Conférence sur l’enjeu du dialogue interreligieux

Dans le cadre de l’année jubilaire des 800 ans de la cathédrale, la Mairie de Metz a demandé à l’abbé Robert Scholtus d’organiser un cycle de conférences sur l’interreligieux. La première conférence a eu lieu ce dimanche 5 janvier dans les salons de l’Hôtel de ville autour du thème : l’enjeu du dialogue interreligieux pour les Eglises chrétiennes, avec le frère Thierry-Marie Courau, théologien dominicain.

Partant de son expérience personnelle de prêtre catholique envoyé en formation à la découverte du Bouddhisme tibétain, le frère Thierry-Marie Courau a voulu expliquer que la rencontre et le dialogue avec autrui provoque toujours un choc, dans la mesure où nous pratiquons une écoute active, qui est ouverture et accueil de la parole de l’autre.

En effet, dialoguer n’est pas duo-loguer (parler à deux), mais l’origine étymologique renvoie à dia (ce qui traverse) et logos (la parole). « Le dialogue est ce que produit la parole de l’autre quand elle me traverse. Donc ce n’est pas celui qui parle qui dialogue, mais celui qui est en posture d’écoute » explique le théologien. Le dialogue provoque un sentiment d’exister et de se savoir aimer. Cette communion d’amour est bien l’objectif de la vie chrétienne, puisque les croyants sont appelés à vivre dans la profonde communion de la Trinité, un Dieu de relation d’amour mutuel.

En appliquant cette posture d’écoute, on comprend l’enjeu pour un chrétien de toujours chercher l’ouverture à l’autre, gratuite, sans absorption, ni prédation de sa parole et de ce qu’il est, acceptant qu’il reste autre et pour une part aussi un mystère singulier. « Il faut renoncer à l’idée de comprendre vraiment l’autre (com – prendre, c’est prendre avec soi), mais ceci n’empêche nullement de chercher à le mieux connaître, par la relation engagée« .

Pour les religions chrétiennes, l’enjeu du dialogue est comme en écho à l’incarnation où le verbe qui s’incarne le fait aussi pour le salut des hommes.Le dialogue est une source d’humanisation et de construction d’une fraternité universelle.

On comprend pourquoi l’encyclique du pape Paul VI Ecclesiam suam qui introduit l’idée du dialogue interpersonnel, mais aussi en société, avec le monde et les autres traditions religieuses est comme la charte du dialogue. Après lui, tous les papes vont reprendre cette thématique d’une Eglise en dialogue, qui cherche la paix, en renonçant à la violence. Le dialogue est fondamental pour la fraternité. Il est normal que les Eglises chrétiennes placent cet enjeu au cœur de leur vie.

Retrouver l’intégralité de la conférence enregistrée par les services de la Mairie