Noël en prison

Peut-on fêter Noël en prison ? La réponse est oui. À Sarreguemines cela s’est fait en trois temps.

À l’initiative d’un juge d’application des peines du tribunal de Sarreguemines et d’une chorale de Friedolsheim (Bas-Rhin), avec l’accord et le soutien de la directrice, les aumôneries ont été sollicitées pour animer un concert de Noël le 13 décembre. L’aumônerie catholique a proposé la lecture de plusieurs textes relatifs à la Nativité alors que la chorale interprétait en alternance des chants correspondants. L’imam est venu partager la fête avec une quinzaine de ses fidèles. Un beau moment de convivialité ainsi qu’une occasion de démolir quelques clichés de part et d’autre et de démontrer qu’une laïcité apaisée est parfaitement possible dans le respect des croyances de chacun.

Le deuxième temps fort fut la célébration de la messe de la Nativité avec 22 personnes incarcérées suivie de la distribution de sachets de gâteaux de Noël dans toutes les cellules, gâteaux confectionnés par des bénévoles de paroisses de Moselle-Est. Sensibiliser les communautés chrétiennes fait partie de notre mission d’aumôniers. Le fait de solliciter les paroisses pour une chorale, pour des gâteaux de Noël, pour des dons de timbres, de calendriers, de cartes de vœux est un pas important dans ce sens. Les personnes incarcérées y sont extrêmement sensibles et comprennent que ce n’est pas toute la société qui les rejette mais qu’au contraire, il y a des chrétiens prêts à les soutenir pour changer de vie.

Le point d’orgue et troisième temps fort fut la visite de Mgr Jean-Pierre Vuillemin, évêque auxiliaire, venu célébrer la messe avec l’abbé Robert Ledig, prêtre de l’équipe d’aumônerie, et l’abbé Pierre Guerigen, curé-archiprêtre de Sarreguemines. Célébrer la Sainte Famille en milieu carcéral avec 23 participants privés de famille en cette période n‘était pas évident mais Mgr Vuillemin a su toucher les cœurs dans une ambiance très recueillie et priante. La direction de l’établissement a permis de prolonger cette rencontre par une petite réception mise en place par des bénévoles et de donner ainsi l’occasion aux personnes détenues de dialoguer de façon très libre et informelle qui avec l’évêque ou les aumôniers, qui avec la directrice ou les surveillants.

«L’Enfant de Bethléem sera heureux lorsque tous les hommes se tourneront vers Dieu avec un cœur nouveau.» (Benoît XVI lors de la visite d’une prison romaine le 18 décembre 2011).

À nous de créer les conditions pour en donner l’envie à nos « paroissiens derrière les barreaux ».