Rameaux : Jésus figure d’une humanité à construire

En ce dimanche 25 mars, où l’Eglise célèbre la fête des Rameaux et de la Passion, Mgr Jean-Christophe Lagleize a présidé la messe à la cathédrale Saint-Etienne de Metz. Il a notamment souligné dans l’homélie le lien entre la passion de Jésus et le type de société que nous désirons construire.

Comme chaque année, la foule est nombreuse à venir faire bénir ses rameaux lors de la première partie de la liturgie, qui se tient à la chapelle de Notre-Dame la Ronde, au fond de la cathédrale. On y entend le récit évangélique de l’entrée de Jésus à Jérusalem, sous les acclamations de la foule « Hosanna, béni soit celui qui vient, O fils de David ! ».

Puis une seconde liturgie commence avec le récit de la passion, lu cette année dans l’évangile selon saint Marc. Après la lecture de l’évangile, Mgr Jean-Christophe Lagleize a proposé une brève homélie, s’appuyant sur un extrait du discours d’ouverture de la récente assemblée des évêques de France à Lourdes.

 » Frères et sœurs,

Durant cette semaine sainte qui commence aujourd’hui, nous allons contempler différents visages du Christ, différents visages de l’humanité. A travers la lecture du Serviteur souffrant d’Isaïe, nous voyons cet envoyé de Dieu bafoué, maltraité. Nous venons d’entendre la Passion selon saint Marc, où là encore, Jésus est frappé, insulté. On lui crache dessus. Nous découvrons aussi une foule versatile, dont  certains aujourd’hui l’acclament et diront vendredi « crucifie-le ».  La semaine sainte, la passion, la résurrection nous disent quelque chose de notre humanité, nous dit quelque chose de la société que nous désirons construire, et dans laquelle nous désirons vivre.

Je voudrais vous lire un extrait du discours d’ouverture de l’assemblée des évêques, que Mgr Pontier, archevêque de Marseille et président de la Conférence des évêques a prononcé, en lien avec le débat dans notre pays sur la révision des lois de bioéthique : « On ne peut pas toucher à l’être humain, à sa conception, à sa filiation, à sa fin de vie sans se demander quel monde nous sommes en train de construire. Ce ne serait plus un monde humain et fraternel, mais un monde où le « chacun pour soi » se construirait sur le destin des autres. On ne peut accepter que tout progrès technique doive nécessairement déboucher sur une mise en œuvre concrète au risque de porter atteinte à la dignité incomparable de l’être humain et aux fondements même de la vie sociale. Durant ces jours, nous prendrons le temps de partager sur la manière dont nous sommes engagés dans ces débats de société avec le désir de faire reconnaître avec d’autres les chemins porteurs de vie et d’espérance, les décisions qui rappellent qu’on ne peut avancer sur un chemin tant qu’on n’a pas pu vérifier tous les risques qu’il comporte pour l’avenir des générations futures. C’est ce qu’on pratique dans d’autres domaines et qu’on appelle : le principe de précaution. »

Frères et sœurs, en nous rassemblant dans les célébrations, en priant personnellement, en accompagnant Jésus dans son chemin de la passion et de la résurrection, nous pouvons demander cette grâce du respect de la dignité de chaque personne. Puissions-nous demander la grâce que se bâtisse une société juste et humaine. Amen. »

Rendez-vous est pris pour la suite de la Semaine sainte, avec notamment la messe chrismale réunissant tout le presbyterium mercredi 28 mars à 10h à la cathédrale. Elle sera retransmise sur les ondes de RCF Jerico Moselle.