La DCC ouvre son jubilé à Rome

papedccLa Délégation catholique à la coopération (DCC), organisme d’envoi des volontaires de solidarité internationale de l’Église de France, fête cette année ses 50 bougies. Pour ouvrir son jubilé, la DCC a effectué un pèlerinage à Rome et a été reçu samedi 25 février par le pape François.

Depuis sa fondation en 1967, quelques temps après la parution de l’encyclique « Populorum progressio » par Paul VI, la DCC a envoyé plus de 20 000 volontaires dans 50 pays du monde et, avec un quart des VSI français à travers le monde, représente le principal organisme français de volontariat international, travaillant en étroite coopération avec le Quai d’Orsay. « Notre fondation est intimement liée à ce texte. Il fait en quelque sorte partie de notre ADN », explique François Fayol, président de la DCC, qui conduisait la délégation venue à la rencontre du pape.

Lors de cette audience, recevant une délégation d’une trentaine de membres de la DCC conduite par François Fayol et Mgr Jean-Louis Papin, le pape François a encouragés les membres de la DCC à « faire grandir une culture de la miséricorde, (…) dans laquelle personne ne regarde l’autre avec indifférence ni ne détourne le regard quand il voit la souffrance des frères ».

« N’ayez pas peur de parcourir les routes de la fraternité et de construire des ponts entre les hommes et entre les peuples, dans un monde où s’élèvent encore tant de murs par peur des autres », a-t-il exhorté : « Soyez les serviteurs d’une Eglise qui permet à chacun de reconnaître l’étonnante proximité de Dieu, sa tendresse et son amour ».

Le pape François a aussi invité à agir pour « la sauvegarde de notre maison commune », en promouvant une « conversion écologique qui reconnaît l’éminente dignité de chaque personne, sa valeur propre, sa créativité et sa capacité à rechercher et à promouvoir le bien commun ».

Texte intégral du discours du pape François à la DCC

Chers amis,

c’est avec joie que je vous accueille dans le cadre du pèlerinage que vous accomplissez à Rome pour le cinquantième anniversaire de la Délégation Catholique pour la Coopération. A travers vous, j’adresse mon cordial salut à tous les volontaires envoyés dans plus de cinquante pays, ainsi qu’à toutes les personnes qui, aujourd’hui comme hier, bénéficient de leur présence et de leurs compétences.

Comme l’a écrit le Bienheureux Paul VI dans l’Encyclique Populorum progressio, « le développement ne se réduit pas à la simple croissance économique. Pour être authentique, il doit être intégral, c’est-à-dire promouvoir tout homme et tout l’homme […] La solidarité mondiale, toujours plus efficiente, doit permettre à tous les peuples de devenir eux-mêmes les artisans de leur destin » (nn.14 et 65). Ces convictions ont conduit l’Eglise en France à créer, il y a cinquante ans, la Délégation Catholique pour la Coopération, en fidélité au grand élan missionnaire auquel elle a su apporter sa généreuse contribution au cours des siècles. Avec vous, je rends grâce au Seigneur pour l’œuvre de son Esprit manifestée dans le cheminement humain et spirituel des volontaires et dans le travail d’accompagnement des projets de développement que votre Organisation a permis. Ainsi vous servez une véritable coopération entre les Églises locales et entre les peuples, refusant la misère et agissant pour un monde plus juste et plus fraternel.

« Le mot ‘solidarité’ est un peu usé et, parfois, on l’interprète mal, mais il désigne beaucoup plus que quelques actes sporadiques de générosité. Il demande de créer une nouvelle mentalité qui pense en termes de communauté, de priorité de la vie de tous sur l’appropriation des biens par quelques-uns » (Exhort. ap. Evangelii gaudium, n. 188). C’est bien dans cette dynamique que la Délégation Catholique pour la Coopération a voulu inscrire son action, en mettant en place un véritable partenariat avec les Églises et les acteurs locaux des pays où les volontaires sont envoyés, et en travaillant de concert avec les autorités civiles et toutes les bonnes volontés. Elle contribue ainsi à une authentique conversion écologique qui reconnait l’éminente dignité de chaque personne, sa valeur propre, sa créativité et sa capacité à rechercher et à promouvoir le bien commun (cf. Enc. Laudato si’, nn. 216-221).

J’encourage donc tous les membres de la Délégation Catholique pour la Coopération à « faire grandir une culture de la miséricorde, fondée sur la redécouverte de la rencontre des autres: une culture dans laquelle personne ne regarde l’autre avec indifférence ni ne détourne le regard quand il voit la souffrance des frères » (Lett. ap. Misericordia et misera, n. 20). N’ayez pas peur de parcourir les routes de la fraternité et de construire des ponts entre les hommes et entre les peuples, dans un monde où s’élèvent encore tant de murs par peur des autres. A travers vos initiatives, vos projets et vos actions, vous rendez visible une Eglise pauvre avec et pour les pauvres, une Eglise en sortie qui se fait proche des personnes en situation de souffrance, de précarité, de marginalisation, d’exclusion. Soyez les serviteurs d’une Eglise qui permet à chacun de reconnaître l’étonnante proximité de Dieu, sa tendresse et son amour et d’accueillir la force qu’il nous donne en Jésus-Christ, sa Parole vivante, pour déployer nos talents en vue du bien de tous et de la sauvegarde de notre maison commune.

En demandant au Seigneur de vous aider à servir la culture de la rencontre au sein de l’unique famille humaine, je vous donne la Bénédiction apostolique, ainsi qu’à tous les membres de la Délégation Catholique pour la Coopération. Merci.

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