Congrès diocésain 2019 : le projet missionnaire sous le signe de l’échange

Plus de cent personnes ont participé ce samedi 16 novembre au deuxième Congrès diocésain autour de la mise en œuvre du projet missionnaire dans les archiprêtrés du diocèse. Après une matinée de restitution de ce qui se vit dans les archiprêtrés, l’après-midi a permis aux participants de passer dans différents carrefours pour approfondir ce projet missionnaire.

Après la prière d’ouverture et un appel à l’Esprit Saint, les membres de l’équipe d’accompagnement ont restitué ce qu’ils ont découvert lors de leurs visites des archiprêtrés. La bonne volonté des acteurs a été citée par tous. Ces personnes ne forment pas seulement des équipes de travail, mais de personnes qui cheminent ensemble. La complémentarité des laïcs et des personnes engagées par l’Eglise est flagrante et positive. La conversion personnelle se vit en parallèle à la mise en place de ce projet, car pour être missionnaires, il nous faut d’abord être disciples et suivre le Christ.

Une réorganisation pour plus de communion

Lors des visites des binômes de l’équipe d’accompagnement au sein des archiprêtrés, il est apparu que les paroisses ont profité des fruits du Projet Pastoral Diocésain de l’an 2000. Le travail réalisé pour fonder les communautés de paroisses est réel, même s’il existe une difficulté pour passer à l’échelon supérieur (l’archiprêtré), notamment avec des offices (ou missions) vécues de manière transversales. D’ailleurs, toutes les missions ne sont pas encore mises en œuvre partout. Pourtant, dans certains archiprêtrés, des offices ont été ajoutés : funérailles, communication, gouvernance… Dans le même ordre d’idée, la place des relais est aussi questionnée : ils sont en attente d’informations, mais ne sont pas encore des animateurs de paroisses. Il convient de remarquer qu’il existe également une réelle disparité entre les archiprêtrés ruraux et urbains.

On constate à certains endroits une pauvreté en ressources humaines, qui se traduit ailleurs par des refus d’engagement de certaines personnes, surtout sur du long terme. En outre, la question du vieillissement des forces vives se pose. Des personnes plus jeunes s’engagent ponctuellement (préparation aux sacrements), ce que Mgr Vuillemin décrit comme étant une « mutation de l’engagement ». N’est-ce pas un élément à intégrer ? Et comment articuler ces deux modes d’engagements (ponctuel et à long terme) ? Dans ce domaine, la question de la formation des laïcs, et de leur travail en synergie avec des laïcs qui s’engageront de manière passagère, est à travailler, pour éviter toute forme de prise de pouvoir. Le cléricalisme se décline sous de nombreuses formes…

Concernant les services diocésains, la constatation qu’ils ne sont pas toujours d’une réelle utilité pour la mise en œuvre du Projet missionnaire se fait jour, en ce sens qu’ils ne sont pas assez sollicités par les paroisses ; les relations seraient à approfondir entre le terrain et les services, qui devraient aller plus sur le terrain, selon les propos de l’évêque auxiliaire : il y a un esprit de collaboration à déployer.

L’aspect missionnaire

« Quel est le but du projet ? » interrogent certains chrétiens… Il faudrait réaffirmer et renforcer l’aspect missionnaire. On a en effet jusqu’à présent plus pris en compte la réorganisation des structures que l’ouverture missionnaire. Or, pour reprendre les mots de Sr Madeleine Obry, si « les structures permettent la vie, elles ne doivent pas l’étouffer ». Les missions de la diaconie et de l’ouverture au monde plus particulièrement apparaissent compliquées à mettre en œuvre. Les mouvements, comme les jeunes, pourraient jouer un rôle dans la mission d’ouverture au monde, et le lien à l’écologie. D’autre part, dans le domaine missionnaire, on peut constater que dans certains archiprêtrés, la question de la vie spirituelle est liée à la formation spirituelle, car pour être missionnaire, il faut rencontrer le Christ. C’est « le fondement de toute vie baptismale » explique Mgr Lagleize, qui rappelle qu’il s’agit d’une des charges des pasteurs de permettre à tous de vivre cette dimension.

Certaines personnes ont pointé le fait que le projet est ambitieux, mais cela permet aussi d’un autre côté de laisser de l’espace pour mieux y entrer. Il convient cependant de signaler chez certains prêtres une inquiétude quant à ce projet et à sa mise en œuvre, plus particulièrement pour quelques archiprêtres à qui la mission semble trop lourde. Mgr Vuillemin souligne pour sa part que dans le diocèse de Metz, il y a un vrai potentiel pour vivre ces évolutions.

« S’il n’y a pas une conversion spirituelle qui accompagne le projet, ce sera une usine à gaz » assénait-il en concluant la séance du matin, juste avant une rétrospective de l’évolution du diocèse depuis 19 ans.

 

Une réflexion à poursuivre

L’après-midi, plusieurs ateliers ont rassemblé les participants au Congrès en petits groupes afin de réfléchir à différents points concernant le projet missionnaire, avant une reprise en commun. Après une rapide mise en commun, Mgr Lagleize, a relevé l’importance de partage et de connaissance qui devrait être plus important pour chacun. Car il constate que déjà les partages d’expérience réclamés par les participants existent déjà… A chacun des chrétiens de s’approprier les outils qui existent (grâce à RCF Jerico Moselle, ou aux publications diocésaines). Il affirme aussi le caractère expérimental du projet, afin de promulguer un document final dans un an, après un autre congrès diocésain.