La cathédrale

La cathédrale, Olivier Larizza, Paris, éditions Orizons, mars 2010, 202 pages, 17 €.

A l'origine, un fait authentique : un espagnol, Justo Gallego, érige une cathédrale en pleine banlieue madrilène.

De ce Justo, naît Fernando, le héros du roman, espèce de vieux fou, « bouffon de Dieu », rustre loqueteux, au sujet duquel une multitude de rumeurs circule. Il construit sa cathédrale à mains nues en hommage à sa maman décédée.

Le second héros est un jeune trentenaire, Lorrain vivant à Paris. Il a perdu sa maman à la suite d'une  maladie cruelle et scandaleuse aux yeux d'un fils. Sa vie est celle du jeune d'aujourd'hui, symptomatique de la perte de repères : cadre insatisfait (il a pour rêve de devenir écrivain), sans stabilité affective, à la recherche d'un appui spirituel,... et auteur-acteur de l'euthanasie de sa maman. Il recherche une proximité avec son papa, ayant du mal à entrer simplement en relation avec lui. Il a surtout en lui ce terrible secret qu'il lui faut partager, avouer.

La rencontre de ces deux personnages est une collision de deux vies : la vie qui donne les moyens aux  rêves de se réaliser, avec l'appui de la foi, et celle en quête de sens, refoulant le rêve, celui de l'appel à l'écriture.

Olivier Larizza nous enchante par son écriture poétique et fluide. Seul reproche, la désolation du jeune homme devant l'illégalité de l'euthanasie : « Pourquoi ce qui est admis au début de la vie ne le serait-il plus à la fin ? », ou encore : « Ce n'est pas la question de la morale qu'il faut se poser dans un pareil cas, mais celle du Bien ». Message de l'auteur ou du héros en recherche ? On ne peut évidemment cautionner ce message !

 
 Cédric Chanot