Caroline Carré de Malberg (1829 -1891), fondatrice des Filles de Saint-François de Sales

La messine Caroline Carré de Malberg (1829 -1891) fut une mère de famille courageuse et fonda également les Filles de Saint-François de Sales.

Caroline Colchen est née à Metz le 11 avril 1829. Elle a grandit dans la spiritualité salésienne chère à sa maman. Elle a été sensibilisée à Dieu dès son enfance. Cette anecdote touchante du jour de sa première communion peut en témoigner :

« Alors qu’on lui proposait de venir jouer elle répondit :
– « N’approchez pas de moi aujourd’hui, je dois être toute à Dieu. » ».

Elle est instruite par les sœurs du couvent de la Visitation. Elle y contractera la typhoïde qui la laissera d’une constitution fragile pour le reste de sa vie.
La bienveillance des sœurs lui fait découvrir le chemin de sainteté qui se dessine dans l’effort, la charité et un regard juste sur soi-même, dans les qualités comme dans les défauts. Grâce à l’Abbé Jégou, son premier conseiller spirituel, elle commence un profond travail sur son âme pour se rapprocher de Dieu dans une soif permanente de transparence à Dieu. Elle entendit un jour : «  Depuis 40 ans je suis assis sur la margelle de ton coeur, ne pouvant y entrer, puisque la porte ne s’ouvrait que pour se refermer encore ; mais maintenant j’y suis et je l’habite en roi ». Elle ne cessera jamais de se remettre en question et de se méfier des tentations qui éloignent de Dieu. Consciente de ses imperfections elle sera une merveilleuse mère pour ses enfants et ses Filles de Saint François de Sales.

Caroline est une épouse. Epouse d’un homme, Paul, mais aussi et surtout épouse d’une âme pour laquelle elle ne cessera de prier pour la gagner à Dieu. D’un tempérament complexe et colérique, Paul connaitra la miséricorde et l’amour inconditionnel de Dieu par l’exemple de sa femme.
La patience et l’amour étaient les meilleures armes pour que leurs âmes se rencontrent. ils y parviendront au terme d’une vie jalonnée d’épreuves mais habitée par Dieu.

Caroline est une mère. Elle et Paul auront 4 enfants. Tous, ils les accompagnèrent jusqu’à la porte qui conduit à Dieu, jusqu’à la mort. Elle les élèvera avec le souci constant de les mener à la sainteté. Le Seigneur avait la première place dans l’éducation qu’elle leur donnait. Elle connut tous les soucis que peuvent rencontrer des parents ; le chagrin, la révolte, l’opposition. Mais aussi le grand bonheur d’avoir eu la confiance du seigneur pour guider « ses anges du ciel ».

La mère terrestre fut également mère spirituelle. Elle fonda avec son ami et conseiller spirituel, l’Abbé Chaumont, « l’oeuvre du coeur de Jésus », les Filles de Saint-François de Sales. Un grand nombre de lettres témoignent de la grande tendresse qu’elle portait à ses filles. S’en suivirent les Prêtres et les Fils de Saint-François de sales qui découlèrent de ce désir de Dieu ; former des âmes pour qu’elles rayonnent de sa miséricorde.

Un abandon et une confiance sans concession à la miséricorde et à l’amour de Dieu. « Vive Jésus à tous nos dépens ! » disait-elle souvent.
Les souffrances du coeur et de l’âme étaient bien réelles, mais « grâce à Dieu mon âme tient debout » écrit Caroline.
Et dans sa grande crainte de ne plus rayonner de la joie intérieure auprès des âmes lors de grandes peines, l’Abbé Chaumont lui dira :
– « Je ne vous commande pas toujours l’hilarité extérieure quand elle n’est pas possible à la nature ; mais avec la grâce de Dieu, ne serait-il pas possible au moins que les rayons du soleil se fissent jour au milieu de ce déluge de larmes ? Les âmes affligées (…) ne pourraient-elles au moins trouver dans ces larmes mêmes, l’arc-en-ciel qui réjouit et rassure ? (…) Humainement c’est impossible ; Dieu aidant, on peut y arriver (…) C’est le sourire de Jésus qui se traduit sur nos lèvres. » Voici la voie que choisit Caroline.

Caroline la femme, celle qui choisit de répondre à l’amour de Dieu, de répondre à la mission qui lui est confiée. Dans notre liberté d’hommes et de femmes chrétiens nous avons à chercher et à répondre à cet appel, en laissant nos coeurs ouverts et confiants devant l’amour de notre Seigneur, quel que soit notre chemin de vie.

Caroline l’épouse, celle qui vécut son mariage comme une véritable vocation, au delà du bonheur qu’elle ne connaitra que très peu en couple. Elle nous rappelle le chemin de sanctification que nous avons à vivre avec notre conjoint. Nous sommes responsables de l’autre dans son chemin vers Dieu « dans la joie comme dans les épreuves ».

Caroline la mère, celle qui avait à coeur de faire grandir l’âme de ses enfants dans l’amour de Dieu. Elle nous fait prendre conscience de la grande responsabilité d’âme que nous avons vis-à-vis de nos enfants que Dieu nous a confiés. Nous pouvons prier comme elle :

Seigneur, vous qui les aimez plus que je ne puis moi-même les aimer, mieux que moi vous savez ce qui peut tourner davantage à leur bien.
Accomplissez en eux, ô mon Dieu, les desseins de votre providence Divine.
Sauvez l’âme de mes enfants de tout péril et soyez béni de tout  ce qui adviendra.
Amen.

Caroline la mère spirituelle, celle qui a répondu à sa vocation de laïque pour faire rayonner l’Evangile autour d’elle, puis dans le monde. Sa mission d’apôtre est celle à laquelle nous sommes tous appelés en tant que laïques afin d’être les témoins de l’amour de Dieu pour le monde. A chacun de demander et de répondre aux appels du Seigneur.

Seigneur, tu as mis au cœur de Caroline Colchen le désir de t’aimer sans rien te refuser.
A son exemple, fais moi vivre de l’Esprit de Jésus en accueillant le quotidien selon le dessein de Dieu.
Daigne manifester sa sainteté en m’accordant par son intercession les grâces qui me sont nécessaires.
Par Jésus Christ, Notre Seigneur.

Amen