Retour sur la célébration d'action de grâces pour l'élection du pape François

Le 18 mars 2013, Monseigneur Raffin a présidé à 18h en la cathédrale de Metz une célébration d'action de grâces pour l'élection du pape François. Retour sur ce moment, qui a aussi été l'occasion de méditer sur le ministère de Pierre, la charge d'évêque de Rome et de pape.

 

 

Un temps d’action de grâces

« Tu es Pierre et sur cette pierre, je bâtirai mon Eglise, nous rendons grâce à Dieu ».
Ce refrain du chant d’entrée de cette célébration liturgique indique toute la ligne de ce temps de prière centré sur le passage de l’évangile de Matthieu (chapitre 16, versets 13 à 19) où Jésus définit la charge de l’apôtre Pierre. Ce retour à la source du ministère de l’apôtre Pierre – et avec lui de tous les évêques de Rome et des papes – est aussi occasion de rendre grâce pour ce qu’est l’Eglise et pour l’élection du pape François.

Place et grâce particulière de l’apôtre Pierre

Dans son homélie, Monseigneur Raffin a souligné la place et grâce particulière de l’apôtre Pierre : « La vraie connaissance de Jésus ne le définit pas par rapport « à ce que disent les hommes », mais par référence à Dieu. C’est le sens de la réponse de Pierre : « Tu es le Messie, le Fils du Dieu vivant ! ». La véritable identité de Jésus en effet est établie par sa relation de Fils au Père. Aussi la profession de foi par laquelle Pierre répond, ne peut provenir de sa seule capacité. Il y a bien une connaissance humaine de Jésus aux réponses multiples, elle n’est ni insignifiante, ni méprisable, mais ce que Jésus attend de Pierre, comme de la part de chaque croyant, c’est celle que donne Dieu par la foi : « Nul ne connaît le Fils si ce n’est le Père », déclare Jésus (Matthieu 11,27) ; aussi invite-t-il Simon Pierre à reconnaître d’où vient la réponse de la vraie foi : « Heureux es-tu, Simon, fils de Yonas : ce n’est pas la chair et le sang qui t’ont révélé cela, mais mon Père qui est aux cieux ». Pierre, un homme tout simple, reçoit de Dieu lui-même le pouvoir de nommer Jésus en vérité ! C’est cette profession de foi qui va devenir un point de repère pour les disciples de tous les temps. Elle n’empêchera pas Pierre de renier Jésus. Pierre reste pleinement humain, avec ses qualités et ses défauts, mais il lui est donné de recevoir la révélation du Père et de confesser la vraie foi ».

L’apôtre Pierre, principe d’unité et de cohésion sur lequel peut s’appuyer la communauté des croyants de tous les temps

Monseigneur Raffin précise : « Aussi Jésus présente-t-il aussitôt Simon, fils de Yonas, comme un roc, une pierre sur laquelle va pouvoir s’appuyer la communauté des croyants : « Et moi, je te le déclare : Tu es Pierre, et, sur cette pierre, je bâtirai mon Eglise ». La communauté des croyants trouve en Pierre un principe d’unité et de cohésion dont le point focal est sa profession de foi. Sans lui la connaissance de Jésus risquerait d’être seulement humaine, trop humaine, nous en resterions à nos conceptions et à nos préférences personnelles. Bien entendu, il ne suffit pas de répéter matériellement la profession de foi de Pierre ! La foi implique une relation personnelle avec Jésus qui irrigue toute notre vie, toutes nos idées et tous nos actes. La foi est imprégnée de tout ce que nous sommes, de notre histoire. Mais, en même temps, notre foi personnelle a besoin d’être confrontée, rectifiée, corrigée et complétée par la profession de foi de Pierre, de l’Eglise bâtie par Jésus sur cette pierre unique. Pierre a été donné comme fondement à la communauté des disciples, pas seulement pour le temps des origines, mais pour tous les temps. Le pape et les évêques unis à lui, compte tenu des diversités de situations et des évolutions historiques, sont le signe permanent de Pierre et des Douze au cours des siècles de l’Eglise. Ils ne délimitent pas toutes les richesses de la connaissance de Jésus dans la vie des croyants, mais ils en garantissent la rectitude ».

Une Eglise construite sur cette pierre, avec la grâce du Dieu

Monseigneur Raffin poursuit son enseignement : « L’Eglise est donc assurée sur ses bases et, malgré les assauts de la « puissance de la Mort » autour d’elle et en elle, elle ne sera pas vaincue. […] Certes, en tant que société humaine, l’Eglise est imparfaite, puisqu’elle est composée de pécheurs, et, en tant que société humaine, elle doit constamment se réformer. En tous ses membres, pasteurs et fidèles, l’ivraie du péché se trouve encore mêlée au bon grain de l’Evangile jusqu’à la fin des temps, mais cela n’empêche pas l’Eglise d’être forte de la force que le Seigneur lui-même lui a donnée ».

Une Eglise où s’interpénètre dès les origines et maintenant encore le ciel et la terre

« Pierre et les apôtres, fait encore remarquer l’évêque de Metz, sont les signes de l’interpénétration du ciel et de la terre, de l’action de Dieu dans le monde, des signes et des moyens, des « sacrements ». Quelle responsabilité redoutable portent-ils d’être ainsi traits d’union entre ciel et terre, une transparence des réalités célestes, du Père des cieux, du Dieu vivant ! Prions pour que notre nouveau pape,  uni à ses frères évêques dans le ministère de caractère collégial que préconise le deuxième Concile du Vatican, s’en acquitte avec fidélité pour le plus grand bien de l’Eglise et de sa mission essentiellement évangélisatrice ».

> Lire et télécharger l’homélie dans son intégralité
> Lire et télécharger le communiqué de Monseigneur Raffin pour l’élection du pape François