Conférence de carême sur Simone Weil

Dimanche 31 mars 2019, la troisième conférence de carême proposée à l’église Saint-Maximin dans un cycle autour des figures féminines, fut consacrée à la philosophe Simone Weil. C’est le professeur de philosophie messin, Martin Steffens, auteur de nombreux livres et spécialiste de Simone Weil qui a donné la conférence et répondu aux questions du public.

Le conférencier a choisi d’intituler sa conférence « Simone Weil, l’attente comme art d’aimer ». Il a d’abord présenté dans une première partie quelques éléments biographiques de Simone Weil, insistant sur son sens de l’autre, du plus souffrant. Elle explore combien la pesanteur de l’homme est prégnante, jusqu’au jour, lors d’un séjour à Solesmes, elle découvre grâce à la lecture d’un poème la figure de Jésus Christ et fait l’expérience de la grâce. A partir de ce moment-là, elle va relire sa vie avec cette nouvelle perspective. Même si elle se confie peu, ses cahiers sont d’une très grande richesse pour comprendre son cheminement et sa pensée.

Dans une seconde partie qui donne son titre à la conférence, Martin Steffens a voulu souligner combien l’expression de son désir est essentielle chez Simone Weil. « Il est d’abord une ouverture, mais qui risque de se transformer rapidement en fermeture si on est dans la satisfaction. Le désir ouvre vers plus que soi-même, vers une attente de quelque chose que je ne pourrais jamais réduire à moi-même ou à ma satisfaction ». Cette attente, tout comme la prière, font entrer dans le régime de l’exaucement, ce don qui nous vient d’un autre. Quand je reçois ce que désire de la main d’un autre, je suis exaucé. Il en est ainsi dans la quête spirituelle ou dans l’amour. Il faut consentir à laisser une place à l’autre pour qu’il existe. Il en est de même pour Dieu. Il y a dans la vie spirituelle une double attente : celle de l’homme, mais aussi celle de Dieu qui a besoin du désir de l’homme de recevoir ce que Dieu veut lui donner. Si Dieu est amour, il est don, et ce don ne peut exister que s’il répond à un désir de l’homme. Dieu se fait mendiant de notre attente, de notre désir.

En conclusion, le conférencier a donné deux pistes pour vivre le temps du carême : le combat spirituel n’est pas celui de l’âme contre le corps. Selon la pensée de Simone Weil, il y a l’âme charnelle et l’âme spirituelle. Il faut déployer ce que désire l’âme spirituelle est utilisant le corps comme un effet de levier. Le combat spirituel se fait avec le corps. Et citant une histoire extraite de conte pour enfants, il propose d’accrocher notre âme à ce qui nous élève vers le ciel et à ne pas nous fier à ce que nous pouvons faire de nos propres forces, car cela finit toujours par retomber à cause de l’apesanteur !