il est inscrit au catéchisme en CE2, mais les kilomètres à parcourir à pied ont raison de sa curiosité. Des voisins baptistes l’emmènent au temple, mais là encore, c’est sans suite. Ce n’est que bien plus tard, arrivé en France après le décès de son père et alors que la Côte d’Ivoire est en proie à des troubles politiques, qu’il retournera chercher le calme des églises. Et qu’il y conduira son épouse, elle aussi d’origine ivoirienne, rencontrée dans la capitale française. « Mes parents s’étaient éloignés de l’Église, raconte-t-elle. Mais mon mari avait la foi. Il priait et me conseillait de confier mes difficultés à Dieu. »

Après plusieurs années d’itinérance liée aux études ou au travail entre le 10e arrondissement de Paris, Clermont-Ferrand et le pays de Galles, Raymond et Aimao s’installent à Thionville. Leur fréquentation de l’église y devient plus régulière. « J’y allais chaque dimanche. Ma femme a décidé de se joindre à moi une fois sur deux. On y est allés de plus en plus, prier avec les autres. J’y vais parfois aussi en semaine, le mercredi et le vendredi. Pour confesser mes péchés et pour dire merci. » « Cela s’est fait peu à peu, raconte Aimao. Quand j’ai été enceinte, j’ai voulu avoir une protection divine et mon mari m’a suggéré de confier ma grossesse à Dieu. À la naissance de nos enfants, je suis allée allumer une bougie et dire merci, car je sais que tout le monde n’a pas la chance d’avoir des enfants. »

À l’école publique où il est scolarisé, Darrel, leur fils aîné, suit un cours de religion (à Thionville s’applique le régime concordataire). « On a réalisé que notre fils allait recevoir les sacrements, poursuit son père. Le baptême était dans ma tête depuis toujours. Je me suis dit : “Je ne vais pas laisser mon fils le recevoir avant moi !” Je me suis renseigné auprès d’un ami, qui m’a conseillé d’aller voir un prêtre. Ma femme m’a dit qu’elle voulait le recevoir aussi. »

Depuis deux ans, Raymond et Aimao se préparent au baptême avec un enthousiasme dont ils ne se cachent pas. Avec leurs trois enfants, ils vont le recevoir pendant la Veillée pascale. Ils sont particulièrement reconnaissants à leurs accompagnateurs pour leurs explications, et à l’Église pour la manière dont elle les accueille. S’ils reconnaissent avoir été perturbés par les révélations sur l’Église faites dans les médias, ils y voient une épreuve qui a renforcé leur décision. « Avec l’aide d’un ami, j’ai compris qu’on ne se faisait pas baptiser pour soi-même ou en fonction du comportement de telle personne, mais pour Dieu. »