Marie, un phare pour notre barque

Réflexion d’Émilie Hilt, membre du Service diocésain pour les Vocations, à l’occasion de la 57ème Journée mondiale de prière pour les Vocations : 

Alors que nous sommes confinés sur la Terre ferme, le pape nous invite, pour cette 57ème Journée mondiale des Vocations, à monter dans la barque de notre vie, à jeter les amarres, à prendre le large sur un lac agité et à rendre grâce avec Marie.

Pour cela, il nous propose quatre mots tirés de sa lettre aux prêtres du 4 août 2019 : souffrance/fatigue, gratitude, courage et louange qu’il explore à la lumière de l’évangile de la tempête sur le lac de Tibériade (Mt 14, 22-33).

Nous le savons, notre vie n’est pas un long fleuve tranquille mais plutôt un lac où il faut sans cesse passer sur l’autre rive, renoncer au confort d’une attache sûre pour une traversée incertaine avec un risque de tempête et d’égarement.

Souffrance/Fatigue : au début nous sommes enthousiastes pour le voyage mais bien vite l’engagement et la responsabilité de mener notre barque à bon port nous rattrape. Comme l’apôtre Pierre nous risquons de détourner notre regard du Christ et de perdre pied. Mais le Seigneur «nous tend la main quand, par fatigue ou par peur, nous risquons de couler, et il nous donne l’élan nécessaire pour vivre notre vocation [d’annoncer l’évangile] avec joie et enthousiasme1

Gratitude : il est une certitude, nous ne sommes jamais seuls pour guider notre vie. Le cap que nous prenons «est avant tout la réponse à un appel qui vient d’En-Haut. C’est le Seigneur qui nous indique le rivage vers lequel aller et qui, bien avant, nous donne le courage de monter sur la barque […] Toute vocation naît de ce regard aimant par lequel le Seigneur est venu à notre rencontre, peut-être alors même que notre barque était en proie à la tempête.»2

Courage : c’est la Parole qu’adresse le Christ à ses disciples «Courage, c’est moi, n’ayez pas peur !» (v. 27). Car bien souvent quand nous sommes appelés à quitter notre sécurité «croissent en nous toutes ces considérations, ces justifications et ces calculs qui nous font perdre l’élan, qui nous troublent et nous paralysent sur le rivage de départ : nous pensons avoir fait fausse route, ne pas être à la hauteur.»3

Le dernier mot est louange, peut-être tout d’abord car nous sommes dans le temps pascal. Sur la Croix, Jésus confie à Marie qui l’a aimé, élevé et qui est lui est toujours restée fidèle son épouse naissante l’Église. Il nous donne une mère.

Marie est l’exemple même de la vocation de celle qui a répondu à l’appel de Dieu par le don de sa vie. Sa question à l’ange est le témoignage de ses questionnements et pourtant elle se mit au service du Seigneur lui offrant tout «Voici la servante du Seigneur que tout m’advienne selon ta Parole» (Lc 1,38) et faisant confiance à la Parole qui lui était dite aussi irréelle peut-elle sembler. En prononçant ce «oui» Marie aussi a pris sa barque pour un voyage inconnu. Elle a fait le pari que ce «oui» la rendrait heureuse, car il est une réponse à Celui qui veut notre bonheur.

Marie est le visage de la mère et de l’épouse de la Sainte Famille. Comme les époux se donnent l’un à l’autre et se reçoivent pour ne former qu’un et donner vie. Marie donne son corps pour recevoir la vie de Dieu. Son voyage la conduira jusqu’en Égypte, un glaive transpercera son cœur de mère et pourtant elle ne renoncera pas à ce «oui». Son don est total. Bien des familles le savent, malgré les tempêtes qui secouent l’existence ce «oui» pour les être aimés peut accepter beaucoup car il est celui de l’amour.

Marie est Notre-Dame du sacerdoce. Celle qui est la mère du prêtre par excellence. Comme Marie, les ordonnés ont répondu «Me voici» lorsque le Christ leur a confié son peuple. Marie qui a connu les joies et les difficultés du ministère, qui n’a pas hésité à l’encourager à Cana, veille sur les apôtres comme elle l’a fait pour son Fils. Car en faisant le don de leur vie pour l’Église les prêtres font plus encore l’expérience de la beauté et de la fragilité humaine. Comme Marie, par leur présence discrète et fidèle dans nos existences ils rendent le Christ toujours plus proche.

Marie Vierge modèle des consacrées qui fait le choix radical de «se donner toute entière à toi ; elle a remis entre tes mains sa décision de garder la chasteté et de se consacrer à toi pour toujours» 4. Elle est celle qui, avec humilité, a su faire advenir sur terre l’espérance du Royaume. Comme les consacrées, Marie a su faire de sa vie une prière d’offrande pour le monde et rendre sans cesse grâce à Dieu par son Magnificat.

Marie […] nous enseigne la louange capable d’ouvrir le regard à l’avenir et de rendre l’espérance au présent 6. Cultivons «le comportement intérieur de la sainte Vierge Marie : reconnaissante pour le regard de Dieu qui s’est posé sur elle, confiant dans la foi ses peurs et ses troubles, embrassant avec courage l’appel, elle a fait de sa vie un éternel chant de louange au Seigneur» 6.

Avec elle, osons donner un cap à nos barques et dire : «Voici la servante du Seigneur que tout m’advienne selon ta Parole».

Émilie Hilt
Membre du Service diocésain pour les Vocations


Les Paroles de la Vocation, message du pape François pour la 57éme Journée Mondiale de prière pour les Vocations (3 mai 2020), Rome 8 mars 2020
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Rituel de la Consécration des Vierges
Lettre du pape François aux prêtres à l’occasion des 160 ans de la mort de saint Jean-Marie Vianney, le curé d’Ars, Rome le 4 août 2019
Id 1 : Les Paroles de la Vocation, message du pape François pour la 57éme Journée Mondiale de prière pour les Vocations (3 mai 2020), Rome 8 mars 2020