Mgr Lagleize : La foi n’est pas un danger pour la laïcité

Comme chaque année, le 15 août, l’évêque de Metz et le maire de la cité ont déposé des gerbes devant la colonne de la vierge Marie, place Saint Jacques, rappelant ainsi l’acte de bravoure des messins en 1940, alors que cette manifestation patriotique avait été interdite par l’occupant nazi. Lors de son discours, centré sur l’espérance, Mgr Jean-Christophe Lagleize a repris les mots du pape François pour souligner l’importance de la foi au service de la société.
« Le Pape François disait : La contribution du christianisme avec le continent n’est pas un danger pour la laïcité des Etats ni pour l’indépendance des institutions de l’Union, mais au contraire un enrichissement. Les idéaux qui l’ont formée dès l’origine » – et ici comment ne pas penser à Robert Schuman – « le montrent bien : la paix, la subsidiarité et la solidarité réciproque, un humanisme centré sur le respect de la dignité de la personne. »
La présence et la participation du maire de Metz sont régulièrement contestées lors de cette cérémonie du 15 août. Commentant cette situation, et l’élargissant à la question de l’engagement religieux des élus, l’évêque de Metz désigne un blocage qu’il invite dépasser.
« Il faut vraiment faire un grand travail dans notre pays, en France, parce que quand on fréquente les autres pays européens ou du monde, on a quand même des relations et une décontraction vis-à-vis de cette question, d’être citoyens et d’avoir la foi, même pour les élus. En France, il y a une crispation qui s’opère. Ce n’est pas avec des crispations et des préjugés ou des refus que l’on arrivera à faire une société paisible. Et je crois que quand on relit les fondements de la laïcité, c’est pour que chacun puisse vivre paisiblement et librement ses convictions. Mais je ne désespère pas ; je vois chez certains jeunes, de droite comme de gauche, un vrai désir de passer à autre chose, et de pouvoir vivre dans la totalité de sa personne, avec aussi ses convictions religieuses et philosophiques ».