Hervé Rollin, futur prêtre : « vivre ce ministère dans la simplicité, la rencontre et la prière »

herve-rollinHervé Rollin sera un des deux séminaristes à être ordonné prêtre pour le diocèse de Metz par Monseigneur Lagleize le 26 juin 2016, à 15 heures, en la cathédrale de Metz. Interview-témoignage, où il nous partage son cheminement.

Comment est née votre vocation ?

Elle est née il y a bien longtemps, bien avant l’an 2000. Dieu m’a parlé au fond de mon cœur par deux fois, la première fois lors de la messe de la Cène à l’église de l’Immaculée Conception de Metz-Queuleu et la deuxième fois un dimanche après Pâques. Interpellé, j’ai alors rejoins le Service Diocésain des Vocations pour commencer le discernement pour savoir si j’étais appelé à devenir prêtre.

Comme j’ai un problème de vue, j’ai d’abord été ordonné diacre permanent le 25 juin 2000. J’ai reçu la mission de visiter les personnes malades, âgées ou présentant un handicap à l’Hôpital Bon-Secours de Metz, à la maison de retraite Saint-Jean et de m’occuper de l’association La croisade des aveugles, devenue maintenant Voir ensemble.

Vous avez été diacre permanent pendant 15 ans. Qu’est-ce qui a motivé ensuite votre entrée au séminaire ?

Alors que l’Hôpital Bon-Secours déménageait, mais sans moi, en accord avec Monseigneur Raffin, je suis rentré au séminaire en septembre 2012. J’y suis donc revenu pour quatre ans, pour finir la formation commencée. J’avais fait la philosophie et la théologie. Il restait la formation humaine, spirituelle, relationnelle et pastorale.

Que retenez-vous de vos années de diaconat ?

J’ai eu la chance de vivre une grande expérience avec les personnes malades, mourantes ou encore hospitalisées. Avec l’aumônerie, il y avait beaucoup de souffrance et de tristesse, mais aussi de la joie. J’ai beaucoup appris auprès de toutes ces personnes, aussi bien humainement que spirituellement. J’ai été fortifié dans ma foi et je me suis ouvert au monde. J’ai une belle richesse d’expérience car j’ai rencontré beaucoup de personnes et j’ai touché des réalités profondes. Cela a demandé d’ouvrir des portes pour rejoindre tous les enfants de Dieu.

Que représente pour vous l’ordination presbytérale ?

C’est la fin de quatre années de séminaire, qui n’ont pas toujours été faciles à cause de mes problèmes de vue. Cela m’a demandé beaucoup de travail personnel en plus. Heureusement, on m’a aussi beaucoup aidé durant ces années qui ont été un temps de formation, de discernement et de maturation.

Je suis très heureux d’être ordonné prêtre. J’ai vraiment envie de vivre ce ministère dans la simplicité, la rencontre et la prière. L’ordination, c’est le temps de la grâce, un temps particulier avec Dieu. La grâce opère à travers l’évêque et les confrères.

J’ai envie d’être authentique, de m’offrir tel que je suis, dans l’humilité. Le pasteur n’est pas au-dessus des autres. Il lui est confié un ministère où il est en lien avec les diacres et les laïcs. Il est au contact des richesses et des détresses des gens. Il doit trouver sa place au sein de cette réalité et créer des liens mutuels.

Prêtre et malvoyant, est-ce compatible ?

Du fait que je suis malvoyant, j’ai tout de suite été sensible à la détresse des personnes en situation de handicap ou de fragilité. Le handicap modifie le quotidien et demande d’être plus attentif. Etre prêtre malgré un handicap, c’est possible. Je peux m’identifier au presbyterium, même si mes réalités quotidiennes ne seront pas exactement les mêmes et même si mon ministère sera aménagé en fonction de mes possibilités. Une complémentarité pourra toujours se vivre avec les confrères.

Quel est votre verset biblique préféré ?

« Je suis le chemin, la vérité et la vie » dit Jésus. Ce verset m’aide à progresser dans mon ministère, à me rendre disponible pour rencontrer les gens, dans une disposition qui tend à être miséricordieuse, comme celle qui émane de l’image du Bon Pasteur, à laquelle je suis extrêmement sensible.

Avez-vous un souhait particulier pour votre ministère de prêtre ?

Je souhaite faire très attention à ne pas froisser, heurter ou décevoir. J’envisage de travailler dans le dialogue et la concertation. J’aime beaucoup l’Eglise et je vis de très belles choses en elle, même si tout n’est pas parfait. Prêtre, c’est un beau ministère s’il est vécu avec d’autres, humblement, au sein du diocèse de Metz.

 

Pour aller plus loin….
> Lire le témoignage de Noël Bado, qui sera également ordonné prêtre le 26 juin 2016.