Messe d’action de grâce pour les 30 années d’épiscopat de Mgr Pierre Raffin

A l’occasion de la solennité de l’Immaculée-Conception, la messe à la cathédrale Saint-Etienne a permis de fêter les trente années d’épiscopat de Mgr Pierre Raffin, évêque émérite de Metz, et de rendre grâce pour son ministère durant 27 années en Moselle.

Malgré la fraîcheur de la saison, bon nombre de prêtres, de fidèles laïcs et d’amis ont souhaité entourer Mgr Pierre Raffin à l’occasion de cette messe de l’Immaculée-Conception qu’il est venu présider, à l’invitation de son successeur, Mgr Jean-Christophe Lagleize, à la cathédrale Saint-Etienne de Metz. Cet anniversaire des 30 ans d’épiscopat coïncide avec les 60 ans de profession religieuse dans l’ordre des dominicains. Mgr Marc Stenger, évêque de Troyes était aussi présent pour participer à cette messe festive.

Après la salutation liturgique, Mgr Lagleize a introduit la célébration et remercié Mgr Raffin de sa présence. L’abbé Stéphane Kamm, vice-président du Conseil presbytéral a tenu a exprimer la reconnaissance du presbyterium en adressant le mot suivant :  » Père, il y a quatre ans, vous quittiez le diocèse sur la pointe des pieds, vous effaçant pour qu’un autre grandisse (…) Ce matin, nous ne laissons pas échapper le moment et nous sommes venus pour vous dire « merci ». Au fil des années, nous avons mesuré votre réserve naturelle qui parfois, ici ou là, à passer pour de la distance. Mais vos déclarations ont toujours été habitées d’une grande dose de courage et d’une fidélité à l’Église à toutes épreuves. Père, nous vous remercions d’avoir accepté l’invitation de notre évêque pour fêter vos 30 ans d’ordination épiscopale. Je sais que vous n’avez pas quitté le diocèse et que vous lui garder une place active dans votre prière quotidienne. Au moment, qui sont les nôtres, soyez remercié pour votre soutien, votre bienveillance et au final pour votre amour de notre diocèse. Père, bon jubilé, et que Dieu vous garde dans l’espérance de sa Gloire« .

Mgr Pierre Raffin a donné l’homélie, resituant sa célébration d’ordination épiscopale dans l’élan du second concile du Vatican :  » Le Concile a marqué ma vie d’étudiant en théologie, de prêtre et d’évêque (…) L’ecclésiologie promue par Vatican II appelait de nombreuses transformations. Ces aménagements, j’en ai été le témoin privilégié, nous les avons faits loyalement, comme tous les autres diocèses de France. Et cela se poursuit aujourd’hui, car la réforme de l’Église et surtout des personnes est permanente. Dans tous ces efforts, peut-être avons-nous parfois oublié l’essentiel, à savoir l’intuition fondatrice du Concile Vatican II : mettre partout le Christ en avant, présenter aux hommes de notre temps son vrai visage et les conduire au Christ. (…)

Depuis que je suis à la retraite, je m’interroge fréquemment sur les raisons de la déchristianisation galopante dont je suis le témoin. Comment se fait-il que nos contemporains soient devenus indifférents au message de salut qu’apporte la foi chrétienne ? (…)

L’espérance chrétienne que nous devrions annoncer et qu’a fortement mise en valeur la belle encyclique du pape Benoit XVI, Spe Salvi, interprète autrement l’histoire humaine, en la soumettant à la lumière d’une réalité qui dépasse notre propre expérience, la réalité de Dieu. Peut-il y avoir une véritable intelligence de l’histoire sans se référer à une transcendance qui est le fondement et le but de notre liberté (Spe Salvi, N°23) ? Cette référence, c’est l’absolu de l’amour qui nous est manifesté dans le don total que Jésus fait de sa vie. Avec lui, c’est la transcendance absolue qui devient une réalité immanente à notre monde. Croire en lui, ce n’est pas fuir les contraintes de l’histoire humaine, mais s’y immerger totalement dans le don de soi-même« .

A la fin de la célébration, après la bénédiction solennelle, Mgr Lagleize a offert un petit cadeau au nom du diocèse à Mgr Raffin, une chasuble toute juste arrivée de Rome la veille. C’est dans la joie et la reconnaissance que chacun a pu saluer Mgr Raffin, avant qu’un repas amical ne soit organisé à la Maison diocésaine.