Semaines sociales : le numérique révolutionne l’éducation

ssf16bLa 91e session des Semaines sociales de France (SSF) s’est déroulée les 19 et 20 novembre à Paris. Le thème 2017 « Ensemble, l’éducation » a occupé un millier de personnes, dont quelques Mosellans. Avec eux, Damien Bessot, séminariste pour le diocèse de Saint-Dié nous donne un écho de la session.

Les participants disposent maintenant de plusieurs semaines pour faire remonter leurs propositions et ainsi compléter le livre ouvert pour l’éducation que les SSF entendent diffuser aux parlementaires, élus territoriaux et partis politiques. L’un des objectifs est d’en inscrire certaines dans les programmes des candidats à l’élection présidentielle de 2017.

L’éducation est ici à comprendre au sens large, au-delà de la seule Education nationale. Cette œuvre est l’affaire de tous. « Nous sommes tous éducateurs et à éduquer », a souligné un intervenant. Une éducation « dans la coopération », non dans la compétition. La France, en la matière, est un mauvais élève. Le système français est le moins équitable des pays considérés. Il est celui qui corrige le moins les déterminismes sociaux. Dans ce « pacte éducatif », les organes d’information ont été pointés du doigt. Les médias valorisent « le centrage sur soi et les plaisirs, modèle de la structure perverse », selon une psychanalyste. De plus, ils instillent chez les jeunes « des représentations sociales éloignées de la vie ». La révolution numérique a été qualifiée de « tsunami », qui touche aux fondamentaux de l’anthropologie. A titre indicatif, un enfant de 12 ans peut avoir déjà vu 14.000 actes de violence, qui ont à haute dose ont un effet désinhibiteur.

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Plutôt que de se mettre la tête dans le sable, les SSF invitent les enseignants à ne pas se crisper sur l’ancien, à comprendre la situation pour accompagner des ados qui ont besoin de figures adultes « ni béton ni guimauve ». Aussi les Semaines sociales proposent-elles aux pouvoirs publics d’accentuer la formation permanente des enseignants (la connaissance de l’entreprise, notamment), la création d’une année de césure post-bac, de généraliser le tutorat, la création d’un compte personnel d’éducation « pour intégrer toutes les réussites », dont les réussites extra-scolaires, tandis qu’elles demandent à l’Enseignement catholique davantage de mixité pour jouer à plein le « rôle
d’entraînement » qui est le sien.

Parmi les formations politiques en débat, toutes ont accueilli avec circonspection la proposition visant à accorder davantage d’autonomie aux établissements. Philippe Meirieu, spécialiste de l’éducation et représentant d’Europe Ecologie-Les Verts, appelle de ses vœux un retour du rapport aux choses, remettant Internet à sa juste place : « C’est une illusion, a-t-il dit, que d’espérer gagner beaucoup d’argent dans un open-space », rappelant « la joie » qu’il y a à exercer le métier d’ébéniste dans un village de province.

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Damien Bessot